Jean-Vincent Placé : "Oui, j'envisage d'être candidat au 'plateau'"

Le nouveau sénateur Europe Ecologie-Les Verts de l'Essonne répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie vendredi matin. Jean-Vincent Placé a indiqué qu'il envisageait d'être candidat à la présidence du Sénat. "Assez naturellement, il est logique que nous votions pour Jean-Pierre Bel, le candidat du parti socialiste", avait-il observé auparavant, tout en s'étonnant qu'il n'y ait pas de déclaration avant candidature, mais seulement un discours à la fin. "On ne cherche pas de garanties, mais je souhaite qu'il y ait de l'écologie au Sénat, que ce ne soit pas que de l'opposition à Nicolas Sarkozy", a dit l'élu francilien.

Jean-Vincent Placé sur RTL le 30 septembre 2011
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Jean-Vincent Placé sur RTL le 30 septembre 2011
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Jean-Vincent Placé, nouveau sénateur Europe Ecologie-Les Verts de l'Essonne : "Oui, j'envisage d'être candidat au 'plateau'" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Vincent Placé.

Jean-Vincent Placé : Bonjour.

Il y a peu, écrivait le journal "Le Monde", mardi dernier, le Sénat était l'objet de tous les quolibets chez les écologistes. Vous êtes écologiste, et vous avez été élu, dimanche, sénateur de l'Essonne.

Pas vraiment, pas vraiment ! On était opposés au fait que le Sénat ne change jamais de bord, si j'ose dire, et que le mode de scrutin était totalement...

... Vous ne vous êtes jamais moqué des sénateurs ?
 
Non, mais... Les sénateurs, peut-être ; mais pas le Sénat. Parce que nous, par exemple, sans faire trop compliqué le matin, nous sommes attachés au bicamérisme, le fait qu'il y ait deux chambres : une Assemblée nationale et le Sénat.

Mais évidemment, ce Sénat doit être le plus représentatif possible de la société française, extrêmement ouvert à la démocratie sociale, environnementale, attachée au dialogue avec les grandes associations. Evidemment, le Sénat précédent était immuablement de droite grâce au mode de scrutin qui favorise notamment les petites communes rurales ; et puis les conservatismes de tous genres.

Ce qui ne veut pas dire que les petites communes rurales sont conservatrices. Eh bien, là aujourd'hui, il y a eu de telles poussées; ça fait longtemps que le sénat aurait dû basculer, tellement au niveau des collectivités locales, l'Opposition était de plus en plus forte.

Donc, vive le Sénat !

Non, je ne dis pas : "Vive le Sénat !" Je dis que le Sénat, ça peut être un outil extrêmement intéressant ; et nous, les écologistes, nous avons l'intention d'essayer d'y contribuer.

Dix Ecologistes dont vous ont été élus dimanche dernier. Demain, réunion de tous les sénateurs pour élire le président du Sénat.Pour qui allez-vous voter, Jean-Vincent Placé ?

Ecoutez, assez naturellement il est logique que nous votions pour Jean-Pierre Bel, le candidat du Parti socialiste. Après, le Sénat c'est assez particulier, d'ailleurs. Moi je découvre par définition. Et il n'y a pas de déclaration de candidature.

Pas de discours programme.

Oui. On n'a qu'un discours qui est à la fin. Donc voilà.

Une fois élu.

Nous, nous souhaitons discuter d'écologie, bien sûr, avec Jean-Pierre Bel. Moi déjà depuis quelques jours j'ai discuté avec lui du nucléaire, de la conversion écologique de l'économie, des questions de la science, du productivisme. Voilà. Donc, c'est assez naturel, on ne cherche pas des garanties, je souhaite moi qu'il y ait de l'écologie au Sénat, qu'on parle de politique et que ça ne soit pas que de l'opposition à Nicolas Sarkozy. Je souhaite qu'il y ait de l'opposition à Nicolas Sarkozy, bien sûr ; mais je souhaite que ça soit également des propositions socialistes et écologistes.

Vous pourriez être candidat au premier tour pour compter vos voix Jean-Vincent Placé ?

Ce n'est pas pour compter nos voix ; mais à l'heure à laquelle je parle, oui c'est une éventualité que je sois candidat demain pour "le plateau"...

... A la présidence du Sénat.

... Parce qu'on ne dit pas le "perchoir". Moi j'apprends au fur et à mesure. C'est le plateau.

Donc, il y aura peut-être plus de candidats qu'on ne l'imaginait pour la présidence du Sénat au premier tour ?L'élection présidentielle aura lieu dans sept mois. Evidemment, tout le monde l'a dans la tête. Vous aussi j'imagine, Jean-Vincent Placé. Savez-vous où est passée Eva Joly qui est la candidate d'Europe Ecologie - Les Verts à l'élection présidentielle ?

A l'heure à laquelle je parle, je ne sais pas. Mais je serai avec elle, lundi matin, comme tous les lundis matins à son conseil politique.

Elle fait campagne ?

Oui. Elle fait campagne.

On ne l'entend pas !

Moi je l'entends.

Ah oui !

Oui, oui ! Je trouve que d'ailleurs, comme vous le savez, je la soutiens déjà. C'est une bonne candidate, elle est pugnace, persévérante, elle est écologiste évidemment. Je crois que son parcours, les idées qu'elle défend, la connexion qu'elle fait entre l'écologie et les questions économiques et sociales, les questions de démocratie et de justice, voilà ; c'est tout à la fois une bonne incarnation. Et je crois que ce sont les idées, les nôtres, celles des écologistes français.

Vous avez des problèmes d'argent pour sa campagne ?

Nous, on a toujours eu des problèmes d'argent ; mais à la limite, je vais vous dire très sincèrement que quand je vois ce qui se passe aujourd'hui, j'en retiens une certaine fierté.

C'est-à-dire ?

Mais nous étions les seuls, nous étions les seuls. Quand les entreprises pouvaient financer, monsieur Aphatie, les partis politiques, à n'avoir jamais touché un euro des entreprises, comme ça, nous, pas de lobby, pas de petits amis. Je ne ferais pas de commentaires particuliers sur monsieur Bourgi, sur monsieur Takkiedine et leurs petits copains qui passaient des vacances manifestement de façon très sympathiques sans aucune, évidemment, relation autre, bien sûr...

Eh bien, nous, nous sommes extrêmement indépendants. Nous sommes très éloignés de l'ensemble des lobbies industriels, pétrochimiques, du nucléaire. Et c'est aussi pour ça que nous pouvons parler. Alors, l'inconvénient de l'autonomie, c'est vrai qu'on est un peu plus pauvre que les autres.

En lisant "Le Figaro" ce matin, on apprend que Nicolas Hulot qui aurait pu être après tout votre candidat, Jean-Vincent Placé. Eh bien, comme il n'est pas désigné, comme il n'a plus rien à faire, il va partir faire un tour du monde en voilier, en famille.

Oui, mais c'est son droit le plus...

Il va vous manquer pendant la campagne ?

Mais nous, grâce à Europe Ecologie - Les Verts, grâce à Cécile Duflot, grâce à Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly bien sûr, nous avons je crois réussi à rassembler l'ensemble de la famille des écologistes pour parler plus fort, plus unitairement d'écologie en France. Alors voilà, la voix de Nicolas, je sais qu'elle ne nous manquera pas dans l'urne le 22 avril prochain.

Je sais qu'elle ne nous manquera pas non plus dans la campagne pour soutenir et Europe Ecologie - Les Verts, et nos idées parce qu'il a été vraiment très clair, il a été très clair sur la sortie du nucléaire, il a été très clair dans sa critique du Grenelle de messieurs Sarkozy et Borloo. Il a été très clair dans notre campagne de primaire qui a d'ailleurs été une bonne primaire. Et puis, là, écoutez chacun réagit...   

... Bon voyage !

Oui, oui ! En plus, c'est vraiment quelqu'un que j'estime, que je respecte.

Il vous reste Daniel Cohn-Bendit qui a dit, hier : "Il faut que les Verts s'adaptent à la crise, que notamment sur la retraite à 60 ans, ils soient moins rigides". Enfin il vous a taillé un beau costard. Heureusement, il vous reste Daniel Cohen-Bendit !

Non, non, Dany c'est un  libre penseur. Ca fait tout son charme.

Nous, nous travaillons, nous recevons, moi particulièrement tout à l'heure, le président des Verts allemand pour justement discuter au niveau européen des conséquences de la crise. Et on veut aussi renforcer l'axe, si j'ose dire, franco allemand au niveau des écologistes, notamment par rapport à tirer les leçons de ce qu'Angela Merkel, elle, est en train de faire par rapport à la sortie du nucléaire.

Donc, nous travaillons : mercredi, puisque vous cherchiez à savoir où est madame Joly, vous la verrez si vous le souhaitez car elle présentera les orientations économiques, budgétaires et fiscales d'Europe Ecologie - Les Verts devant la loi de finances qui va être présentée par le gouvernement par monsieur Baroin et par madame Pécresse. Donc, vous voyez, nous sommes au travail et extrêmement attentif à la situation et préoccupés par ailleurs à la situation.

En fait, on entend que les socialistes avec leurs primaires. Vous êtes d'accord ? Ils occupent tout le terrain.C'est qui votre candidat préféré ?

Très sincèrement, ils occupent le terrain parce que vous le voulez bien. Mais bon ça fait partie de la logique du genre. Nous mêmes, en juin, juillet, nous avons eu...

C'est qui votre candidat préféré ?

Moi, mon candidat préféré, il est très simple : il est le plus écologiste possible. Il est le plus préoccupé d'une question forte sur la sortie du nucléaire. Il veut créer des emplois écolos, verts et d'utilité sociale. Il est soucieux de la 6ème république. Il est soucieux de la régularisation des sans papiers, il est soucieux...

Quand on entend François Hollande dit : "On sortira..."

... Voilà. Vous l'avez compris. Ca vous intéresse moins parce que je ne vous donne pas de noms ; mais voyez, là...

... Non, ce n'est pas ça, c'est que, voyez, ça tourne, là voyez !

Oui, oui, mais c'est extrêmement important que dans cette primaire, il y ait des débats que nous-mêmes les écologistes on a emporté. D'ailleurs, je me félicite de la qualité du premier débat, parce que je n'ai pas vu le deuxième, je vais être très franc avec vous, du premier débat où on a parlé beaucoup de questions écologiques et particulièrement du nucléaire ; et je crois que, nous, les écologistes nous sommes aujourd'hui dans le débat politique, alors peut-être moins visiblement par rapport à la primaire. Mais nous sommes dans le débat politique par rapport aux idées que nous défendons.

Jean-Vincent Placé, candidat au "plateau", était l'invité de RTL ce matin. Le plateau, c'est la présidence du Sénat.   
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2011-09-30 09:43:00
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