Jean-Louis Borloo : "J'ai envie d'exercer le poste de Président de la République"

Le député du Nord, président du Parti Radical, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin. Jean-Louis Borloo a vivement reproché au gouvernement de pratiquer "la méthode des boucs émissaires", notamment sur le RSA, redisant son "envie" de briguer l'Elysée où il s'imagine déjà, "semaine après semaine", confronté à l'exercice du pouvoir. Le pouvoir à l'Elysée, "oui j'ai envie de l'exercer, évidemment que j'ai envie de l'exercer", a-t-il assuré, tout en réaffirmant qu'il se prononcerait "entre l'été et l'automne" quant à son éventuelle candidature.

Jean-Louis Borloo sur RTL le 9 juin 2011
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Jean-Louis Borloo sur RTL le 9 juin 2011
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Jean-Louis Borloo, président du Parti Radical : "J'ai envie d'exercer le poste de Président de la République" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Louis Borloo.

Jean-Louis Borloo : Bonjour.

Les responsables de l'UMP veulent modifier le RSA - le Revenu de Solidarité Active. Ils voudraient que les bénéficiaires travaillent pour une collectivité, quelques heures en contrepartie de l'allocation qu'ils perçoivent, et ceci "pour bien différencier la solidarité de l'assistanat", disent-ils. Qu'en pensez-vous, Jean-Louis Borloo ?

Eh bien décidément !

Ah ! Décidément quoi ?

Après les radars, après la laïcité qui parlait un peu de l'Islam.

Un peu, oui !

Voilà qu'il faut absolument cliver ; comme si la solution des problèmes qui, me semble-t-il, nécessitent plutôt de mettre les gens autour de la table, de fédérer de bonnes volontés, il y avait une forme de sentiment d'impuissance. Si on parle du RSA - et d'ailleurs, vous avez vu, hier, que... et je  m'en félicite -, finalement, ça ne sera pas obligatoire, et finalement tout le monde s'est félicité de ce RSA.

C'est juste un signal envoyé comme ça !

Voilà, c'est un signal.

On durcit, on change, on évolue.

Oui, on bouge, on s'inquiète. Si on prend ce sujet, je vais dire ce que je pense.

On ne peut pas cliver sur la pauvreté. Voilà. C'est un sujet qui est beaucoup trop grave. De quoi parle-t-on  ? De pratiquement 2 millions de familles, à peu près 4 millions de personnes avec les enfants qui sont dans une situation psychologique, morale, professionnelle extrêmement difficile. Et alors, évidemment que les remettre en activité, 5 heures, 10 heures, 20 heures est une nécessité y compris pour eux. C'est un élément de dignité, il faut réapprendre un certain nombre de comportements. Mais parlez de "cancer de l'assistanat", je trouve que ce n'est pas correct, voilà.

Et sur la méthode ? Au fond, qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, moi je suis très psychologiquement, mentalement engagé, c'est que je ne crois pas à la méthode de la dénonciation et des boucs-émissaires. Je crois à la méthode qui fédère les différents responsables. Je vous prends un exemple.

Et d'ailleurs si je suis élu à la Présidence de la République, si je suis candidat et élu, évidemment que je réunirais ceux qui sont concernés, c'est-à-dire les associations qui utilisent, qui mettent à la disposition, qui encadrent ; les collectivités locales ; les villes ; les agglomérations ; les départements et les régions. Les départements qui sont responsables du RSA, les organisations syndicales, patronales et représentatives des salariés et du patronat ; l'Etat. Bref, les financeurs et les acteurs car la question de fond, c'est 1,8 million de personnes : comment on les remet dans le train de l'activité ? Et de vous à moi, ce n'est pas 5 heures de temps en temps, ce qui pose des problèmes de réorganisation ; mais 20 ou 25 heures, un temps suffisamment long (suffisamment long), pour retrouver l'estime de soi, bien souvent des réflexes, des capacités de travail et des formations pour un nouvel emploi.

Critique de fond : il ne faut pas chercher des boucs-émissaires. C'est quand même ce que vous avez dit ?

Oui, oui, c'est une critique de fond et de forme. En fait, c'est une critique de méthode.

Et de méthode. Voilà. C'est-à-dire que vous êtes en train de dire ce matin sur RTL que Nicolas Sarkozy divise, apprécie mal les problèmes et divise les Français.

Pourquoi vous voulez toujours  tout personnaliser !

Vous savez pourquoi ?

Nous ne sommes pas dans une monarchie, nous sommes dans une grande démocratie...   

... Je peux vous répondre.

Il se trouve qu'une formation politique s'est exprimée, des ministres se sont exprimés. On peut débattre. Et moi, je peux être en désaccord ou pas tout à fait en accord sur les méthodes. D'ailleurs, finalement le RSA de Martin Hirsch est formidable depuis hier soir, après avoir été extrêmement critiqué. On peut être en désaccord tout en considérant qu'on peut débattre de ça chez nous.

Je vais quand même poser une question. Pourquoi je personnalise ? Parce que je vous écoute, parce que je vous entends, parce que votre critique, ce matin, est assez violente de l'action que mène Nicolas Sarkozy et des formes qui sont les siennes.

Mais parce que vous avez envie d'entendre ça. Je vous parle d'un RSA...   

Bouc émissaire ! c'est vous qui l'avez dit. "On cherche des boucs-émissaires".

Oui, oui. Ah ben... Je considère que quand on présente un certain nombre de sujets de manière toujours un peu clivantes. Prenez les problèmes scolaires. Au lieu de se dire : voilà, dans chaque classe, on sait qu'il y a trois, quatre, cinq enfants qui sont un peu hors norme. Ils ont de la sur-énergie, ils peuvent avoir des problèmes dyslexiques ou ils sont dans une famille qui a d'énormes difficultés, dans une ambiance urbaine qui n'est pas propice ou dans des conditions de logement épouvantabes,  au lieu de se dire : comment, tous ensemble, la communauté autour de l'école va soutenir, soutenir les parents, soutenir les enfants, soutenir le lien parents-enfants, on a tendance à sortir des statistiques et des chiffres et à cliver, oui bien trop souvent.

Moi je pense que pour les quelques sujets qui sont devant nous, monsieur Apathie, la méthode, c'est : on réunit les acteurs, on fait un diagnostic partagé, on le fait avec humilité. On sort de l'idée que c'est toujours de la faute des autres, et puis on progresse.

Vous avez dit, Jean-Louis Borloo, parce qu'on vous écoute ce matin. Vous avez dit : "Si je suis Président de la République". Vous ne réfléchissez pas à être candidat mais vous réfléchissez à être Président ?

Oui. Vous savez, je me dis, semaine après semaine, dans ce bureau au premier étage entouré de ce jardin avec une forme de vide...

... A l'Elysée...

Absolument. Voilà. Dans quelle circonstance ? Que dois-je faire ? Comment j'organise l'action ? Semaine après semaine, pendant cinq ans, quelles seront mes priorités ? mes organisations ? les contre-pouvoirs ? Le mode de gouvernance ?

C'est votre réflexion aujourd'hui ?

Bien entendu que c'est ma réflexion.

Vous vous sentez à la hauteur de cette fonction ?

Mais c'est toute la question, monsieur Apathie.

Qu'est-ce que vous répondriez ce matin ?

Vous savez, je suis un peu comme un... Vous regardez sûrement la télévision, les skieurs... Avant une grande descente, vous les voyez, ils simulent complètement le passage des portes. Eh bien, moi j'essaie de réfléchir, de simuler. Oui, je me pose la question de mon propre niveau ; évidemment, monsieur Apathie.

Et vous répondez quoi, ce matin ?

Eh bien, je ne réponds pas encore. Vous savez que je me suis fixé un calendrier. Je suis mon calendrier, extrêmement précisément. J'essaie d'aller au fond des choses. On parle du destin d'un pays ou du mien, plus modestement. Mais c'est ça le travail que j'ai à faire.

Mais si vous dites ça, ce matin, publiquement c'est que vous vous sentez à la hauteur de cette fonction. Vous avez envie de l'exercer ?

Oui j'ai envie de l'exercer. Evidemment que j'ai envie de l'exercer. Mais vous savez c'est quelque chose qui relève de l'essentiel, qui relève de l'indicible. Ce n'est pas un casting. Ce n'est pas quelque chose que vous faites pour des raisons de notoriété...

Non, non. C'est une réflexion grave et importante.

Ce n'est pas quelque chose que vous faites par habitude, ce n'est pas la case d'après, c'est autre chose. Etre le dernier rempart ou celui qui tient la main à tout un peuple.

Et après cette mission ?

Ce n'est pas une fonction ministérielle

C'est une fonction présidentielle.

Absolument.

Et après cette émission, si on demande à chacun des millions d'auditeurs de RTL qui vous ont écouté ce matin : Jean-Louis Borloo va-t-il être candidat à l'élection présidentielle ? Il n'y en a pas un qui répondra "non" !

Ecoutez, je n'en sais rien ; mais moi, je répondrai à la date que je me suis fixé : entre l'été et l'automne. Comme on dit dans le Nord, vous savez, c'est : entre les midis...

Qu'est-ce qu'on dit dans le Nord ?

Entre les midis ? C'est entre le Midi de la montre et le Midi du soleil.

Ils sont intelligents dans le Nord. Je voulais vous soumettre ce papier du "Figaro" : "Sarkozy lance une nouvelle mise en garde à Borloo. Stop à la division. Il y a quatre mois, il était d'accord avec tout ; maintenant, il est d'accord avec rien". Il vous a taillé un beau costume, hier, à l'Elysée ! Le Président Sarkozy devant des députés UMP.

Mais vous êtes absolument fasciné par le Président... Moi je respecte simplement ...

Ne retournez pas le problème ! Vous savez très bien que le Président parle beaucoup de vous, et pas toujours en termes gentils.

Je ne le sais pas ; et ce n'est pas le sujet. Moi, je parle aux Français.

Jean-Louis-Borloo ne sait pas tout ; mais il a envie, très envie d'être Président de la République. C'était ce matin sur RTL. Bonne journée. 2012 et vous

par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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Jean-Louis Borloo : "J'ai envie d'exercer le poste de Président de la République"
Le député du Nord, président du Parti Radical, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin. Jean-Louis Borloo a vivement reproché au gouvernement de pratiquer "la méthode des boucs émissaires", notamment sur le RSA, redisant son "envie" de briguer l'Elysée où il s'imagine déjà, "semaine après semaine", confronté à l'exercice du pouvoir. Le pouvoir à l'Elysée, "oui j'ai envie de l'exercer, évidemment que j'ai envie de l'exercer", a-t-il assuré, tout en réaffirmant qu'il se prononcerait "entre l'été et l'automne" quant à son éventuelle candidature.
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2011-06-09 10:57:00
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