Jean-François Copé : "La victoire de Hollande, ce n'est pas le 10 mai 81 !"

Le secrétaire général de l'UMP répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Jean-François Copé a souligné que la victoire à la primaire socialiste de François Hollande n'était "pas le 10 mai 81" et s'est réjoui que "l'heure des explications soit venue". Concernant François Hollande, "j'ai l'image de quelqu'un qui a beaucoup de mal à prendre des décisions difficiles", a déclaré le député-maire de Meaux. Selon lui, le futur candidat socialiste à l'élection présidentielle est "quelqu'un qui vogue à tous les vents".

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, sur RTL le 5 janvier 2011
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Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, sur RTL le 5 janvier 2011
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Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP : "La victoire de Hollande, ce n'est pas le 10 mai 81 !" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-François Copé.

Jean-François Copé : Bonjour.

François Hollande est maintenant le candidat des socialistes pour l'élection présidentielle de l'année prochaine.  Quelle image avez-vous de François Hollande ?

J'ai l'image de quelqu'un qui a beaucoup de mal à prendre des décisions difficiles, voilà, bien sûr ; et c'est là-dessus je pense qu'il va lui falloir maintenant faire la différence !

Vous avez des preuves ?

Attendez des preuves, vous me demandez quel image j'ai, je vais vous en dire un mot.  Des preuves, je ne suis pas investigateur, je suis acteur engagé et en même temps je regarde ce qu'est le parcours et le tempérament de François Hollande. C'est celui de quelqu'un qui vogue à tous les vents. Alors sortons de cette image très sévère que Martine Aubry donnait de lui dans des moments de fougue en parlant de la "gauche molle".

Je veux simplement vous dire sur ce sujet que lorsque l'on regarde les déclarations de François Hollande tout au long de cette campagne interne au PS, qu'est que l'on voit ? Un homme qui a été capable de dire des choses dans tous les sens. Quand, sans rire, il est allé stigmatiser les licenciements boursiers qui sont une formule dont chacun sait qu'elle excite forcément les inquiétudes alors qu'elle recèle des choses beaucoup plus complexes. Lorsqu'il est allé dire, là encore sans rire, qu'il allait, s'il était Président de la République , prendre les profits des banques qui faisaient des profits pour les reverser aux banques qui faisaient des pertes, ce qui est la négation même du fonctionnement de l'économie parce que je rappelle quand même que les banques, elles détiennent d'abord l'épargne des gens.

C'est quand même vous dire qu'il est absolument prêt à faire un peu de tout et un peu de n'importe quoi. 

Opportuniste ou incompétent ?

Je ne sais pas si les gens sont compétents ou pas. Je dis juste que l'un des critères de lecture de ce qu'est un grand chef d'Etat, c'est l'aptitude au commandement, l'aptitude à prendre des décisions courageuses. Lorsqu'il nous dit, "vous savez ma priorité c'est la baisse des déficits" et que l'on regarde son programme, on se rend compte que dans sa liste d'engagements il n'y a que des hausses d'impôts. On comprend qu'en fait il ne va pas faire de baisse de dépenses et ça tombe bien il va embaucher 60.000 professeurs, ça coûte 7,5 milliards sur cinq ans.

Lui il dit 2,5 milliards...

Oui mais lui il a dit 2,5 milliards, parce qu'il fait semblant de ne pas voir. 2,5 milliards, mais 7,5 milliards sur tout le quinquennat. Et oui, ça fait 7,5 milliards sur tout le quinquennat ! Sans compter que c'est quarante ans pour des fonctionnaires, plus les retraites.

Si on vous écoutait bien Jean-François Copé ce matin sur RTL, facile à battre François Hollande ?

Mais le problème n'est pas de savoir si c'est facile ou difficile ! D'ailleurs sur ce point, je voudrais dire que la vérité est également vraie dans l'autre sens. Et je vous voudrais quand même dire à nos auditeurs que malgré tout ce qu'ils ont pu entendre ou voir à la télévision hier, hier ce n'était pas le 10 mai 81. Hier, nous n'avons pas assisté à la victoire de la gauche ; nous avons assisté à l'épilogue de deux mois de gauche parlant à la gauche, de plateaux de télé entiers dans lesquels il n'y avait que des gens de gauche pour débattre entre eux, il n'y avait jamais de gens de droite à côté.

C'est une mise en cause des médias, vous pensez que ce n'est pas bien ?

Non, je veux juste dire qu'au-delà de l'euphorie du moment, telle que l'on peut la voir sur les plateaux de télévision et il est vrai, je vous le dit très simplement que je voyais bien à travers la tonalité d'hier soir que certains commentateurs allaient peut-être mettre un peu en avant leur enthousiasme avant l'observation...

... Vous trouvez que la télé a été trop de gauche ?

Non, je ne dis pas la télé, je dis que certains dans la manière dont il se sont exprimé ont donné un peu plus le sentiment de ce qu'il pensaient eux-mêmes que de ce qu'ils voyaient, mais c'est pas grave.

Certains journalistes vous voulez-dire ?

Journalistes, commentateurs ! Encore une fois vous n'êtes absolument pas, je m'empresse de vous le dire tout de suite,  concerné dans ce que je dis...

... Je ne l'avais pas imaginé une demi-seconde...

Donc, là-dessus soyons très clairs entre nous ; et d'ailleurs "chez vous", ce n'est pas un hasard et si je vous le dit à vous ce n'est pas un hasard non plus donc vous n'êtes absolument pas concerné.

Vous êtes en train de me compromettre complètement mais je l'accepte comme ça... Je plaisante...

Attendez, que les choses soient très claires, en plus je ne fais jamais ce type de procédure, j'ai horreur de ça. Je dis juste que là-dessus, hier soir ce n'était pas le 10 mai 81, maintenant les choses sérieuses vont commencer, c'est-à-dire que l'on va rééquilibrer le débat entre la gauche, la droite et le centre-droit.

Vous n'avez pas répondu à ma question : "facile à battre François Hollande" si je vous suis bien ?
 
Non, le problème n'est pas là. On n'est pas en train de préjuger aujourd'hui de ce que sera la vraie campagne, qui sera pour mai prochain, la Présidentielle. Je dis juste que l'heure maintenant des explications est venue. On en a terminé de ces débats lénifiants. Il va falloir que monsieur Hollande nous dise ce qu'il entend faire de la France. C'est-à-dire qu'une fois terminé toutes ces petites histoires de nous faire croire que son contrat de génération à 8 ou 10 milliards - ça dépend des jours ! - va résorber le problème du chômage, ce qui est juste une folie, puisque ça veut dire derrière supprimer des allègements de charges sociales. Ça veut dire que ces augmentations de postes dans l'Education nationale, ça veut dire que son démantèlement de la filière nucléaire, il va falloir qu'il explique comment il fait, aux Français car derrière ce sont des conséquences dramatiques pour le pays.

Donc le débat pour l'élection présidentielle commence. Je voudrais profiter de votre passage sur cette antenne, Jean-François Copé, pour vous poser une question simple : "Qu'est-ce qui se passe entre vous et François Fillon ? Vous ne vous entendez pas du tout du tout ?..."

Ecoutez, il faut absolument que au contraire, chacun comprenne bien que l'on doit travailler ensemble, ça me parait indispensable.  C'est valable pour nous deux, dans cette affaire-là on est deux et je pense que c'est d'autant plus indispensable que ce qui nous rassemble est infiniment supérieur à tout le reste.

Mais vous convenez que ça ne va pas là entre vous deux ?  François Fillon a parlé de la politique, des coulisses avec ses ficelles et ses petits arrangements...

Mais je n'ai pas pensé une seconde que c'est à moi qu'il pensait... D'abord, c'est des affaires qui relèvent de deux personnes qui doivent s'entendre et qui vont s'entendre...

... Et qui n'y parviennent pas pour l'instant...

Ecoutez si, suffisamment pour pouvoir faire campagne pour Nicolas Sarkozy, c'est l'essentiel.

François Fillon veut être candidat à Paris, il veut être candidat dans la deuxième circonscription de Paris. Vous l'aiderez à être candidat dans la deuxième circonscription de Paris aux élections législatives l'année prochaine ?

D'abord premier point, mon rôle il est que les choses à Paris s'apaisent à l'UMP et c'est pour cela que j'ai entamé un travail de médiation pour que les uns et les autres se rassemblent, je pense que cela doit se faire sans humilier personne car ce serait la pire des choses. Mais je voudrais vous dire une seconde chose, nous n'avons pas vocation à occuper le débat publique avec cette question-là car en réalité la question qui intéresse les Français c'est comment on se met en ordre de bataille pour préparer le prochain quinquennat, ça ne peut pas être simplement la question des législatives à Paris.
   
Aiderez-vous François Fillon à être candidat dans la deuxième circonscription de Paris aux élections législatives l'année prochaine ?

D'abord je ne suis pas certain encore qu'il ait totalement dit les choses sur la circonscription, il a dit que Paris l'intéressait, il y a dans cette affaire-là beaucoup de choses à mettre en place, une haie après l'autre et comprenez-moi, la priorité d'aujourd'hui c'est la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et nous aurons tout le temps qu'il faut pour parler avec les uns et les autres de la situation de législatives pour François Fillon comme pour l'ensemble de nos amis.

Question d'Alain Duhamel à propos de François Hollande : "Est-ce une forme de pathologie d'avoir à ce point envie d'être le Président de la République ?"

Ecoutez, je ne crois pas que ce soit une maladie de choisir... Une pathologie, c'est une maladie donc je voudrais simplement dire choisir de consacrer sa vie à son pays est l'une des plus belles missions qui soit et donc ça n'est pas une maladie, c'est au contraire un formidable parcours au service de son pays.

Jean-François Copé, qui n'est pas malade, était l'invité de RTL ce matin.

2012 et vous

par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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Le secrétaire général de l'UMP répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Jean-François Copé a souligné que la victoire à la primaire socialiste de François Hollande n'était "pas le 10 mai 81" et s'est réjoui que "l'heure des explications soit venue". Concernant François Hollande, "j'ai l'image de quelqu'un qui a beaucoup de mal à prendre des décisions difficiles", a déclaré le député-maire de Meaux. Selon lui, le futur candidat socialiste à l'élection présidentielle est "quelqu'un qui vogue à tous les vents".
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2011-10-17 10:33:00
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