Henri Guaino : "Il n'y aura pas de rigueur" (vidéo)

Henri Guaino était l'invité de RTL jeudi matin pour commenter les chiffres du chômage et la présence du chef de l'État au sommet de Davos. Le conseiller spécial du Président de la République répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin.

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Le conseiller spécial du Prédisent de la République répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Bonjour Henri Guaino

Bonjour Jean Michel Aphatie

Nicolas Sarkozy a prononcé, hier, le discours d'ouverture du forum économique mondial de Davos, il est le premier Président de la République française à s'être rendu physiquement dans ce temple de la pensée économique anglo-saxonne et il a fait un flop. C'était la peine d'y aller ?
   
Ca, c'est votre opinion !

Ah, écoutez ... ou réécoutez le reportage de 7h30 de Philippe Roy Contancin, un flop !

Vous savez, d'abord, quand le Président de la République française parle dans un forum international, il ne parle pas qu'aux gens qui sont dans la salle, il parle au monde entier. D'ailleurs, le monde entier a écouté, je regarde la Une des journaux, même anglo-saxons, à la UNE du Wall Street Journal ...

Beau discours ? Pas beau discours ?

Non, non, ils analysent le discours. Voilà, Sarkozy critique la mondialisation. J'ai écouté Alain Duhamel, tout à l'heure. Il nous a dit : le Président de la République est allé à Davos, il a fait un peu de provocation. Eh bien, je vais vous le dire : si nous en sommes encore à considérer que ce qui a été dit, hier, par le Président de la République à Davos aux chefs d'entreprise, aux économistes, aux financiers, aux politiques, c'est de la provocation, alors ça veut dire que nous n'avons tiré absolument aucune leçon de la Crise. Simplement, les opinions publiques, elles sont en train de les tirer, peut-être plus rapidement que les gens qui étaient dans la salle.  Vous savez, le Président Sarkozy a fini son discours en expliquant qu'on avait cru que le citoyen de la scène allait disparaître derrière l'actionnaire, le marché, etc ... eh bien, cette période que nous vivons, elle marque le retour du citoyen. Il va falloir compter avec lui.

Une dépêche Reuters, 15h35 hier, "à Davos, les dirigeants d'entreprise s'inquiètent du risque populiste".  On voit bien qu'il y a quand même une différence culturelle entre les dirigeants d'entreprise et, par exemple le discours qu'a fait Nicolas Sarkozy.

Alors que faut-il dire du discours qu'a fait Monsieur Obama ?

Je ne sais pas, comment vous le qualifieriez, vous ?

Quand il a parlé ... de celui qu'il a fait, hier soir, celui qu'il a fait sur la régulation bancaire, que faut-il penser des déclarations de M. Brown en Grande Bretagne, sur la fixation des transactions financières.

Le discours de Barack Obama, qu'est-ce que vous en pensez, Henri Guaino ?

Je trouve que ces deux discours sont de très bons discours parce qu'ils posent des vraies questions. Le seul danger avec les Etats Unis, c'est la tentation de l'unilatéralisme, voilà. Mais je pense que les débats qui ont été ouverts, d'ailleurs, sur lesquels le Président Sarkozy était déjà intervenu, sont des vrais débats ; et que ce débat s'ouvre aux Etats Unis est quelque chose de capital. L'économie, la finance, ça n'est pas en dehors de la société, en dehors de la politique, en dehors de la civilisation, non c'est dedans.

18.700 chômeurs de moins en décembre en France, est-ce une tendance ou juste, juste un petit rayon de soleil dans un ciel toujours très couvert ?

Ecoutez, les bonnes nouvelles valent toujours mieux que les mauvaises nouvelles.

C'est la philosophie du jour !

Après, tirer des plans sur  ...Oui, mais c'est important, je suis d'accord avec Alain Duhamel. Eh bien voilà, une bonne nouvelle c'est une bonne nouvelle.

Vous êtes d'accord avec Alain Duhamel ?

Voilà, on peut que s'en réjouir.

Tendance ou pas ?

Maintenant, les prévisions c'est un exercice très difficile. Au fond, ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse c'est face à la situation telle qu'elle est, aux souffrances, aux peines, aux difficultés, que faisons-nous ? Est-ce que nous faisons notre travail ? Est-ce que nous faisons tout ce qu'il faut pour que ça devienne une tendance et que demain, il y ait moins de chômeurs et moins d'exclus ?

Et la réponse est : oui ?

Eh bien, la réponse, c'est qu'il faut se poser cette question tous les matins et y répondre tous les jours.

Et alors, ce matin, vous avez répondu quoi, Henri Guaino ?

Pour l'instant, je trouve que le gouvernement, le Président de la République ont fait ce qu'il y avait à faire. On aurait peut-être pu faire encore mieux mais quand même, Alain Duhamel le disait, finalement on s'en est mieux sorti ou moins mal sorti que les autres. Et maintenant, il faut continuer et il faut construire la sortie de crise si tant est que cette crise soit terminée, il faut tout faire pour ça ne recommence pas. Il faut tout faire pour éviter les accidents du futur et il faut se placer dans une perspective de longue durée avec un fil directeur sur la scène internationale, en Europe et en France.

Une conférence sur les déficits publics aura lieu tout à l'heure à l'Elysée ?

Oui.

C'est une "première" qu'on s'intéresse aux déficits publics comme ça à l'Elysée.

Pas du tout.

Est-ce que c'est le signe de votre défaite politique, intellectuelle ?

Pardonnez-moi, je connais votre sens de la boutade ; mais c'est une idée ridicule, personne n'est insensible ...

C'est bien de faire passer la pilule comme ça ! "idée ridicule".

Non, non, personne n'est insensible aux déficits. D'abord, tout le monde s'y intéresse à l'Elysée, même moi.

C'est vrai ?

Même moi depuis très longtemps.

C'est une information.

Non, depuis très longtemps. Le débat que j'ai eu avec un certain nombre de gens, pendant 15 ans, 20 ans, ne porte pas sur le fait de savoir s'il faut réduire le déficit ; mais comment on s'y prend pour que nos finances publiques nous permettent d'avoir une croissance durable.

Est-ce qu'on évitera la rigueur, Henri Guaino, pour parler clair !   

Non, non.

On ne l'évitera pas ?

Non. Le Président de la République l'a dit et l'a redit.

Ah, il n'a jamais dit ça !

Qu'il n'y aurait pas la rigueur ?

Oui.

Il l'a dit au congrès, il l'a dit au congrès à Versailles ...

Est-ce qu'on évitera la rigueur ? Vous dites : non.

Non, non, pardon ; j'avais compris : est-ce qu'il y aura la rigueur ?

Ah vous voyez bien ! Ah d'accord.

Il n'y  aura pas la rigueur.

Ah, c'est compliqué.

Non, non pardon.

Il n'y aura pas la rigueur. D'accord.

Il n'y aura pas la rigueur.

J'ai failli tomber de mon siège.

Tous les gens qui ont souffert ne vont pas souffrir encore plus et d'ailleurs, ça ne résoudrait pas le problème.

Mais si on s'intéresse aux déficits, il faut bien ...   

Mais c'est là où le débat, je finissais ma phrase, vous m'avez interrompu. Le débat évidemment, c'est de savoir comment on s'y prend. Alors, les finances publiques c'est comme l'économie. Ce n'est pas en dehors de la société. Ce n'est pas en dehors de l'économie. C'est-à-dire que si l'économie va mal et si la société va mal, les finances publiques finissent toujours par aller mal.  Regardez les Anglais, pendant des années, ils ont voulu gérer les finances publiques à part, l'Etat ne s'endettait pas, les ménages s'endettaient. Eh bien un jour, vous avez retrouvé toutes les difficultés des ménages et puis les difficultés de l'économie dans les comptes publics. Eh bien nous devons traiter en même temps le problème de la gestion de nos deniers publics.

Vous avez failli dire la rigueur.

D'accord.

Non, mais la rigueur au sens ...Bien gérée.

... (vous savez, on joue sur les mots) bien gérée. Et en même temps, regarder ce que sont les causes de nos dépenses improductives, quand un enfant est désocialisé à l'âge de 11 ans, déscolarisé, eh bien vous l'avez à charge toute votre vie et il pèsera sur vos finances publiques. Quand vous avez une masse croissante d'exclus, elle pèse sur vos finances publiques. Il faut, évidemment, s'attaquer aux racines de l'exclusion, aux racines de la déscolarisation, aux racines du manque de compétitivité, c'est ça l'enjeu le plus important ; et par ailleurs, ne pas gaspiller 1 euro d'argent public.

28 janvier, c'est l'anniversaire de Nicolas Sarkozy. 55 ans. Vous allez lui faire un cadeau, Henri Guaino ?

Bon anniversaire, Monsieur le Président !

Vous allez lui faire un cadeau ?

Nous allons lui faire un cadeau.

"Nous allons".

Henri Guaino, il n'y aura pas de rigueur, était l'invité d'RTL ce matin. Bonne journée.

par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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Henri Guaino était l'invité de RTL jeudi matin pour commenter les chiffres du chômage et la présence du chef de l'État au sommet de Davos. Le conseiller spécial du Président de la République répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin.
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2010-01-28 11:04:00