Fillon sur RTL : le départ de MAM, "une décision politique"

François Fillon était l'invité exceptionnel de RTL lundi matin. Au lendemain de l'allocution du président de la République, qui a remanié les postes régaliens de son gouvernement, le Premier ministre a répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie entre 7h40 et 8 heures. A propos du départ de MAM du Quai d'Orsay, il a affirmé qu'il s'agissait d'une "décision politique et pas morale". Selon lui, "la voix de Michèle Alliot-Marie n'était plus audible car elle faisait l'objet d'une campagne". François Fillon a annoncé que deux avions français allaient partir "dans quelques heures" pour Benghazi, ville de l'est de la Libye aux mains des opposants au colonel Kadhafi, évoquant le début d'une opération humanitaire "massive". Le gouvernement français étudie des solutions militaires au problème que pose Kadhafi. "Si le débat sur l'islam devait conduire à stigmatiser les musulmans, je m'y opposerais", a-t-il par ailleurs indiqué.

François Fillon face à Jean-Michel Aphatie
Crédit : F.Bukajlo / Abaca Press pour RTL
François Fillon face à Jean-Michel Aphatie

Jean- Michel Aphatie : Bonjour, François Fillon.

François Fillon : Bonjour, Jean-Michel Apathie.

Pourquoi Michèle Alliot-Marie a-t-elle dû quitter le ministère des Affaires étrangères ? Parce qu'elle a été victime, comme elle l'écrit dans sa lettre de démission, d'une "cabale politique et médiatique", ou bien parce que son épisode de vacances tunisiennes a constitué une faute au regard de la morale publique ?

Je crois que la décision que nous avons prise hier avec le Président de la République, c'est un acte stratégique, face à une accélération de l'Histoire, qui va avoir des conséquences dont nous ne sommes pas d'ailleurs aujourd'hui, en mesure d'imaginer sur l'économie mondiale, sur nos pays, sur l'ordre mondial. Il fallait que la voix de la France soit entendue dans le monde.

Elle ne l'était plus ?

Et Michèle Alliot-Marie, qui n'a pas commis de faute - la décision que nous avons prise, ce n'est pas une décision morale, c'est une décision politique -, la voix de Michèle Alliot-Marie n'était plus audible, parce qu'elle faisait l'objet d'une campagne, pour toutes sortes de raisons, que vous avez évoquées.

Campagne injuste ?

Je pense que cette campagne était injuste dans la mesure où Michèle Alliot-Marie est une femme intègre. C'est un ministre qui, pendant des années et des années, a apporté à la République, et je vous fais remarquer d'ailleurs que c'était l'un des ministres les plus populaires parmi les responsables politiques depuis des années et des années.

Ceci étant, les choses sont ce qu'elles sont. Il y a une réalité : Michèle Alliot-Marie s'est trouvée mise en cause sur toute une série de sujets, elle a essayé de se défendre, nous l'avons défendue, le président de la République et moi-même. Mais rien n'y a fait, et la polémique autour du ministre des Affaires étrangères crée une situation, une situation qui devenait dangereuse pour l'image de la France, pour la voix de la France, puisque c'est à travers Michèle Alliot-Marie, la diplomatie française elle même qui était attaquée. De façon tout à fait injuste d'ailleurs, car j'espère qu'on aura l'occasion au cours de cette matinée de faire le bilan de la politique étrangère française.

J'entendais Alain Duhamel, parler du discours de François Mitterrand à la Knesset, on pourrait aussi parler du discours de Nicolas Sarkozy à la Knesset, qui a été un grand discours qui a marqué la politique étrangère française.

Pour rester sur Michèle Alliot-Marie, vous avez cédé, si on comprend bien votre raisonnement...

Il est incontestable que le Président de la République et moi-même, nous aurions préféré ne pas nous séparer de Michèle Alliot-Marie. Mais il n'y avait pas d'autres solutions. Et d'ailleurs, Michèle Alliot-Marie l'a convenu elle-même.

Deuxièmement, il fallait nommer dans ces circonstances, un ministre des affaires étrangères qui ait une grande autorité morale et une grande autorité politique. Je vous rappelle Jean Michel Apathie que nous avions déjà proposé, avec Nicolas Sarkozy, à Alain Juppé d'être ministre des Affaires étrangères en novembre. A l'époque, il ne l'avait pas souhaité pour des raisons personnelles, pour des raisons d'organisation personnelle. Nous lui avons, cette semaine, demandé malgré les hésitations qui étaient les siennes, de répondre à une demande, qui était une demande qui correspondait à l'intérêt national.

Et donc il a accepté, pour évacuer ce problème, il ne souhaitait pas cumuler entre autres raisons, sa fonction de ministre des Affaires étrangères, et avec celle de maire de Bordeaux, cela lui paraissait impossible. Allez-vous lui demander, François Fillon, pour qu'il se consacre à la diplomatie française, qui va là évidemment requérir beaucoup de travail pour lui, d'abandonner la mairie de Bordeaux ?

Non je ne lui demanderai pas d'abandonner la mairie de Bordeaux, comme je ne le demanderai à aucun membre du gouvernement. Maintenant, il est incontestable, et Alain Juppé le sait, et c'est la raison pour laquelle il n'avait pas souhaité être ministre des Affaires étrangères, il est incontestable que c'est un poste, par les déplacements qu'il impose, fera en sorte qu'il sera moins présent à Bordeaux.

Ce sont les Bordelais qui vont être contents de vous entendre, François Fillon !...

Je crois qu'en même temps, les Bordelais sont capables de comprendre que dans des circonstances historiques comme celles que nous vivons, c'est aussi un grand honneur pour la ville de Bordeaux que nous ayons demandé à son maire d'être le porte-parole de la politique étrangère de la France.

Redoutez-vous, François Fillon, une arrivée massive en Europe et en France de migrants venant de pays arabes agités par les révolutions ?

Il ne faut pas que notre regard sur les révolutions arabes, qui encore une fois constituent un événement d'une dimension considérable, se limite à la question de l'immigration. Le premier sujet, c'est : comment on fait pour aider ces révolutions qui sont loin d'avoir réussies, qui sont loin d'être abouties ? Comment fait on pour aider ces révolutions à emmener les peuples arabes vers la démocratie ?

Et c'est une question immédiate parce que, si par exemple la Tunisie ne donne pas rapidement l'exemple d'une transition réussie vers la démocratie, alors c'est un signal terrible qui est envoyé à tous les pays de la région, avec des conséquences qui peuvent être le retour  des forces les plus obscures. Et le rôle de la France, c'est d'aider, d'appuyer, c'est d'appuyer, c'est de soutenir, y compris sur le plan économique et financier, ces pays en marche vers la démocratie.

Maintenant, on ne peut pas ignorer qu'il va y avoir des mouvements migratoires importants. D'abord, dans un premier temps, parce que ce sont des structures étatiques qui ont complètement disparues, et donc des pays qui sont dans une situation où aucune autorité ne s'exercent. Et deuxièmement parce qu'il y a, par exemple en Libye en ce moment une guerre civile qui pousse naturellement des populations sur la voie de l'immigration.

Et donc, nous devons avoir une réponse collective, une réponse européenne sur ce sujet, d'abord pour faire en sorte qu'il y ait le moins de flux migratoires possibles, et ensuite pour accueillir les personnes qu'il faudra accueillir.

De quels moyens disposez-vous pour éviter ces flux migratoires ? On a l'impression, pas grand chose, mais on se trompe peut-être ?

Je pense que le meilleur moyen, Jean-Michel Apathie de les éviter, c'est d'aider la Tunisie à réussir, c'est d'aider l'Egypte à réussir, c'est faire en sorte que la situation se stabilise rapidement en Libye. C'est ça la réponse que l'Europe doit apporter. C'est la première réponse que l'Europe doit apporter.

Par ailleurs naturellement, avec les autres pays européens, nous ferons preuve d'une très grande fermeté à l'égard de l'immigration illégale. Et c'est d'ailleurs dans cet esprit que nous avons décidé avec le président de la République de confier à Claude Guéant, le ministère de l'Intérieur et de l'Immigration.

Un mot sur la Libye. La communauté internationale a-t-elle les moyens de hâter la solution au problème que pose aujourd'hui le Colonel Kadhafi à la Libye ?

D'abord, je voudrais vous annoncer ce matin quelque chose. Dans quelques heures, deux avions partiront pour Benghazi à la demande du gouvernement français, avec des médecins, des infirmiers, du matériel médical, des médicaments. Et ce sera le début d'une opération massive de soutien humanitaire aux populations des territoires libérés.

Deuxièmement, vous avez vu que la France a été en pointe dans les décisions qui ont été prises pour sanctionner le Colonel Kadhafi, c'est nous qui avons demandé que le Conseil européen adopte une position commune face à ce sujet. C'est nous qui avons été à l'origine avec la Grande-Bretagne de la résolution des Nations-Unies qui a été votée à l'unanimité pendant le week-end.

Et nous étudions toutes les solutions pour faire en sorte que le Colonel Kadhafi comprenne qu'il doit s'en aller, et qu'il doit quitter le pouvoir. Je sais qu'on évoque des solutions militaires. Ces solutions font l'objet d'évaluation de la part du gouvernement français.

Des solutions militaires font l'objet d'évaluation ?

J'ai entendu plusieurs membres de l'opposition, ou plusieurs observateurs expliquer par exemple, interdire le survol du territoire libyen. C'est une option qui est étudiée, mais je veux faire remarquer deux choses. D'abord qu'elle ne peut être prise que sur la base d'une décision du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, qui est loin d'être acquise aujourd'hui. Et deuxièmement, qu'elle ne peut l'être que dans le cadre d'une opération conjointe avec des grands pays. Personne aujourd'hui en Europe, n'a les moyens tout seul de réaliser cette opération. Il faudrait donc impliquer l'Otan, et je pense qu'il y a là, une réflexion à avoir : est ce que l'Otan doit être impliqué dans une guerre civile au sud de la Méditerranée. C'est une question qui pour le moins, mérite d'être réfléchie avant d'être lancée.

En tous cas, on retiendra de ce que vous venez de dire, c'est que le gouvernement français étudie "des solutions militaires " au problème que pose aujourd'hui le Colonel Kadhafi.

Toutes les solutions aujourd'hui, font l'objet d'une étude...


Le débat sur la place de l'Islam en France dans ce contexte compliqué, est-il vraiment une nécessité, François Fillon ?

Je vais vous dire, Jean Michel Apathie, si ce débat devait être centré sur l'Islam...

... C'est ce qu'on vous a dit : un débat sur la place de l'Islam en France.

... Si ce débat devait apparaître comme un débat qui d'une manière ou d'une autre contribue à stigmatiser les musulmans, je m'y opposerai. Je le dis très clairement, je m'y opposerais. En revanche, si le débat, comme je l'ai déjà souhaité d'ailleurs il y a plusieurs mois, est un débat qui vise à rénover le concept de laïcité, à adapter la laïcité française à une situation nouvelle que chacun connaît et qui est posée par le fait qu'il y a aujourd'hui une religion, l'Islam qui est beaucoup plus importante sur le sol national qu'elle ne l'a été dans le passé. Alors je pense que oui, c'est un débat qui est utile. Mais seulement dans ce cadre là, et donc je veillerai à la place qui est la mienne à faire en sorte que ce débat ne dérive pas.

Il faut le rebaptiser alors : c'est le concept de laïcité en France aujourd'hui?

C'est certainement pas un débat sur l'Islam. C'est un débat sur le concept de laïcité...

Vous avez mal compris le Président de la République ?

Vous savez qu'il y a des questions qui se posent. La question des lieux de prière, c'est une question. Personne ne peut ignorer que la prière dans la rue, c'est lié au fait qu'il n'y a pas assez de lieux de prières. Comment finance-t-on les lieux de prières ? Voilà une question qui mérite d'être posée et qui ne doit pas être tabou. Il y a la question qui est posée de la formation des imams. C'est une question que tout le monde connaît et qui est sur la table, et qui n'a pas été correctement traitée. Voilà ce sont des questions qui doivent être posées.

Vous l'avez dit, François Fillon, au début de cette intervention, Michèle Alliot-Marie, selon vous, a été attaquée injustement. Et vous avez cédé à ces attaques.
Brice Hortefeux n'a été attaqué par personne. Et à la surprise de tout le monde, vous l'enlevez du ministère de l'Intérieur. Pourquoi ?

C'est une décision qui n'a rien à voir, et qui est liée à plusieurs sujets. D'abord, il y a des défis à relever en matière de sécurité et d'immigration qui vont croissant. Et avec le Président de la République, nous avons estimé que la personne qui était la mieux placée pour relever ces défis, était Claude Guéant. D'abord, parce que c'est un homme qui a exercé à peu près toutes les fonctions au ministère de l'Intérieur, qui connaît parfaitement ce ministère et qui nous a semblé être le mieux à même de conduire une nouvelle étape de la politique de sécurité et d'immigration, au moment où nous estimons qu'elle est nécessaire.

Et deuxièmement, mais ce n'est pas à moi de rentrer dans ce débat, le président de la République a souhaité modifier son organisation. Il appellera, auprès de lui, Brice Hortefeux comme conseiller politique dans un contexte dont chacun peut comprendre qu'il a va être éminemment politique dans les prochaines semaines et les prochains mois.

Brice Hortefeux n'était pas capable de faire face à la nouvelle situation ?

Brice Hortefeux a fait un travail tout à fait remarquable, mais il sera certainement plus utile auprès du Président de la République dans les circonstances qui s'annoncent.

Pour quelles raisons sera-t-il plus utile auprès du Président de la République ?

Je vous laisse quand même les deviner...

Non. Je n'ai pas un don de devin !

On avance vers des échéances politiques qui nécessitaient que le Président de la République réorganise son équipe.

Pouvez-vous préciser votre pensée ?

Non, je ne le préciserai pas plus, Monsieur Aphatie, malgré votre insistance...

Lu dans le "Journal du Dimanche", hier, cette phrase de Nicolas Sarkozy à votre propos, François Fillon : "Il se planque, il ne me sert à rien, on ne l'entend plus".

D'abord, je ne crois pas du tout que le Président de la République ait prononcé ces paroles. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, cette semaine. Vous savez, depuis quatre ans que Nicolas Sarkozy m'a confié la mission de Premier ministre, j'ai entendu successivement dire que je n'étais personne, puis que je lui avais imposé ma nomination, en novembre dernier, puis que j'étais un hyper-Premier ministre, puis, il y a quelques jours - dans un grand hebdomadaire - que j'étais en train de préparer ma candidature aux élections présidentielles contre lui. Bon ! Tout cela, évidemment, n'a absolument aucun sens. La seule chose qui est vraie, c'est que, moi, je ne parle que quand j'ai des choses à dire. Ce matin, j'ai des choses à dire, Jean-Michel Aphatie, parce que nous avons pris des décisions. La semaine dernière, je n'en n'avais pas, en tout cas pas s'agissant de la presse.

Et enfin, j'ai noté dans tous les commentaires que j'ai lus, ces derniers jours, qu'on me reprochait de ne pas être intervenu pour répondre à Dominique Strauss-Kahn. Quelle conception de la vie publique, quelle conception du fonctionnement des institutions que d'imaginer que le Premier ministre de la République française doit polémiquer avec le directeur général du Fonds Monétaire International ?

Il n'y a pas aujourd'hui - décidément, les journalistes n'écrivent que des choses fausses - un problème, à nouveau, entre Nicolas Sarkozy et vous ?

Non, je ne dis pas que les journalistes écrivent que des choses fausses. Je pense qu'ils sont souvent mal informés ou informés par des gens qui ont des intérêts à les informer. Les relations entre le Président de la République et moi n'ont jamais été aussi confiantes, monsieur Aphatie.

Puisque vous le dites, François Fillon ! L'élection présidentielle de 2012 est-elle déjà perdue pour Nicolas Sarkozy ?

Ce qui compte, aujourd'hui, pour le gouvernement et pour Nicolas Sarkozy, ce n'est pas 2012, c'est 2011. C'est - non mais, je vais vous répondre...

Si je peux me permettre de vous interrompre ? Vous savez, les auditeurs vous ont entendu, tout à l'heure. Ce que vous avez suggéré, c'est bien Nicolas Sarkozy prépare 2012.

Vous savez que c'est mon souhait, je l'ai toujours dit.

Donc, 2012, c'est quand même une question importante !

Ce qui compte aujourd'hui, c'est 2011. Pourquoi ? Ce qui compte, c'est de savoir si, en 2011, on va atteindre notre objectif de croissance, 2%. Il est atteignable. On a fait 1,5%, l'année dernière. Les investissements des entreprises ont largement repris. La question qui se pose pour 2011, c'est : est-ce qu'on va faire baisser le chômage ? Il y a des chiffres encourageants, au début de l'année, mais ces chiffres encourageants, il faut maintenant les confirmer. La question qui se pose, c'est : est-ce qu'on va réussir la réforme de la dépendance ? La question qui se pose, c'est : est-ce qu'on va réussir la réforme de la justice, en amenant des jurés populaires pour mieux associer les citoyens aux décisions des tribunaux correctionnels ? Et, une fois qu'on aura fait ça, alors, la question se posera du débat électoral sur la base d'un projet, qu'on est en train d'élaborer, et sur la base d'une question qui est la crédibilité.

Vous êtes en train d'élaborer un projet, François Fillon ?

On est en train d'élaborer un projet, bien entendu. Et la crédibilité de Nicolas Sarkozy, la crédibilité de Nicolas Sarkozy, la crédibilité des candidats de la Majorité.

Vous voyez les sondages, vous voyez les études d'opinions, vous voyez que ça ne va pas très fort pour Nicolas Sarkozy. Vous le voyez comme nous ?

Je le vois comme vous, mais j'y accorde aucune importance, car les sondages ne compteront que lorsqu'on aura un candidat désigné à Gauche, et qu'on sera engagé dans la campagne électorale avec un candidat désigné à Droite. Ca n'est pas le cas aujourd'hui.

Vous avez de meilleurs sondages que Nicolas Sarkozy, aujourd'hui François Fillon.

Ca n'est pas le cas aujourd'hui, et je considère, Jean-Michel Apathie, que l'outrance de la Gauche à l'égard du Président de la République, à un moment donné se retournera contre le Parti socialiste. J'ai entendu cette semaine, un responsable socialiste dire que "la France vivait un des pires moments de son Histoire". J'ai entendu madame Aubry, il y a quelques semaines, comparer le Président de la République, à monsieur Madoff. J'ai vu une campagne des jeunes socialistes qui compare le Président de la République à Hitler. Franchement, je pense que cette attitude, est une attitude qui sera jugée très sévèrement par les Français, le moment venu.

Je croyais qu'un Premier ministre n'était pas là pour polémiquer et répondre aux opposants.

En l'occurrence, je suis en tant que citoyen choqué, par cette manière d'exercer l'action politique.

C'est dit. Alain Juppé pourrait il être un candidat de substitution à Nicolas Sarkozy si celui ne pouvait pas se présenter François Fillon ?

Mais cette question ne se pose absolument pas, monsieur Apathie.

Des questions de journalistes auxquelles vous ne réfléchissez jamais ?

Non, c'est une question qui ne se pose pas, parce que les relations qui sont les miennes avec Alain Juppé, les relations qui sont les miennes avec Nicolas Sarkozy me permettent de vous dire, que c'est une question qui ne se pose pas.

Cette interview se termine. Je voudrai juste revenir sur ce qui était notre début. Il y a tout de même étonnant de vous entendre dire, vous qui avez une image particulière, François Fillon, celle d'un homme rigoureux, que Michèle Alliot-Marie n'a commis aucune faute lors de son déplacement en Tunisie, dont je rappelle que, elle a utilisé un jet privé appartenant à un homme d'affaires local, qui a lui même vendu un appartement à ses parents et que ça a semblé tout de même à beaucoup, énorme.

Je comprends parfaitement, comment dirais-je, la réaction qui a été celle de l'opinion publique, je pense que Michèle Alliot-Marie, non plus, n'a pas su trouver les mots pour se défendre, mais en même temps, je dis aux Français que Michèle Alliot-Marie n'a pas commis de faute au sens moral en utilisant l'avion d'un ami personnel, de longue date, et que ses parents ont le droit de s'acheter un appartement en Tunisie. Ce ne sont pas des fautes en tant que telles. Elle n'a pas transgressé de loi. La question est différente.

François Fillon, qui avait des choses à dire, et qui les a dites sur RTL ce matin.   

François Fillon
(Photo F.Bukajlo / Abacapress pour RTL)

Ecoutez aussi sur RTL.fr :

- Remaniement : MAM et Hortefeux quittent le gouvernement
- Allocution : Nicolas Sarkozy confirme le remaniement
- Remaniement : les réactions sur RTL
- Alain Juppé, nouvel homme fort du gouvernement
- Hortefeux : pourquoi l'ami de 30 ans quitte-t-il le gouvernement ?

par La rédaction de RTLJournalistes RTL
Suivez La rédaction de RTL sur :
VOUS AIMEREZ AUSSI
PLUS DE VIDÉOS
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

article
7664002849
Fillon sur RTL : le départ de MAM, "une décision politique"
Fillon sur RTL : le départ de MAM, "une décision politique"
François Fillon était l'invité exceptionnel de RTL lundi matin. Au lendemain de l'allocution du président de la République, qui a remanié les postes régaliens de son gouvernement, le Premier ministre a répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie entre 7h40 et 8 heures. A propos du départ de MAM du Quai d'Orsay, il a affirmé qu'il s'agissait d'une "décision politique et pas morale". Selon lui, "la voix de Michèle Alliot-Marie n'était plus audible car elle faisait l'objet d'une campagne". François Fillon a annoncé que deux avions français allaient partir "dans quelques heures" pour Benghazi, ville de l'est de la Libye aux mains des opposants au colonel Kadhafi, évoquant le début d'une opération humanitaire "massive". Le gouvernement français étudie des solutions militaires au problème que pose Kadhafi. "Si le débat sur l'islam devait conduire à stigmatiser les musulmans, je m'y opposerais", a-t-il par ailleurs indiqué.
http://www.rtl.fr/actu/politique/fillon-sur-rtl-le-depart-de-mam-une-decision-politique-7664002849
2011-02-28 18:02:00
http://media.rtl.fr/cache/v226SG2LCQcwGGAsIf714w/330v220-2/online/image/2011/0228/7664218076_francois-fillon-face-a-jean-michel-aphatie.JPG