Espionnage : François Hollande contredit Fleur Pellerin

Pour Fleur Pellerin, les soupçons d'espionnage américain sur l'UE ne doivent pas perturber la négociation sur les accords de libre-échange entre les États-Unis et l'Europe. L'exact opposé de ce qu'a affirmé François Hollande lundi.

François Hollande, président de la République
Crédit : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
François Hollande, président de la République

Elle semblait convaincue, lundi matin, au micro de BFMTVFleur Pellerin l'assurait, à contre-courant des discours répétés depuis samedi : les soupçons d'espionnage des Etats-Unis sur l'Union européenne ne devaient pas remettre en cause les accords de libre-échange actuellement négociés entre les deux rives de l'Atlantique. 

Il ne faut pas mélanger tous les sujets.

Fleur Pellerin

"Vous êtes d’un côté dans une négociation commerciale qui porte sur un accord de libre-échange, et de l’autre sur une affaire qui est d’ordre diplomatique et politique", commentait la ministre déléguée aux PME, à l'Innovation et à l'Économie numérique. "Il ne faut pas mélanger tous les sujets", ajoutait-elle, soulignant l'absence, qui plus est, de "preuves" dudit espionnage.

Crédit : DR
La une de "Der Spiegel"

Ce discours allait à l'encontre d'autres, prononcés dès samedi et la publication des informations du Der Spiegel. Sur l'antenne de RTL, dimanche, Daniel Cohn-Bendit proposait d'arrêter "tout de suite les négociations pour un accord de libre échange" avec l'administration Obama, et même d'aller plus loin en dénonçant "tous les accords passés avec les Américains".

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Problème : sur ce sujet-là, François Hollande est plus en phase avec le député européen d'EELV qu'avec sa propre ministre. "On ne peut avoir de négociation, de transaction, sur tout domaine, qu’une fois obtenues ces garanties (que l'espionnage a cessé, ndlr)", a indiqué lundi le chef de l'Etat.

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Hollande hausse le ton vis-à-vis des Etats-Unis Crédit : Marie-Bénédicte Allaire

Ce n'est pas la première fois que Fleur Pellerin est, semble-t-il, coupable d'excès de vitesse verbal. Début mai, la ministre déléguée aurait moyennement apprécié le rejet de l'offre de rachat de Dailymotion par Yahoo!. Selon France Info, elle "aurait trouvé hallucinante l'attitude de l'ingérable Arnaud Montebourg", en première ligne à l'époque contre l'offre du géant américain. 

Peu après, Fleur Pellerin avait défendu le ministre du Redressement productif. "L'État était légitime à faire connaître sa position dans le dossier, parce qu'il est l'actionnaire de référence d'Orange. L'accord avec Yahoo! n'était pas suffisamment équilibré : il aurait pu conduire à une absorption totale et à une disparition de Dailymotion", avait-elle dit. Un mois plus tard, citée par Le Monde, elle avait pourtant promis que "ce n'est pas une stratégie du gouvernement que de s'immiscer dans des négociations". 

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par La rédaction numérique de RTL
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