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DSK / Tron - Jean-François Copé : "Ce n'est pas la vie privée mais des abus de pouvoir"

Jean-François Copé, le secrétaire Général de l'UMP, répondait lundi matin aux questions de Philippe Corbé. Après la démission de Georges Tron en raison des accusations de harcèlement ou d'agression sexuelle portées contre lui, l'ancien ministre a expliqué la vision de la majorité sur cette affaire en rappelant l'importance de la présomption d'innocence ainsi qu'à la lumière de l'affaire DSK.

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, sur RTL le 5 janvier 2011
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, sur RTL le 5 janvier 2011 Crédit : RTL
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La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Bonjour Jean François Copé
Bonjour

Samedi, au Conseil national de l'UMP, vous avez évoqué la présomption d'innocence, un principe essentiel qu'il s'agisse du directeur général du FMI ou d'un ministre avez-vous dit. Allusion bien entendu...
Comme d'un simple citoyen.

Comme d'un simple citoyen, c'était la fin de la phrase. Et pourtant, Georges Tron débarqué hier. Présomption d'innocence balayée, oubliée.
Non, je crois qu'il y a deux points distincts. Il y a effectivement la présomption d'innocence et il y a d'autre part le fait que cette affaire prenant une ampleur forte, il était effectivement plus sage pour Georges Tron de sortir du gouvernement, sinon et pour le gouvernement et pour lui, la situation aurait été alors vraiment à l'inverse de la présomption d'innocence qu'il pouvait attendre.

Parce qu'il y a un contexte particulier, l'affaire DSK. Ca a pesé ?
Oui, probablement, mais je crois que même sans l'affaire DSK, ça aurait été très lourd à porter quoiqu'il arrive compte tenu de ce qui est évoqué, qui est quand même une situation très très particulière, il faut bien le dire.

Est-ce qu'il n'y a quand même pas eu, comme le disait Alain Duhamel, une sorte de nouvelle tendance, est-ce qu'une digue a sauté peut-être dans la vie politique, avec l'affaire DSK ? Une américanisation de la vie politique en train d'apparaître ?
Moi j'aime pas beaucoup le terme "américanisation". Le problème n'est pas là. Le problème c'est de savoir si oui ou non il y a abus de pouvoir. Le vrai sujet est là. Pourquoi est-ce qu'on dit, "il y a des digues qui ont sauté à propos de DSK" ? Il n'y a pas de digues qui ont sauté.

La vie privée des femmes qui vont raconter que les hommes politiques faisaient pression sur elles.
Ecoutez, enfin... Attendez, si ça doit être cela et que c'est avéré, parce que je demande... Je veux dire, il faut que les faits soient avérés. Méfions-nous aussi de ce qui peut apparaître dans l'autre sens comme telle ou telle tentation. Mais enfin, s'il y a bien des abus de pouvoir, c'est-à-dire des choses qui sont illégales, le harcèlement moral, le harcèlement sexuel, c'est quelque chose d'atroce. Donc si effectivement, de ce point de vue, des choses qui étaient dissimulées jusqu'à présent sont désormais connues. Mais attendez... Tant mieux. C'est que là, pour le coup, pour moi, il n'y a rien de choquant à cela, bien au contraire. Mais je voudrais insister là-dessus, parce que j'écoutais ce que disent d'ailleurs Alain Duhamel mais beaucoup de commentateurs. On ne fait pas sauter des digues dans cette affaire là. On rétablit les choses. C'est pas pareil. C'est pas la vie privée ça. C'est des abus de pouvoir. C'est très grave, vous comprenez. Donc je crois que là-dessus, effectivement, les choses doivent être dîtes, bien sûr.

Ce qui était peut-être aussi compliqué pour Georges Tron, c'est que depuis deux semaines, le président de la république, le premier ministre, l'UMP étaient sur le thème de la morale, des valeurs suite à l'affaire DSK, et que cette affaire Georges Tron vous empêchait finalement d'engranger avec le spectacle du feuilleton DSK.
Mais je vous ai répondu là-dessus. Encore une fois, avec ou sans affaire DSK, de toute façon, c'était très compliqué pour Georges Tron, mais encore une fois, ce n'était pas à moi de l'apprécier, c'était au président et au premier ministre, et à Georges Tron lui-même. Enfin, c'était très difficile d'exercer correctement ses fonctions ministérielles dans un tel contexte.

Est-ce que depuis 15 jours, l'espoir a changé de camp ?
Oh, écoutez, moi je ne suis pas dans cet esprit, je dis simplement une chose, je l'ai dit au conseil national, je constate qu'on avait décrété la mort de l'UMP, qu'il y avait même une date, c'étaient les cantonales. Ca n'a pas été une victoire, loin s'en faut, mais ça n'a pas été du tout été la bérézina proclamée par Martine Aubry. Ce que je constate depuis, c'est que voilà, on a commencé toute notre équipe à appeler à la levée en masse, et qu'on voit un petit peu les choses bouger dans le bon sens, voilà.

Vous avez même parlé d'un frémissement.
Voilà, exactement...

Vous le voyez où le frémissement ? Parce que pour l'instant dans les sondages c'est pas clair.
Oui, on lit peut-être pas les mêmes sondages. J'ai vu quand même qu'il y avait deux ou trois fois des petites remontées, mais enfin cela dit je vous arrête tout de suite, moi les sondages je les regarde probablement moins que vous, en tout cas avec peut-être moins d'angoisse que vous, puisqu'ayant été élevé, j'allais dire cela devant Alain Duhamel, mais à l'école chiraquienne, j'ai connu des périodes quand même très très mauvaises pour Jacques Chirac seulement à quelques semaines ou quelques mois du premier tour des présidentielles. C'était en 95. Donc, moi ce qui m'intéresse, c'est pas tellement ça. Ce qui m'intéresse, c'est de voir comment petit à petit, chacun se met en ordre de bataille. Et qu'est-ce qui différencie aujourd'hui l'UMP des autres partis, c'est ça qui me paraît être de plus en plus clair. Et c'est là-dessus qu'on va faire campagne. C'est de dire, voilà, l'UMP c'est le parti des droits et des devoirs. C'est le parti de la réforme. Là, vous avez un PS qui est essentiellement dans les droits. Ce week-end, on l'a vu. La nouvelle liste des augmentations d'impôts et puis de l'autre, les 300.000 emplois jeunes, etc... Nous, on est à chaque fois, dans les droits et les devoirs.

Jean-François Copé, sauf accident, Christine Lagarde devrait succéder à DSK à la tête du FMI. Est-ce que vous pourriez la remplacer au Ministère de l'économie ?
La question ne se pose absolument pas. Moi, j'ai une mission.

Vous ne l'excluez pas totalement.
Bah, si je viens de vous dire que la question ne se pose absolument pas.

La question ne se pose pas pour l'instant.
Je ne sais pas comment il faut vous le dire. Moi je pense que chacun doit être dans sa mission. J'en ai une qui est très claire jusqu'à l'élection présidentielle.

Et même si vous pouvez cumuler l'UMP et Bercy ?
Non, écoutez, perdons pas trop de temps là-dessus, ça sert à rien, je l'ai dit déjà 10 fois. Moi, j'accomplis une mission. Et encore une fois, cette mission, elle m'amène à animer notre parti jusqu'à l'élection présidentielle. Voilà, les choses sont très claires.

C'est l'information de la nuit, l'Allemagne décide de sortir progressivement du nucléaire d'ici 2022. On se dit peut-être que la France va devoir y venir d'une manière ou d'une autre.
Enfin, écoutez, moi j'y suis pour la France totalement défavorable. D'abord, la situation de la France et de l'Allemagne vis-à-vis de l'indépendance énergétique n'est pas là même, vous le savez. Nous sommes à 85% d'indépendance grâce au nucléaire. 85% de notre énergie est produite par le nucléaire, et deuxièmement, je demande que nous, Français, soyons très vigilants au niveau européen. C'est aujourd'hui un élément majeur de la puissance industrielle de la France, sachant que tout cela et les autorités indépendantes nous le confirment, sont faits dans des conditions de sûreté remarquable.

On entend tellement parler dans la bouche des hommes politiques français, de l'exemple allemande, du modèle, de la convergence entre les deux pays. Et là, il ne faudrait pas tenir compte d'une décision politique majeure, stratégique pour l'Allemagne ?
Non, la comparaison n'est pas raison sur tous les sujets. Je suis moi-même très très militant du G2 franco-allemand. Mais en terme de choix stratégique, ce qui m'intéresse dans le modèle allemand, c'est qu'ils ont une bonne part de leur économie non pas sur la consommation comme nous mais sur l'investissement et l'exportation. Et je crois que nous devons aller dans le prochain quinquennat chercher la croissance à l'exportation sur les marchés qui font de la croissance. Et deuxièmement, deuxième élément du modèle, ils ont beaucoup d'entreprises de taille intermédiaire, et nous très peu. On a beaucoup de très petites. Il faut que nos PME dans le prochain quinquennat soient des PME conquérantes, voilà.

Brièvement, c'est une autre information de la nuit : Roland Dumas, Jacques Vergès, les avocats sont en Libye et ils vont déposer plainte devant les tribunaux français contre Nicolas Sarkozy pour crime contre l'humanité. Ça vous fait sourire ?
Oh, c'est tellement indigne. Tellement indigne...

Il y a quand même un ancien ministre des affaires étrangères là-dedans.
Oui, sans doute. Vous savez, on les connaît bien ces deux-là. Que ce soit Mr Dumas ou Mr Vergès. Pour ce qui me concerne, je trouve ça indigne, oui, bien sûr.

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Jean-François Copé, le secrétaire Général de l'UMP, répondait lundi matin aux questions de Philippe Corbé. Après la démission de Georges Tron en raison des accusations de harcèlement ou d'agression sexuelle portées contre lui, l'ancien ministre a expliqué la vision de la majorité sur cette affaire en rappelant l'importance de la présomption d'innocence ainsi qu'à la lumière de l'affaire DSK.
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2011-05-30 11:57:00
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