Dominique de Villepin : "J'ai vraiment envie d'être candidat à la Présidentielle !"

VIDEO - L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, candidat à la Présidentielle, répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Alors que la date-limite pour déposer ces signatures est le 16 mars, Dominique de Villepin a assuré avoir "passé la barre des 460 parrainages, avec toujours des difficultés qui ont été un peu accrues par les informations - les désinformations - du week-end, qui me donnaient rallié à Nicolas Sarkozy, qui me donnaient jetant l'éponge". Il a assuré décroché lui-même son téléphone : "Tout le monde est au travail et j'ai vraiment envie d'être candidat car je crois qu'il y a des choses qui ne sont pas dites dans cette campagne, qui ressemble à bien des égards à une campagne de foire." Dominique de Villepin s'est réjoui, "pour le débat démocratique", que Marine Le Pen ait obtenu ses 500 signatures.

Dominique de Villepin sur RTL le 13 mars 2012
Crédit : RTL
Dominique de Villepin sur RTL le 13 mars 2012
>
Dominique de Villepin, candidat à l'Elysée : "J'ai vraiment envie d'être candidat à la Présidentielle !" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
1/

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Dominique de Villepin.

Dominique de Villepin : Bonjour.

Marine Le Pen vient d'annoncer qu'elle a ses 500 signatures. Un commentaire ?

Eh bien, je me réjouis pour le débat démocratique.

Et vous vous en réjouissez pour elle, qu'elle puisse participer ?

Bien sûr. C'est important que les points de vue qui sont les siens et qui ont un large écho dans la population française, puissent être présents lors de ce débat.

 Et vous, vous avez tout ?

Ecoutez, nous avons passé la barre des 460 parrainages avec toujours des difficultés qui ont été un peu accrues, je dois le dire, par les informations du week end. Les mésinformations du week-end.

Qui vous donnaient rallié à Nicolas Sarkozy !

Qui me donnaient rallié à Nicolas Sarkozy, qui me donnaient jetant l'éponge ; évidemment, tout ça ne rend pas facile le travail de conviction auprès des maires.

J'ai lu que vous ne décrochiez pas vous-même votre téléphone pour avoir les parrainages ?

Mais c'est faux, monsieur Aphatie.

Vous le décrochez vous-même ?...

Je le décroche moi-même.

Et vous dites : "Allo, ici Dominique de Villepin..."

Exactement.
 
Voilà.

Exactement. Non, non !

Vous avez vraiment envie d'être candidat ?

Tout le monde est au travail.

Vous avez vraiment envie d'être candidat ?

Et j'ai vraiment envie d'être candidat parce que je crois qu'il y a des choses qui ne sont pas dites dans cette campagne, qui ressemble à bien des égards à une campagne de foire. Nous avons des Hercule qui bombent les muscles et font des prouesses.

Vous avez toujours eu le sens de la formule, ça...
 
Le goût de la formule, en tout cas. Je ne suis pas sûr que tout ça change la vie des Français.

Oui. Et vous êtes sûr que vous pouvez la changer ?

Je suis sûr qu'on peut ramener cette campagne aux vrais sujets, aux vrais thèmes, aux vrais enjeux et ils ne sont pas très nombreux, vous savez.
- Comment on rassemble les Français ;
- Comment la France peut-elle s'ouvrir sur le Monde et marquer des points dans le monde ;
- Comment est-ce que la France peut entreprendre ce formidable travail de modernisation de notre modèle économique, de notre modèle social, de notre modèle de consommation.

Voyez, ce n'est pas très simple...

Non, ce n'est pas très difficile ; et moi, je...

Non, ce n'est pas très simple, j'ai dit.

Ah ce n'est pas très simple ?

(Rire !)

Et moi, j'aurai dit : comme on peut donner de l'emploi à tout le monde, mais non ?

Non, parce qu'il ne s'agit pas d'avoir une grand hotte de Père Noël ; vous savez, ce n'est pas ça une campagne électorale. Malheureusement, certains  voudraient...

... On en a connus.

Certains... Oui, oui.

Même auxquels vous avez participé avec des hottes de Père Noël qui étaient assez conséquentes.
 
Ce n'est pas forcément une bonne chose.

Ce n'est pas forcément une bonne chose. Nicolas Sarkozy, dimanche, a menacé de quitter l'espace Schengen si ce traité permettant la libre-circulation des individus à l'intérieur de la Communauté européenne, n'était pas réformé. Procédé par ultimatum auprès des autorités européennes, c'est une bonne manière de faire, Dominique de Villepin ?

Il faut avoir les moyens de le faire et il faut que ce soit crédible. Ca fait des années qu'on parle d'évolution, de modification de l'espace Schengen. A nous de faire des propositions crédibles ; à nous de faire évoluer les moyens dont dispose cet espace Schengen. Je ne crois pas qu'en l'occurence, l'ultimateur et quelques valeurs que ce soient, nous avons besoin de cet espace. Il peut être amélioré.

Ce que j'ai regretté dans le discours de Nicolas Sarkozy c'est qu'il ait abordé le volet protection et sécurité concernant l'Europe ; mais il y a un volet qui me paraît aujourd'hui au moins aussi important qui est celui de l'ambition européenne ; et ça, ça passe par une révision profonde de nos relations avec l'Allemagne.
 
Puisque nous avons dans nos mains les clefs de l'équilibre européen, ça pose la question de la réforme des statuts de la Banque centrale européenne ; ça pose la question de la mutualisation des dettes européennes ; et ça pose la question de la relance, de la croissance européenne.

Donc, je crains que la campagne ne retienne que quelques sujets mais qui demande parfois la véritable vision qui permettrait à notre pays d'avancer.

C'est une critique du Traité qui a été signé par les dirigeants européens qui restreint de manière importante les possibilités de déficits dans chaque pays ?

Ce n'est pas une critique du Traité, parce que je crois que le Traité met le doigt sur quelque chose d'important : la discipline budgétaire ; mais je crois que ce n'est pas suffisant et qu'il nous faut ajouter à la discipline budgétaire, la solidarité financière et la croissance. Je crois à l'équilibre.

Vous, vous validez, et ce n'est pas pour vous rapprocher de lui ; mais vous validez ce que dit à ce propos François Hollande ?

Pas tout à fait parce que je crois qu'on peut prendre acte.

Mais plutôt ?

On peut prendre acte de ce Traité mais on peut chercher à le compléter.

Faire payer les exilés fiscaux : c'est ce qu'a proposé Nicolas Sarkozy, hier. Bonne ou mauvaise idée ?

Vous savez, je crois qu'on ne sera jamais... Le système fiscal français ne sera jamais aussi malin, aussi ingénieux qu'un exilé fiscal.

Ce n'est pas une réponse à la question.

C'est pourtant une vraie réponse.
 
Sans doute ; mais ce n'est pas ma question.

On peut jouer. On peut jouer au chat...

... L'impôt sur les exilés : bonne ou mauvaise idée ?

Mais c'est une bonne piste de travail ; c'est une piste sympathique et je ne crois pas que ça change les choses.

Du coup, on se demande si c'est cette succession d'annonces qui permettent à Nicolas Sarkozy dans un sondage Ifop (Alain en parlait) de devancer pour la première fois depuis cet automne, François Hollande dans les intentions de vote.

Oui, vous avez parlé de grande hotte de Père Noël. Oui, oui, bien sûr ! L'addition des mesures donne le sentiment d'un véritable changement possible. A la vérité quand on prend chacune de ces mesures - prenons l'exemple du "Small Business Act" ou de "Buy American Act"...-, tout ça est dans les circuits depuis des années et des années ; tout ça est très, très difficile parce qu'il y a des conventions européennes. On parlait des exilés fiscaux. Nous sommes tenus par des conventions qui fait que ce sera moins difficile avec les pays européens.

Avec la Suisse, on pourrait imaginer de rénégocier une convention. Tout ça est très difficile, très contraint de très faibles marges de manoeuvre ; mais c'est formidable à quel point on peut s'inventer libre à quelques semaines d'une élection présidentielle comme si le Président de la République avait tous les pouvoirs. Nous savons que ce n'est pas le cas.

Ce n'est pas une campagne sérieuse que fait Nicolas Sarkozy ?

Je ne dis pas que ce n'est pas une campagne sérieuse ; mais disons que c'est une vraie campagne avec ce que ça suppose de promesses qui, par définition, ne seront pas tenues. Moi, vous savez, je suis peut-être plus que d'autres politiques, comptable des promesses non tenues parce je sais qu'elles laissent des traces dans la démocratie, dans l'esprit des Français. Donc, j'aimerais...

... C'est une auto-critique que vous esquissez ?

Oui, enfin c'est une auto-critique de la politique qui a été menée depuis trente ans.

Mais vous concernant, une auto-critique de ce que vous avez connu avec Jacques Chirac, par exemple, en 1994 ?

Absolument. Absolument. J'aimerais que nous nous recentrions sur ce qui fait le cœur du problème français ; et le cœur du problème français, c'est que la France sombre, la France s'efface et que pour qu'elle revienne aux avant-postes, il y a un formidable travail à faire.

On ne dit pas aux Français à quel point ils vont devoir faire des efforts ; et s'ils ne les font pas, eh bien écoutez, l'Histoire passera.

Un second mandat de Nicolas Sarkozy, ce serait une bonne chose ou pas une bonne chose ?

Eh bien, ça dépend de lui. Et ça dépend des Français.

De votre point de vue ?

Pouf ! Ecoutez, on verra, on verra les propositions qui seront peut-être plus sérieuses dans le cadre de l'entre-deux tours. La campagne de premier tour, c'est vrai que ça ressemble un peu à une kermesse.

Vous soutiendrez quelqu'un si vous n'arrivez pas à être candidat vous-même ?

Ah, je souhaite pouvoir... D'abord, je veux me battre jusqu'au bout pour obtenir les signatures ; mais je souhaite pouvoir m'engager dans cette campagne. Je ne fais pas partie des tièdes, je crois qu'il y a un intérêt général et mon critère, il est simple, vous savez : c'est le rassemblement des Français.

Donc, vous soutiendrez quelqu'un ?

Je soutiendrai, en tout cas, un principe : le rassemblement des Français et je soutiendrai, je l'espère, celui qui sera le mieux placé pour le faire.

Donc, vous ne pouvez pas soutenir François Hollande tout de même ; ça serait une surprise ; donc vous n'avez pas beaucoup de choix ?

Monsieur Aphatie, ne jetez aucune exclusive ; je suis un homme de grande tolérance.

C'est vrai ; vous pourriez soutenir éventuellement François Hollande ?

Je suis un homme de grande tolérance et de beaucoup d'expériences.

Dominique de Villepin qui espère être candidat ; sinon, on pourrait avoir des surprises.

Vincent Parizot : Et qu'il décroche son téléphone pour parler directement...   

Et il le décroche, il le décroche. Voilà. Il était ce matin sur RTL.

Ecoutez, un tiers des parrainages que nous avons obtenus viennent de l'Outre-Mer. C'est dire à quel point l'Outre-Mer qui est si absente de la campagne, comme d'ailleurs les banlieues, mériterait davantage d'attention, en tout cas en ce qui me concerne. Je serai là pour les défendre.

Bonne journée.   
2012 et vous

par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
Suivez Jean-Michel Aphatie sur :
VOUS AIMEREZ AUSSI
PLUS DE VIDÉOS
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7745344170
Dominique de Villepin : "J'ai vraiment envie d'être candidat à la Présidentielle !"
Dominique de Villepin : "J'ai vraiment envie d'être candidat à la Présidentielle !"
VIDEO - L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, candidat à la Présidentielle, répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Alors que la date-limite pour déposer ces signatures est le 16 mars, Dominique de Villepin a assuré avoir "passé la barre des 460 parrainages, avec toujours des difficultés qui ont été un peu accrues par les informations - les désinformations - du week-end, qui me donnaient rallié à Nicolas Sarkozy, qui me donnaient jetant l'éponge". Il a assuré décroché lui-même son téléphone : "Tout le monde est au travail et j'ai vraiment envie d'être candidat car je crois qu'il y a des choses qui ne sont pas dites dans cette campagne, qui ressemble à bien des égards à une campagne de foire." Dominique de Villepin s'est réjoui, "pour le débat démocratique", que Marine Le Pen ait obtenu ses 500 signatures.
http://www.rtl.fr/actu/politique/dominique-de-villepin-j-ai-vraiment-envie-d-etre-candidat-a-la-presidentielle-7745344170
2012-03-13 11:15:00
http://media.rtl.fr/cache/Vxd0Ch22LpEeECy6ycmxfQ/330v220-2/online/image/2012/0313/7745348362_dominique-de-villepin-sur-rtl-le-13-mars-2012.jpg