Sarkozy, Hollande, Schneidermann (mazette!) 29/02

La campagne, toujours la campagne.





Depuis le début de la semaine, de nouvelles propositions. « Enfin, on rentre dans le dur, dans le précis », se réjouit le journaliste Daniel Schneidermann,  mon principal détracteur, impossible d’écrire ennemi ou adversaire car il faut être deux pour danser le tango et lui opère seul ses moulinets avec son sabre de bois.

Hier à Montpellier, Nicolas Sarkozy a proposé aux professeurs du secondaire de travailler plus et donc de gagner plus. Et le plus qu’ils gagneront, ces professeurs, ne coûtera rien à l’Etat puisque la somme à dépenser sera prise sur les économies réalisées par les suppressions de postes dans la fonction publique. « Moins de professeurs mieux payés ». Alléluia et toute cette sorte de choses.

En politique, la sémantique fait des miracles. Parce que les faits, eux, sont non seulement têtus, comme le dit d’une voix grave et sans accent Emmanuel Todd, et dont la pensée a inspiré Lénine, si si, je vous jure, c’est dans ce sens l’inspiration, pas dans l’autre, mais en plus ils sont consultables sur Internet.

Savez-vous, chers amis de Daniel Schneidermann et d’Emannuel Todd réunis, que la diminution du nombre de fonctionnaires dans l’appareil d’Etat n’a pas du tout allégé le poids de la masse salariale du même Etat ? Incroyable, non ? Moins de fonctionnaires et zéro économie budgétaires. Vous doutez ? Voyez ce lien. Entre les augmentations automatiques et volontaires, et les heures supplémentaires, le pouvoir central dépense autant, voire plus, pour payer ses fonctionnaires dont il réduit pourtant le nombre.

Ainsi, assurer publiquement que la sur rémunération proposée aux professeurs du secondaire sera financé par des suppressions de postes ne correspond pas à la réalité.

Par ailleurs et d’autre part, je sais qu’Emmanuel Todd s’en fout de mes raisonnements économiques mais je crois que ce n’est pas une raison pour ne pas les tenir, tous ces raisonnements de dépenses, toutes ces promesses, se font dans une situation de déficit budgétaire abyssale et colossale. Le défi de la politique aujourd’hui, selon les engagements européens que nous prenons pour préserver l’euro, c’est de réduire les déficits, pour parvenir à l’équilibre dès 2015 dit François Bayrou, dès 2016 dit Nicolas Sarkozy, dès 2017 dit François Hollande.

Mais au rythme des promesses de dépenses, jamais nous ne serons au rendez-vous. D’où la question simple, trop simple pour qu’un esprit supérieur s’abaisse à y répondre : veut-on vraiment conserver une monnaie commune avec l’Allemagne ? Si oui, tout ce qui est dit pendant cette campagne est faux et falsificateur. Si oui, vraiment oui, l’élu de demain, quel qu’il soit, mènera une politique très différente de ses discours de campagne.

Ceci, il faut le dire et le répéter, avec et sans accent, en se moquant des insultes d’Emmanuel Todd, de sa goujaterie, de son racisme social et de son racisme tout court.

De la même manière que celle du président sortant, la tonalité de campagne de François Hollande n’est pas juste. Le problème de la France n’est pas la taxation des hyper riches. Le problème de la France, c’est le niveau de dépense de son Etat. C’est ce problème là qu’il faut analyser. La taxation à 75% des revenus supérieurs au million annuel rapportera, de l’aveu même de François Hollande, deux cents ou trois cents millions d’euros. Elle ne résoudra rien, sur le fond. Inutile donc de s’étriper sur le bien ou le mal fondé de la mesure.

A ce propos, voyez comme le journaliste Daniel Schneiderman est manipulateur, ce qui n’est pas forcément dans les valeurs du journalisme. Par un tweet, je me suis permis hier d’ironiser sur l’annonce des 75% par François Hollande. Horreur et sacrilège ! Ironiser à propos du candidat socialiste ? Mais vous n’y pensez pas ? Quelle offense, quel manque de goût… Du coup, ce n’est plus de l’ironie, c’est de l’hostilité, et le journaliste se permet ce titre, ben voyons, pourquoi donc être honnête les années bissextile?

APHATIE AU SECOURS DES RICHES

Carrément ! Rien que ça ! Deux mots, un tweet, et vous êtes avec les riches, comme infamie, il n’y pas pire…

A quel moment ai-je dit, écrit, cela ? Jamais, nulle part. Mais le journaliste Daniel Schneidermann s’en fout bien des faits, dont son copain Todd pense qu’ils sont têtus, et si Todd pense un truc c’est forcément vrai. L’important pour le journaliste Daniel Schneidermann, c’est de pouvoir écrire sa petite cochonnerie, c’est son plaisir, pourquoi donc s’en priverait-il ?

La suite de son billet, je la copie volontairement entièrement. Sa vision caricaturale de ce que sont les auditeurs de RTL corrobore à merveille ce mépris social que je stigmatisais dans un billet précédent. Voyez le poulet:

Sacré Aphatie ! Le Méritocrate républicain de RTL, Canal+ et Gala, qui recevait ensuite Alain Juppé, sollicita sa réaction. Et répéta par deux fois une information stupéfiante: sur la proposition de Hollande, les auditeurs de RTL seraient "partagés". La chose était manifestement inattendue. L'auditorat de RTL est d'habitude un corps unanime, qui considère unanimement, dans sa sagesse immanente, que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde (encore qu'elle doive être généreuse) ou que les profs se la coulent douce, tout de même, par rapport à d'autres (encore qu'ils ne font pas un métier facile, reconnaissons-le).

Mais cette fois, les auditeurs étaient "partagés". Entendez: certains d'entre eux, manifestement insensibles à la bonne parole aphatienne parfumée au cassoulet (oups, je n'ai rien dit), ne considéreraient pas forcément spoliatoire et confiscatif un système dans lequel un heureux salarié gagnant un million d'euros par an, ne bénéficie plus, après impôts, abattements, et niches, que d'environ 400 000 euros disponibles. Peut-être même cette mesure lui parait-elle juste. Il reste du travail à Aphatie. Mais il sait faire. Et c'est précisément la raison pour laquelle les plus prestigieux médias se le disputent.

Après cela, tout commentaire est superfétatoire. Probablement, Daniel Schneidermann se saisira-t-il d’autres tribunes, le lundi matin par exemple, dans un grand quotidien, pour expliquer que RTL est une radio de beaufs et votre serviteur l’avocat des riches. Mais la vérité est ailleurs. Elle est dans cet épouvantable esprit de supériorité intellectuelle, dans cet insondable mépris des autres que restitue bien la formule : « parfumée au cassoulet ».

Pas de quoi être fier, vraiment.  

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2012-02-29 10:33:00