Réponse à Julien Joly 05/04

Julien Joly est le fils d’Eva Joly. Il m’a mis en cause, sévèrement, dans un papier publié par le site Rue 89. D’où cette réponse.



Le papier de Julien Joly est accessible ici. Il contient quelques erreurs factuelles, notamment sur les horaires, ce qui a son importance, et néglige, faute de les posséder, quelques éléments factuels.

Une chronologie de l’histoire permet de bien comprendre la situation.

Dimanche soir, un peu avant 22h30, la responsable de la presse dans l’organisation de campagne d’Eva Joly m’appelle sur mon téléphone portable. Ayant loupé son appel, je la rappelle. Elle m’informe alors qu’Eva Joly a fait une chute, sans me préciser le lieu et les circonstances, et m’indique qu’elle ne pourra pas être, comme cela était prévu, sur RTL le lendemain matin, 2 avril.

Elle me propose, dès ce premier coup de téléphone, de remplacer Eva Joly par Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat. Et sur le champ, je renâcle, ce que mentionne justement Julien Joly dans son papier, mais sans exposer les raisons.

La matinale de RTL est un temps radiophonique fort. Recevoir, dans cette période, une candidate à l'élection présidentielle correspond à un temps fort. Si celle-ci fait défaut, il faut que son remplaçant ait une position institutionnelle elle-même assez forte. Spontanément, il me semble que le remplaçant le plus indiqué, et le plus en situation pour évoquer l’empêchement de la candidate et ses conséquences, est le chef du parti. D’où ma demande, immédiate, de pouvoir recevoir Cécile Duflot, secrétaire générale d’Europe Ecologie-Les Verts. Ceci n’est en rien une forme de défiance vis-à-vis de Jean-Vincent Placé. Il s’agit juste d’une réflexion institutionnelle.

Finalement, étant déjà engagée sur I télé, n’étant pas par ailleurs séduite par ma proposition d’enregistrer l’interview à 7h ou 7h15 pour la diffuser à 7h50, Cécile Duflot décline mon offre. Jean-Vincent Placé la remplacera, pour une interview tonique et intéressante.

Il se trouve, puisque chaque détail compte dans cette histoire, que Jean-Vincent Placé a été un long moment injoignable. Il était au cinéma figurez-vous, spectateur du film de Benoit Jacquot, « Les adieux à la reine », qu’il a d’ailleurs beaucoup apprécié, m’a-t-il dit. Lui et moi nous sommes parlés très tard ce soir-là, après minuit, et c’est à ce moment-là que nous avons conclu notre rendez-vous matinal sur RTL.

La chronologie est ici importante : informé avant 22h30 de l’indisponibilité d’Eva Joly, j’ai eu la certitude de l’identité de son remplaçant pratiquement deux heures plus tard. Et entre temps, j’ai téléphoné. A qui ? A des dirigeants écologistes. Tous, assez vite, étaient informés de la mésaventure survenue à la candidate. L’un d’entre eux m’a dit, au détour de la conversation, il était plus de 23 heures, que l’enregistrement des émissions télévisées officielles prévue pour le lendemain, étaient annulé. Et le même m’a dit : « La campagne est momentanément suspendue.» Un autre dirigeant écologiste, manifestement renseigné sur l’incident lui-même, m’a expliqué que des examens médicaux étaient nécessaires, qu’ils seraient effectués dans la matinée ou la journée du lundi. « La campagne va donc être interrompue », me dit-il.

Ce sont là, évidemment, des informations importantes. L’empêchement, fût-il temporaire et bref, d’un candidat à l’élection présidentielle peut perturber le fonctionnement de l’élection. Au moment où se déroulent ces conversations, j’ai une pleine conscience de leur signification.

Vers 23h30, un élément nouveau survient : la nouvelle de l’accident d’Eva Joly commence à se répandre. Son fils, Julien, n’a peut-être pas pris l’exacte mesure des choses. La chute de sa mère a sans doute eu des témoins. A l’évidence, sa présence aux urgences de Cochin en a eu aussi. En clair, l’information ne restera pas longtemps confidentielle.

Depuis le début de cette histoire, je suis en contact avec la direction de la rédaction de RTL. Vers 23h45, j’informe la direction de la situation exacte, de la suspension temporaire de la campagne d’Eva Joly, et nous évaluons alors l’intérêt ou non de rendre publique une information qui commence déjà à circuler.

Ainsi, dans le flash de minuit, ceci est évidemment vérifiable, le journaliste de permanence indique, sur l’antenne, qu’Eva Joly est hospitalisée et que sa campagne est momentanément interrompue. Ce n’est qu’après cette diffusion sur l’antenne que je reprends l’information sur mon compte twitteur. Nul sensationnalisme dans la démarche. Simplement un travail d’information. Et une information juste puisque la campagne de la candidate écologiste a effectivement été momentanément suspendue.

Je peux comprendre l’état d’esprit de Julien Joly qui pense que l’incident dont sa mère a été la victime n’aurait pas dû être divulgué par des tiers. Mais c’est l’essence même du journalisme qui conduit à déposséder les acteurs des faits qui les concernent quand ces faits touchent à la vie publique. Me reprocher de l'avoir fait répond davantage à la force des émotions éprouvées qu’à l’analyse des obligations professionnelles des différents acteurs d’une démocratie.  

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Réponse à Julien Joly 05/04
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Julien Joly est le fils d’Eva Joly. Il m’a mis en cause, sévèrement, dans un papier publié par le site Rue 89. D’où cette réponse.
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2012-04-05 11:04:00