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Mélenchon ou le tournant nationaliste 25/03

Ce week-end, le Parti de gauche, présidé par Jean-Luc Mélenchon, a tenu son congrès à Bordeaux. Retour sur l’évènement.

1/ Samedi matin, à la tribune du congrès, le vice-président du Parti de gauche, François Delapierre a évoqué ainsi l’action des 17 ministres de la zone euro vis-à-vis de Chypre : « Dans ces 17 salopards, il y a un Français, il a un nom, il a une adresse, il s'appelle Pierre Moscovici et il est membre du Parti socialiste. »


2/ La démocratie se construit dans le dialogue. Si l’une des parties au débat démocratique s’autorise l’insulte, « salopard », c’est donc qu’elle reconnait à l’autre le droit à l’insulte. Comment imaginer un débat démocratique ainsi organisé ?


3/ Dans la phrase citée, une mention surprend encore davantage. Pierre Moscovici, est-il précisé, « a une adresse ». Que veut suggérer l’orateur aux centaines de personnes qui l’écoutent ? Qu’il est physiquement possible d’aller à la rencontre du « salopard » en question ? Et dans quel but ? Il y a là une équivoque qui rend incompréhensible l’évocation de l’existence d’une adresse dans l’argumentaire de l’homme politique.


4/ Commentant, pour la soutenir, la phrase de son vice-président, Jean-Luc Mélenchon a dit de Pierre Moscovici, ministre de l’économie dans le gouvernement français, ceci : « Il ne pense plus en français, il pense dans la langue de la finance internationale. »


5/ Ainsi, pour le président du Parti de gauche, Pierre Moscovici défend moins les intérêts du peuple français qu’il représente que les intérêts de la finance internationale qu’il côtoie dans ses fonctions.


6/ Ce genre d’accusation est une ritournelle en France. Dans les années trente, Léon Blum fut accusé de travailler pour Moscou. Le propos, réitéré, encouragea même des têtes folles au lynchage physique auquel le leader socialiste échappa de justesse. Dans les années cinquante, Pierre Mendès-France fut accusé, lui, de travailler au démantèlement de l’empire colonial français pour le plus grand profit du monde anglo-saxon. Un jour de fièvre, mal inspiré, Jacques Chirac accusa Valéry Giscard d’Estaing d’être à la solde de l’étranger. Et on retrouve la même trace d’une prétendue soumission extérieure du pouvoir  dans la détestable expression de « socialo-communistes » dont se gargarisa la droite contre le pouvoir de François Mitterrand dans la première moitié des années quatre-vingts.


7/ Impossible d’expliquer comment le Parti de gauche en est arrivé là. Ce qui est clair désormais, c’est que la teinte dominante du parti de gauche est une teinte nationaliste, défendue avec une violence qui peut aller jusqu’à l’insulte.


8/ Ceci est un tournant. A sa création, en 2010, le Parti de gauche se voulait résolument anti Front national. Jean-Luc Mélenchon usait même d’une formule imagée pour illustrer sa démarche. Il comparait Marine Le Pen à une chauve-souris qu’affolerait la lumière du projecteur qu’il entendait braquer sur son fonds de commerce idéologique. Autres temps, autre discours. Quelques années plus tard, il semblerait que ce soit la chauve-souris qui ait opéré une contamination idéologique dont les premiers fruits ont germé durant le week-end.


9/ L’histoire n’est jamais avare en cocasserie. Ce week-end est justement celui où la candidate du Front national à la législative partielle dans l’Oise crève tous les plafonds électoraux. Ce résultat décrit bien le résultat de la stratégie initiale du Parti de gauche, censée dissoudre un Front national qui ne s’est en réalité jamais aussi bien porté.

10/ Pour terminer ceci : que pense de ce tournant national du parti de gauche son allié principal au sein du Front de gauche ? Il s’agit là du parti communiste français dont le silence, ce week-end, fut assourdissant à toute personne qui a bien voulu tendre l’oreille.

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Mélenchon ou le tournant nationaliste 25/03
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Ce week-end, le Parti de gauche, présidé par Jean-Luc Mélenchon, a tenu son congrès à Bordeaux. Retour sur l’évènement.
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2013-03-25 10:51:00