Le journalisme qui fait "pschitttttt" et la juge qui se fiche de la loi 01/09

L’affaire abracadabrantesque a fait « pschitttt ». La juge avait dit qu’une infirmière avait dit quelque chose à une greffière qui lui avait rapporté – la greffière avait rapporté à la juge, c’est pourtant simple – et comme l’infirmière a démenti avoir dit à la greffière ce que la greffière avait dit à la juge, le poisson s’est noyé dans le lac, et le journalisme avec lui. Comment cela vous n’y comprenez rien ?




Reprenons calmement. Une juge de la République apprend, peu importe comment sinon vous allez encore être paumé, qu’un homme politique important a touché, avant de devenir président de la République de ‘argent d’une vieille dame dont tout le monde sait qu’elle est aux fraises depuis longtemps.

Cette magistrate doit savoir qu’il existe un livre rouge appelé code de procédure pénale. Si elle ouvre ce livre à l’article 40, désolé madame, je ne connais pas le numéro de la page, elle verra que cet article de la loi que la magistrate est censée respecter lui fait obligation d’expliquer à un procureur ce qu’elle sait, et notamment qu’un homme politique important devenu chef de l’Etat racketté une vieille dame. Loi, obligation, procureur : si un magistrat ne se débrouille pas avec ce sabir, autant fermer l’Ecole nationale de la magistrature.

Dans la vraie vie, la magistrate n’a rien dit au procureur. Bon, c’est son affaire. Ou plutôt, c’est une affaire entre elle et sa conscience. Tout de même, une magistrate qui décide de ne pas respecter la loi devrait songer à changer de métier.

Ce qui est très fort et très farce dans cette affaire, c’est que la magistrate, au lieu de garder tout ça pour elle, elle va quand même le raconter, non pas au procureur, mais à un journaliste. Lequel, au passage, ne vérifie rien et balance tout. Postier plutôt que journaliste, celui-là.

Donc, la magistrate balance tout. Scandale majeur, reprise dans tous les médias, indignations et commentaires. Jusqu’au moment où l’infirmière qui aurait dit un truc à la greffière lève le doigt dans son coin pour assurer qu’elle n’a rien dit à personne, et là plus personne ne sait quoi dire. Si l’infirmière dit qu’elle n’a rien dit, que dit désormais la magistrate ? Ben rien. Madame est muette. Elle a foutu le bordel et maintenant elle se cache.

Le plus drolatique dans cette histoire, c’est la réaction des magistrats. J’ai entendu des responsables syndicaux assurer avec assurance, en général ça va bien ensemble, qu’il ferait beau voir de sanctionner la magistrate parce que c’est une femme bien. J’ai lu qu’un magistrat avait dit sur une radio qu’on ne pouvait pas empêcher un magistrat de s’exprimer dans un livre, sinon on ne serait pas en démocratie.


Et je n’ai vu ni entendu personne poser une question simple : un magistrat qui ne respecte pas la loi mérite-t-il une médaille ?

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L’affaire abracadabrantesque a fait « pschitttt ». La juge avait dit qu’une infirmière avait dit quelque chose à une greffière qui lui avait rapporté – la greffière avait rapporté à la juge, c’est pourtant simple – et comme l’infirmière a démenti avoir dit à la greffière ce que la greffière avait dit à la juge, le poisson s’est noyé dans le lac, et le journalisme avec lui. Comment cela vous n’y comprenez rien ?
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2011-09-01 09:52:00