La Grèce et les Océans, Cohen et Schneidermann 21/06 et 22/06

Les mauvaises nouvelles du jour ? La Grèce. Mais pas seulement.




L’Europe est décidément un corps sans tête, et sans tête, l’espérance de vie politique d’un organisme qui prétend l’être, politique, ne peut pas être longue. Les ministres de la zone euro étaient réunis à Luxembourg, depuis dimanche, à propos de la Grèce, bien sûr. Résultat de leur conclave ? Aucun, si ce n’est la décision de se revoir le 3 juillet pour décider, peut-être, de ce qui aurait dû l’être ce week-end.

Faut-il aider la Grèce ? Oui, évidemment. A condition aussi que la Grèce s’aide elle-même. Au total, la Grèce percevra près de deux cent milliards d’euros. Une paille. Au passage, ceux qui disent qu’on n’aide pas la Grèce mais qu’on l’étrangle regardent l’actualité avec de drôles de lunettes.

Au passage aussi, tiens, il paraît que je ne suis pas à la solde du gouvernement, comme j’avais cru le comprendre hier. Il semble seulement que je sois trop con pour comprendre la prose subtile de l’internaute qui trouvait que mes écrits fleuraient bon la propagande gouvernementale. Pas facile, visiblement, d’assumer l’insulte.

Bon, nos moutons grecs. Evidemment, les opérateurs financiers, ces grands méchants qui nous prêtent de l’argent depuis trente-cinq ans, banquiers, assureurs, financiers, pétrodollarisés et autres cousus d’or, regardent les atermoiements européens avec inquiétude. Si même dans l’urgence, le dos au mur, à deux doigts de la catastrophe, nous sommes capables de repousser à plus tard les décisions que nous aurions dû prendre hier, alors nous donnons le signal que l’argent qui nous est prêté est dans de bien mauvaises mains, et que la fragilité du cadre politique dans lequel les prêteurs le déverse est à la mesure de la défiance qu’il inspire.

Entre toutes les nations aujourd’hui, c’est l’Allemagne qui suscite les plus grandes interrogations. Tout se passe comme si ses dirigeants et ses élites s’imaginaient un futur potentiel à l’extérieur du cadre communautaire. J’ai personnellement longtemps pensé, si du moins Philippe Cohen et Daniel Schneidermann m’autorisent une pensée libre, c’est-à-dire non influencée par le sarkozysme, le fillonisme, la droite pratiquement extrême, le libéralisme, le confusionnisme, le contortionnisme, franchement ces deux là vous leur donnez la police politique plus la justice, et ils vous mettraient tout au carré, pensée officielle et le catéchisme qui va avec, bref, j’ai toujours pensé que nous avions largement travaillé pour l’écoeurement des Allemands de l’idée européenne. Il faudra faire un jour la liste des manquements français à son partenaire historique.

Malgré tout, l’Allemagne a besoin de l’Europe tout comme l’Europe a besoin de l’Allemagne. Que les élites d’outre-Rhin semblent l’oublier montre bien la perturbation que produit sur les esprits la crise multiforme que traverse le modèle occidental.

A part ça, autre mauvaise nouvelle formidablement traduite dans un papier que publie Le Figaro, pour le quel le temps de mettre un lien me manque. Ce papier raconte la surprise et l’émoi de spécialistes scientifiques qui constatent la profonde et vertigineuse dégradation des océans, dans lesquels disparaissent à une vitesse folle, et avec une radicalité surprenante, des formes de vie les plus diverses. Le papier qu’il n’est peut-être pas trop tard pour agir. Dans ces circonstances, le « peut-être » est admirable.

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La Grèce et les Océans, Cohen et Schneidermann 21/06 et 22/06
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Les mauvaises nouvelles du jour ? La Grèce. Mais pas seulement.
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2011-06-22 10:02:00