Bilan de campagne: Royal, Le Pen, Cantona 13/01

Deuxième semaine de campagne. Ca part dans tous les sens. On essaie de suivre.



Ségolène Royal a lancé une attaque maligne hier soir, sur Canal Plus. Elle demandé avec une certaine solennité à Nicolas Sarkozy de se déclarer candidat le plus tôt possible pour que le débat puisse commencer

Pourquoi est-ce malin ? Parce que la position actuelle du président de la République apparait totalement artificielle. Chacun sait qu’il sera de la partie et qu’il ne fait aujourd’hui que dissimuler ce qui est une évidence.

Pour expliquer ou justifier son attitude, beaucoup citent le précédent de François Mitterrand, candidat seulement le 22 mars lors de l’élection présidentielle de 1988. Ils le font à tort. A l’époque, le président sortant avait su entretenir savamment un flou artistique sur sa volonté de se représenter ou non. Sa dissimulation avait ainsi pu passer aussi pour de l’hésitation. La pensée d’aujourd’hui recompose une réalité qui n’était pas celle d’hier.

La franchise brutale de Nicolas Sarkozy, qui est une forme de qualité, se révèle être un défaut dans cette période stratégique. Nul ne doute de sa décision, alors qu’il l’a dise. Et qu’il arrête ainsi d’utiliser les moyens de l’Etat pour mener sa campagne qui a déjà commencé.

L’attaque, si elle continue d’être menée par les socialistes, pourrait être ravageuse. En même temps, a-t-on jamais vu les dirigeants socialistes capables d’une continuité dans l’action ? C’est aussi une donnée de ce début de campagne où tout parait dans ce camp-là tâtonnant, discordant et improvisé.

L’autre enseignement de la semaine concerne le Front national. Dans une opinion publique qui commence à se solidifier, mais qui bien sûr va évoluer au fil des semaines de campagne, la place qu’occupe aujourd’hui la candidature de marine Le Pen semble significative. Les études d’opinion s’accumulent qui témoignent toutes d’un haut niveau électoral de la candidate frontiste.

Saura-t-elle ou non faire vivre ce potentiel dans la campagne ? Rien n’est écrit ailleurs que dans l’instant. En revanche, le constat de son succès du début de l’année signe l’échec d’au moins deux tentatives politiques.

La première concerne Nicolas Sarkozy. La création d’un ministère de l’immigration, le débat sur l’identité nationale, la mise en scène répétée de l’expulsion des étrangers, la multiplication des projets de lois contre les délinquants jeunes, vieux, entre deux âges, nationaux, étrangers, etc., tout cela n’aura donc servi à rien.

Les démonstrations continues de force et de virilité n’ont pas asséché le courant politique que représente le front national. Certains diront même, mais ils ne disposent de rien d’autre que de leur intuition, que cela a pu alimenter le Front national .

Seul vaut le constat ce matin : le parti de Marine Le Pen est plus fort à la fin du quinquennat qu’il ne l’était au début. Le seul fait d’écrire cela a quelque chose de stupéfiant.

L’autre échec concerne Jean-Luc Mélenchon. On l’a oublié, mais au début de 2011, le pétulant candidat du Front de gauche promettait un effet « Dracula ». Il s’agissait, selon lui, de braquer le projecteur sur les idées de Marine Le Pen et celle-ci disparaitrait aussitôt des écrans radars. Cela l’avait même amené à accepter un débat, sur BFM-TV, avec elle, au mois de février dernier. ON mesure aujourd’hui le résultat : l’effet « Dracula » n’a rien provoqué et Jean-Luc Mélenchon demeure très largement distancé par sa rivale dans les enquêtes d’opinion.

Une semaine c’est long. On oublie vite. Qui donc se rappelle, qu’au moyen d’une campagne de communication tarabiscotée et finalement mensongère, Eric Cantona fut candidat à la présidence de la République sans l’être, et en étant déjà plus rien dans le débat.

Le King Eric n’a même pas consenti à livrer une phrase durant l’opération de promo assez nulle finalement dont il fut la vedette. Entre Genêve et New-York, où il dirige un club de football qui représente dans doute parfaitement les valeurs de solidarité qu’il entend incarner en France, Eric Cantona n’a pas trouvé le temps de nous dire ses motivations, ses indignations, ses espoirs. Ne serait-il, lui aussi, qu'une forme de mensonge comme la scène politique française en sécrète tant, et trop?

La deuxième semaine de campagne est donc terminée. Nous nous retrouverons, ici, au tout début de la troisième. Bon week-end.

VOUS AIMEREZ AUSSI
Commentaires Avec Bell & Ross

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

article
7771228608
Bilan de campagne: Royal, Le Pen, Cantona 13/01
Bilan de campagne: Royal, Le Pen, Cantona 13/01
Deuxième semaine de campagne. Ca part dans tous les sens. On essaie de suivre.
http://www.rtl.fr/actu/politique/aphatie-bilan-de-campagne-royal-le-pen-cantona-13-01-7771228608
2012-01-13 10:21:00