Alain Duhamel décrypte les derniers sondages

VIDEO - A J-4, on dispose de deux nouveaux sondages. Celui de l'institut CSA, qui donne au premier tour de la Présidentielle 29% à François Hollande et 25 à Nicolas Sarkozy ; et celui de BVA pour RTL, Orange, la presse quotidienne, qui donne un résultat plus serré : 29,5% / 27,5%. Qu'est-ce que ça veut dire ? La chronique d'Alain Duhamel.

Alain Duhamel
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Alain Duhamel décrypte les derniers sondages Crédits : Alain Duhamel | Durée : | Date :
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D'abord, il y a cinq sondages qui ont été rendus publics en 24 heures. Mais vous avez raison, les deux derniers, les plus récents sont ceux que vous indiquez. A mon avis, on peut en tirer trois questions.

- La première, c'est que dans tous ces sondages sans exception, François Hollande et Nicolas Sarkozy, sont très nettement en tête par rapport aux autres. Et donc, sauf si les instituts de sondages se trompaient tous, a priori, ce sont de très loin les mieux placés pour le second tour. Ça c'est la première chose.

- La deuxième chose, c'est que le courant général, donne le sentiment, même si les résultats sont quelque fois contradictoires d'un sondage à l'autre, mais le courant général est favorable à François Hollande.

- Et la troisième chose, c'est que tout ce que je viens de dire, il faut prendre avec énormément de précautions, pour une raison très simple : c'est que d'une part, il y a l'inconnue de l'abstention. Selon les instituts entre 20% et 32%. Donc ce n'est quand même pas négligeable.

Ensuite, il y a l'indécision qui reste encore importante, en tous cas plus de 20% au moment où on se parle.

Troisièmement, on sait que dans les dernières 48 heures, il y a près du quart des électeurs qui prennent à ce moment là leur décision. Ensuite, parce que la plupart de ces chiffres, se situent dans la marge d'erreurs statistiques possibles. Ce qui n'est quand même pas négligeable dans une affaire comme cela.

Et enfin, à l'expérience, on sait que entre la dernière vague de sondage d'une part, et les résultats réels du soir du premier tour, il y a très souvent des mouvements de trois ou quatre points, non pas généraux, mais en faveur ou au détriment de celui-ci ou de celle-là.

D'où la nécessité d'être prudent, on vous a compris Alain. Cependant, comment peut on expliquer ce fléchissement apparent de Nicolas Sarkozy.

Et bien, écoutez, il avait marqué un point au moment de Toulouse et Montauban, et il s'était représidentialisé, et dès le lendemain de Toulouse et Montauban, immédiatement, il a repris sa posture de challenger agressif. Donc, c'est un changement agressif. Donc, c'est un changement d'attitude.

Et la deuxième chose, c'est qu'on a l'impression qu'il prépare à la fois le premier et le second tour. Le premier tour, en essayant de récupérer une bonne partie des électeurs du Front National, le deuxième tour, avec en tous cas, autour de lui, toute une série de ses lieutenants qui lancent des clins d’œil ou des appels à François Bayrou. Il y a l'un ou il y a l'autre, les deux en même temps, c'est quand même difficile.

On note qu'il y a aussi incertitude pour la troisième place ?

Pour la troisième place, c'est exactement la même incertitude et pour les mêmes raisons que toutes celles que je vous donnais pour les deux premières, avec un facteur supplémentaire qui complique encore et qui donc, fait qu'il faut regarder tout ça de façon, disons critique, et avec une "incertitude résolue", c'est qu'aussi bien pour Marine Le Pen, que pour Jean-Luc Mélenchon, on n'est pas du tout sûr de la façon dont on redresse réellement les chiffres dans les instituts de sondages et qu'il est possible, qu'il y ait dans un cas sous-estimations, et dans l'autre sur-estimation.

Vous parliez d'abstentions Alain, j'en conclus que les sondages ne donnent pas une plus grande mobilisation des électeurs, ça c'est clair. Dernière question pour le deuxième tour, le BVA pour RTL donne 56-44 au profit de François Hollande, rien de changer par rapport au précédent sondage, et on peut constater quand même que l'écart est supérieur à la marge d'erreur là ?

Selon les instituts c'est entre 53 - 47 et 58 - 42. Ce qui est sûr, c'est que tous donnent François Hollande au second tour, et que pour le coup, jusqu'à présent, on n'a jamais vu d'inversions de ce critère, dans l'ensemble des élections précédentes.
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par Alain DuhamelJournaliste RTL
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