Procès DSK : sexe, racisme et lutte des classes

Une histoire qui sent la poudre. Et le scandale. Avec l'arrivée d'un nouvel avocat charismatique, Kenneth Thompson, l'affaire DSK prend une tournure plus spectaculaire. Le nouvel avocat de l'accusatrice de DSK est maître dans l'art d'obtenir de gros dédommagements pour les victimes devant la justice new-yorkaise. Pourtant, son arrivée sur la scène n'est pas forcément une mauvaise chose pour l'ancien patron du FMI. Même s'il parle comme un prédicateur noir et défend une immigrée pauvre face à une riche célébrité, son adversaire, Benjamin Brafman, défenseur de DSK, ne manquerait pas d'expliquer aux jurés qu'en réclamant des dommages et intérêts l'accusatrice prouve que ses intentions étaient financières et que l'histoire du viol a été inventée à ces fins.

Face à Dominique Strauss-Kahn se dresse un nouvel "obstacle" vers la liberté, l'avocat de la plaignante Kenneth Thompson
Crédit : AFP / RTL.fr
Face à Dominique Strauss-Kahn se dresse un nouvel "obstacle" vers la liberté, l'avocat de la plaignante Kenneth Thompson

Me Kenneth Thompson a fait une apparition très théâtrale lundi devant l'entrée du tribunal pénal où Dominique Strauss-Kahn venait de plaider non coupable des crimes sexuels dont il est accusé à l'encontre d'une femme de chambre de l'hôtel Sofitel. "Nous allons protéger ses droits, parler en son nom et travailler avec le bureau du procureur", a-t-il déclaré devant une centaine de journalistes. Me Thompson a décrit sa cliente - qui n'a jamais été vue ni entendue en public - comme une femme simple et travailleuse, "traumatisée" mais "désireuse de défendre sa dignité". Son cabinet, Thompson Wigdor & Gilly, est spécialisé dans les batailles judiciaires qui permettent à des particuliers de réclamer des millions de dollars de dédommagements à des employeurs ou autres adversaires fortunés. Le site internet du cabinet vante "d'exceptionnels résultats pour les clients", des employées se plaignant de discrimination sexuelle dans le groupe Citibank ou des victimes de l'effondrement meurtrier d'une grue sur un immeuble à Manhattan.

16h02, lundi 6 juin : "c'était une agression sexuelle terrible" selon l'avocat de la victime


Pour une femme de chambre modeste s'attaquant à l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), dont l'épouse Anne Sinclair a une importante fortune personnelle, Me Thompson semble a priori un bon allié. La biographie de l'avocat sur son site évoque une condamnation à 8 millions de dollars de dommages et intérêts obtenue dans une affaire de harcèlement sexuel, des victoires dans la défense d'un trafiquant d'héroïne présumé et, ironie de l'histoire, d'un homme accusé de viols multiples. Eric Rothstein, un avocat qui a travaillé avec Me Thompson, voit en lui un "excellent avocat qui a remporté quelques victoires impressionnantes". Si Dominique Strauss-Kahn devait être poursuivi dans un procès civil, la somme des dommages et intérêts réclamés tournerait sans doute autour de "plusieurs millions", estime Me Rothstein.

Me Thompson n'a encore rien dit de ses projets, mais son arrivée sur la scène jette une nouvelle inconnue autour de l'affaire. Les procureurs qui poursuivent le socialiste français de sept chefs d'inculpation au pénal verraient leur tâche compliquée si la femme de chambre lançait une procédure civile avant le procès pénal, estiment les experts. Benjamin Brafman, madré défenseur de DSK, ne manquerait pas d'expliquer aux jurés qu'en réclamant des dommages et intérêts l'accusatrice prouve que ses intentions étaient financières et que l'histoire du viol a été inventée à ces fins. "Ce n'est pas très bon", estime Me Rothstein. "Les jurés en tiendraient compte", selon lui. Les procureurs vont donc espérer que Me Thompson n'agisse pas avant que la partie pénale de l'affaire soit bouclée.

15h58, lundi 6 juin: pas d'élément montrant qu'il y a eu "contrainte", selon son avocat Benjamin Brafman


L'avocat a d'ailleurs d'autres raisons d'attendre : si Dominique Strauss-Kahn devait être condamné au pénal, un procès civil n'aurait aucune peine à être gagné. Mais là encore, rien n'est simple. Les victimes ont un an pour intenter des poursuites civiles à partir de la date des faits présumés, qui datent en l'occurence du 14 mai dernier. Si l'accusé est condamné, le délai peut être repoussé, mais avec la conviction répétée de Benjamin Brafman que son client sortira libre du tribunal, l'incertitude est entière. "Je ne suis pas sûr qu'attendre une condamnation soit une stratégie gagnante", estime Me Rothstein.

15h35,
lundi 6 juin : DSK et Anne Sinclair quittent le tribunal


15h27, lundi 6 juin : Interrogé pour savoir s'il plaidait coupable ou non coupable des sept chefs d'accusation pesant contre lui, il a répondu: "not guilty"


lundi 6 juin, 14h50 : Les femmes de chambre présentes devant l'entrée du tribunal hurlent "Shame on you, Shame on you". Des cris entendus jusqu'au 13ème étage, là où se déroule l'audience.


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