Michèle Delaunay : "De forts engagements sur la dépendance seront mis sur la table après les Législatives"

La ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de la Dépendance, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin.

Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de la Dépendance
Crédit : AFP / Mehdi Fedouach
Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de la Dépendance
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Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de la Dépendance : "De forts engagements sur la dépendance seront mis sur la table après les Législatives" Crédit Média : Jean-Michel Aphatie Télécharger

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Michèle Delaunay.

Michèle Delaunay :
Bonjour, Jean-Michel Aphatie. Bonjour à tous.

Vous êtes avec nous depuis Bordeaux, dans le bureau RTL de Philippe de Maria. Vous êtes une nouvelle ministre, peu connue encore des Français, médecin de formation, députée de Gironde depuis 2007 et donc ministre depuis quinze jours chargée de la dépendance ; ce n'est pas le plus facile s'il s'agit du sort des personnes âgées qui ont perdu leur autonomie. Une journée de solidarité leur est consacrée. Au départ, c'était le lundi de Pentecôte. Aider les personnes dépendantes, ça coûte cher. Il y en a un peu plus d'un million en France. C'est cela, Michèle Delaunay ?

Exactement, on estime à peu près à ce chiffre les personnes en grande perte d'autonomie ; et en effet, cela représente une charge financière. Mais ne pensons pas toujours qu'aux Finances, il y a aussi l'aspect humain et j'aurais plaisir à en parler.

La journée de solidarité, je voudrais justement qu'on l'examine sous ce double aspect. C'est-à-dire un rapport financier, très nécessaire, très souhaitable ; 2,3 milliards d'euros à peu près dont 1,9 en direction des âgés. Mais c'est aussi une prise de conscience que je demande à chacun qui râle peut-être ce matin, parmi ceux qui vont travailler. Nous vieillirons tous, nous avons tous des parents ; et c'est aussi l'occasion de se dire que peut-être s'il y a une personne isolée dans le voisinage, on peut lui rendre visite, l'inviter à déjeuner.

La prise de conscience n'est pas faite. Vous trouvez que les gens sont égoïstes ?

Elle n'est jamais faite suffisamment.

Vous diriez que les Français sont égoïstes par rapport à ce problème ?

Non. Non, ils l'ont montré d'ailleurs à de multiples reprises ; mais il faut encore ouvrir nos yeux et nos oreilles et il y a encore, j'en témoigne, des personnes trop isolées. J'ai eu le privilège de soigner beaucoup d'âgés et combien m'ont dit cela.

Deuxième chose. Revenons à la technique, c'est aussi mon rôle : il y a le désastre du quinquennat précédent qui nous a fait miroiter de trois mois en trois mois la grande réforme du quinquennat que devait être la prise en charge de la dépendance.

Etes-vous sûre que de ce point de vue, ce quinquennat sera réussi, que vous ferez quelque chose ? Parce que des promesses sur ce terrain, on nous en fait depuis un moment, effectivement ?

C'est vrai.

Vous ferez quelque chose pendant le quinquennat.

Par définition...

... Ah, par définition !

Mais par définition ; nous n'étions pas aux affaires.

Ah oui, d'accord. Mais là dans le quinquennat qui arrive, pour ne pas parler du passé, qu'est-ce que vous ferez alors pour financer les besoins de la dépendance ?

Mais, en effet, dans le quinquennat, j'espère... Alors, vous savez que François Hollande s'est engagé sur ce sujet, première chose : que nous remettions le chantier sur la table. Et deuxième chose : que c'est la solidarité nationale à laquelle il serait principalement fait appel.

Les impôts ?

L'assurance sociale, la Sécurité sociale. Vous savez qu'au départ, Nicolas Sarkozy avait promis que ce soit un cinquième risque. Le monde n'est pas toujours compris mais risque veut dire comme la maladie, etc. C'était dans ce sens-là, ce n'est pas au sens de danger.

Deuxième chose. Nous remettrons en route ce chantier. Je ne dis pas que ça sera fait demain matin. Bien évidemment, il va falloir concerter, concerter encore mais c'est un engagement majeur. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser ce dossier de côté ; et j'ose dire que nous ne le ferons pas.

Troisième point. Vous disiez : cela coûte très cher.

Oui.

Mais il y a aussi des solutions d'un autre ordre. Et ces solutions s'appellent la prévention et l'anticipation du vieillissement. Vous me direz, on ne peut pas prévenir l'avancée en âge. Ce n'est pas ce que je veux dire. C'est que ce qui coûte le plus cher, c'est la période de grande dépendance, les années où véritablement...

Les dernières années de la vie où on a perdu l'autonomie, bien sûr ;  et c'est cela qui demande beaucoup de soins, beaucoup de gens autour des personnes âgées. Est-ce qu'on peut revenir un peu au financement, s'il vous plaît ?

 Mais celles-ci, on a le moyen de les retarder.

D'accord. A quel moment, d'après vous Michèle Delaunay, le gouvernement prendra des dispositions pour régler les problèmes de financement : dès cette année ?

Nous n'avons pas de calendrier. Vous avez remarqué que François Hollande ne l'a pas mis de manière explicite dans la première année de son quinquennat.

Donc, ce ne sera pas la première année ?

Je pense qu'il y faudra plus de temps. Il faut d'abord... Vous savez, je me permets de vous faire remarquer une chose très importante. Comme il ne veut pas, il ne veut aucun électoralisme, il nous a demandés de ne faire aucune annonce, en particulier d'ordre financier, jusqu'au moment où nous aurons la confirmation d'avoir une majorité à l'Assemblée.

Donc, ça c'est au mois de juin, le 18 juin ?

Oui.

Vous ferez des annonces après ?

Oui, il y aura...  Deuxième point : il y aura l'auditT des finances publiques ; et ensuite, nous saurons mieux quoi et quand ce que nous pourrons faire. Mais il est très probable que cela demande plusieurs mois. Ce que je peux vous assurer c'est que le dossier sera mis sur la table dès les premières semaines. Je vais rencontrer dès le début de juillet, le haut conseil de la CNSA, mot que tout le monde ne connaît pas mais c'est l'institution qui collecte les fonds de la journée de solidarité pour examiner nos priorités, mettre en route un état des lieux, une sorte d'audit pour que nous sachions exactement l'état de cette prise en charge. Ce qui est fait...

... D'accord.

... Et ce qui doit être fait.

Donc, rendez-vous, début juillet, Michèle Delaunay.

Ce ne sont pas des paroles.

D'accord.

Premier rendez-vous : début juillet et de très forts engagements. Vous voyez...

Le temps est un peu passé, voilà. Merci, en tout cas, d'avoir été avec nous Michèle Delaunay, ce matin, depuis Bordeaux.

Merci à vous en tout cas, au revoir.

Au revoir.
2012 et vous OK

par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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La ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de la Dépendance, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin.
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2012-05-28 07:56:00
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