Maurice Lévy défend ses 16 millions d'euros de rémunération

Le président de Publicis, Maurice Lévy, était l'invité du Journal Inattendu de Marie Drucker sur notre antenne samedi midi. Récemment, un document de l'entreprise a provoqué un tollé. Il y était précisé que le patron toucherait 16 millions d'euros, une rémunération différée, accumulée depuis 2003 et approuvée en assemblée générale en 2008. Sur RTL, Maurice Lévy a réagi pour la première fois à cette polémique. Le publicitaire a jugé qu'on aurait "mieux fait" de lui demander ce qu'il comptait faire de ce bonus, sans toutefois apporter de réponse à cette question. Il a aussi pointé du doigt certains politiques, sans les nommer.

Le président de Publicis, Maurice Lévy
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Le président de Publicis, Maurice Lévy
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Maurice Lévy, président de Publicis : "C'est vrai que c'est beaucoup d'argent, ça peut être choquant. C'est de l'argent gagné sur de la réussite" Crédits Média : Marie Drucker | Durée : | Date :
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Extraits de l'interview

Marie Drucker : vous n'avez pas usurpé votre rémunération. Vous avez transformé Publicis en groupe de communication mondial. Vous avez multiplié ses revenus par 10, créé des milliers d'emplois, personne ne conteste ce que vous avez fait de Publicis. Mais je voulais revenir sur une contradiction personnelle peut-être. En août dernier, vous avez fait partie de ces patrons qui ont dit vouloir payer plus d'impôts, qui trouvent ça normal en période de crise. Et puis vous êtes vent debout contre la proposition de François Hollande de taxer à 75% les revenus annuels de plus d'un million d'euros. C'est cette année que vous allez toucher votre bonus. Est-ce que vous pouvez nous expliquer cette rémunération différée ? Est-ce que vous pouvez expliquer cette contradiction ?


Maurice Lévy : ce n'est pas une contradiction. C'est moi qui ai lancé cet appel. Je l'ai écrit d'ailleurs le 13 août au matin. J'ai appelé à ce qu'il y ait des contributions supplémentaires des gens qui sont bien lotis, qui ont bénéficié de la vie, qui ont réussi quelque chose. Je pense que c'est normal qu'ils contribuent davantage. Et puis il y a la proposition à 75%. 75 + CRDS, + CSG + un petit peu d'ISF ça fait 95%. Ca veut dire qu'il reste 5%.

Ca veut dire que vous êtes opposé au plafonnement de la rémunération des patrons.

Non ça n'est pas ça. Je suis opposé à la confiscation du travail. Je suis favorable à ce que l'on paie davantage, je suis prêt à le faire et je pense que c'est une bonne chose que nous le fassions. Je suis opposé à la confiscation des fruits du travail. Je voudrais revenir sur ces 16 millions que certains appellent un méga-bonus. C'est neuf années pendant lesquelles il y avait une exigence extrêmement importante de sur-performer, pas de performer mais de réussir par rapport à la compétition mondiale et de faire mieux que tous nos concurrents. C'est un peu comme si on avait demandé à un footballeur d'être chaque année le meilleur buteur du monde, d'être ballon d'or chaque année et que les primes de matchs il ne les percevrait qu'au bout de neuf ans. C'est ça qui s'est passé. Si j'avais reçu mes primes de matchs chaque année, personne n'en aurait parlé. Il y a même pire, si j'avais échoué, aujourd'hui, Marie Drucker, vous ne m'auriez pas invité pour être votre rédacteur en chef du Journal Inattendu parce que nous serions avec Monsieur Charpy en train de discuter comment est-ce qu'on gère les plans sociaux. C'est cela qui, personnellement,...

Est-ce que vous n'avez pas manqué à votre devoir de communication ? Vous devez être exemple.

J'espère que je suis encore un exemple et j'espère que la réussite de Publicis restera un exemple. C'est ça qui compte pour moi par dessus tout. Je ne crois pas avoir commis une erreur de communication. Que certains hommes politiques aient décidé de s'en saisir, soit parce qu'ils étaient en panne de programme, soit parce qu'ils étaient en panne de ressort politique, soit tout simplement parce qu'ils avaient envie de flatter les bas instincts de ce qu'on appelle le populisme. Ils l'ont fait, ils ont généré cette situation qui est... Enfin je ne la qualifierai pas. Je n'y tiens pas. C'est triste de voir que l'on veut abimer un travail exemplaire, une entreprise formidable et un patron qui s'est conduit de manière toujours exemplaire. En ce moment, on dit "réussite interdite".

par La rédaction numérique de RTL
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Maurice Lévy défend ses 16 millions d'euros de rémunération
Maurice Lévy défend ses 16 millions d'euros de rémunération
Le président de Publicis, Maurice Lévy, était l'invité du Journal Inattendu de Marie Drucker sur notre antenne samedi midi. Récemment, un document de l'entreprise a provoqué un tollé. Il y était précisé que le patron toucherait 16 millions d'euros, une rémunération différée, accumulée depuis 2003 et approuvée en assemblée générale en 2008. Sur RTL, Maurice Lévy a réagi pour la première fois à cette polémique. Le publicitaire a jugé qu'on aurait "mieux fait" de lui demander ce qu'il comptait faire de ce bonus, sans toutefois apporter de réponse à cette question. Il a aussi pointé du doigt certains politiques, sans les nommer.
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2012-04-14 15:34:00
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