Les opposants à "l'Ayraultport" défilent par milliers à Notre-Dame-Des-Landes

Des milliers de personnes défilaient samedi dans le bocage nantais pour manifester contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, cher au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en présence de têtes d'affiche comme Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot ou Eva Joly. Selon la préfecture de Loire-Atlantique, 4.500 personnes étaient réunies dans le cortège en milieu d'après-midi, et 13.500 en comptant l'ensemble des personnes qui se trouvent dans le secteur (40.000 selon les organisateurs). Ils assistaient au début du chantier de reconstruction engagé sur le site par les opposants au projet.

Dans un premier lieu situé en face du Bois de Rohanne, où plusieurs squatteurs anti-aéroport avaient érigé des cabanes dans les arbres avant d'être expulsés mi-octobre, un grand champ a été ouvert pour ce chantier, à l'occasion de la manifestation qui rassemblait des milliers de personnes.

Des cercles de poudre blanche ont été tracés pour ériger un chapiteau géant et des volontaires s'affairaient pour y planter des pieux en métal, puis sa charpente.



Des stands d'information et des crêperies ambulantes se sont mis en place pour réaliser un lieu de réunion festif. Un peu plus loin, au bout d'un long chemin boueux, des dizaines de jeunes militants faisaient la chaîne avec d'immenses planches de contreplaqué qu'ils conduisaient à une clairière en cours de défrichage. Les éléments de la plateforme d'un grand plancher surélevé étaient déjà en place pour poser les contreplaqués.

Construction d'un espace d'accueil aux opposants


Derrière une grande banderole : "Contre l'aéroport et son monde seule la lutte décolle", la manifestation avait commencé à s'ébranler comme prévu après 11h depuis le bourg de Notre-Dame-des-Landes, avant de se diriger vers la "Zad", "Zone d'aménagement différé" dédiée au projet d'aéroport et rebaptisée par ses opposants "Zone à défendre".

Pour l'eurodéputé José Bové, interrogé dans le cortège, "il y a énormément de monde, peut-être 20.000 personnes, peut-être 30.000 (...) en tout cas, ça va être une date qui va marquer". Il a aussi estimé que la position du président François Hollande, vendredi, de soutenir le projet d'aéroport "c'est prendre un énorme risque, parce qu'à mon avis la mobilisation va être massive".



Après un mois d'expulsions et de destructions par les forces de l'ordre de ce qui s'était transformé, en l'espace de trois à quatre ans, en "plus grand squat à ciel ouvert d'Europe" cette manifestation est dédiée à la "réoccupation".
  
La préfecture de Loire-Atlantique a indiqué que la manifestation n'était pas interdite et qu'il n'y aurait pas d'intervention des forces de l'ordre pendant toute sa durée, sauf en cas de dérapage. Néanmoins, "les constructions illégales ont vocation à disparaître", a prévenu dès vendredi le préfet de Loire-Atlantique Christian de Lavernée. Depuis le 16 octobre, les forces de l'ordre ont ainsi assuré la destruction de treize fermes désaffectées et d'une vingtaine de sites sur lesquels des cabanes, au sol ou dans les arbres, avaient été bâties.
    
Familles et activistes : une manifestation bigarée

Quelque 150 "squatters", opposants anti-capitalistes à l'aéroport qui se sont progressivement joints à partir de 2005-2006 à l'opposition historique d'habitants et d'agriculteurs locaux, se sont retrouvés sans abri mais, habitués à vivre dans des conditions spartiates, ils n'ont pas quitté la zone.

Le mélange entre cette population activiste et parfois marginale, et la manifestation "familiale et conviviale" voulue par ses organisateurs, est l'une des principales interrogations sur le déroulement de la manifestation. De même, les personnalités politiques connues comme le co-président du parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, l'ancien porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) Olivier Besancenot, ou plus encore les parlementaires Europe Ecologie-Les Verts (EELV) auxquels il est reproché d'avoir passé un accord de gouvernement avec le PS, pourraient essuyer quelques reproches, insultes ou tensions.
  
Toutefois, un premier "tour" dans la zone vendredi des parlementaires EELV s'est passé sans accroc en dépit des craintes.

En l'absence de forces de l'ordre ou d'institutionnels, certains militants radicaux pourraient aussi s'en prendre aux médias, souvent décriés par les anti-aéroports. Les organisateurs de la manifestation ont exprimé le souhait de les accréditer et de limiter leur accès à certains lieux, notamment le chantier de reconstruction.

Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

par La rédaction numérique de RTL
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Commentaires Avec Bell & Ross

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