3 min de lecture Terrorisme

Terrorisme : sous contrôle judiciaire, une Française parvient à repartir en Syrie

Alors qu'elle a été mise en examen, en centre de déradicalisation et placée sous contrôle judiciaire, la jeune fille est tout de même repartie en terre de jihad, cette fois sous la bannière d'al-Qaïda.

Les membres d'un groupe djihadiste, en Syrie, près d'Alep, le 19 juillet 2012.
Les membres d'un groupe djihadiste, en Syrie, près d'Alep, le 19 juillet 2012. Crédit : AFP
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Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Malgré son placement sous contrôle judiciaire, elle a réussi à passer entre les mailles du filet. Sonia Belayati, 23 ans, a rejoint un groupe terrorisme en Syrie, pour la deuxième fois. En juin 2015, cette jeune Française originaire de Saint-Étienne est mise en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" à son retour en France. Elle revenait de zone syro-irakienne où elle était partie rejoindre les rangs de l'État islamique quelques mois plus tôt. Malgré les dispositions prises à son retour par la justice, elle est soupçonnée d'être repartie sur les routes du jihad début novembre. 

Cette fois, d'après le journaliste David Thomson qui raconte ses échanges avec la jeune fille dans son livre Les Revenants et sur le site d'information en ligne Les Jours, elle serait partie rejoindre al-Qaïda. Dans ses confidences, elle partage en effet une vision désenchantée des comportements des "frères" au sein du califat auto-proclamé, évoquant le "racisme" de certains ou encore leur désir de se marier avec "des bombes" à la "Kim Kardashian". 

De retour mais jamais déradicalisée

Après le décès de son mari au combat selon David Thomson, et le divorce, selon un responsable turque à l'AFP, Sonia Belayati est emprisonnée dans les geôles de Daesh, soupçonnée d'espionnage, et échappe de peu à la peine de mort. Une fois remise en liberté, elle a réussi à gagner la Turquie où elle a été interpellée en juin 2015, d'après ce responsable. Dans le cadre de ce contrôle judiciaire, elle devait notamment pointer une fois par semaine au commissariat et avait l'interdiction de quitter le territoire. D'après le spécialiste de la question, la jeune stéphanoise serait également passée par le centre de déradicalisation de Dounia Bouzar, figure controversée du milieu. 

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Mais Sonia Belayati n'aurait en fait jamais vraiment abandonné l'idée de rejoindre un état islamique. C'est en tout cas ce qui ressort de ses entretiens avec David Thomson dans lesquels elle ne cachait pas son désir de repartir. Pourtant, d'après Dounia Bouzar interrogée par Le Figaro, Sonia Belayati l'aurait aidé "à sauver des tas de gamines" et serait repartie parce qu'elle préférait "mourir sous un drone, plutôt que de finir comme une clocharde en France".

Les femmes trop souvent prises pour des victimes

Les autorités n'ont pas toujours considéré les femmes parties dans les rangs de Daesh aussi dangereuses que les hommes et les ont souvent vues comme des victimes. "On a peut-être été trop scrupuleux au début en se disant que les femmes suivaient leur mari et se cantonnaient à des tâches ménagères en Syrie", concédait ainsi le procureur de la République, François Molins, dans les colonnes du Monde, en septembre dernier. Selon lui, 93 Français - dont 288 femmes et 20 mineurs - sont identifiés à ce jour comme combattants dans les rangs de l'EI.

Les femmes qui revenaient de Syrie étaient prises pour des victimes, certaines n’étaient même pas questionnées !

Romain Caillet, chercheur spécialiste des mouvements jihadistes
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Pendant un certain temps, les autorités ne voyaient donc pas les femmes jihadistes comme une menace aussi importante que les hommes. "Ce qui me frappe, c’est qu'il est très rare que des hommes n’aient pas été incarcérés alors les femmes qui revenaient de Syrie étaient prises pour des victimes, certaines n’étaient même pas questionnées !", s'étonnait ainsi Romain Caillet, chercheur spécialiste des mouvements jihadistes sur le site de France Inter en septembre. Il a fallu qu'un attentat aux bonbonnes de gaz organisé par trois jeunes femmes soit empêché de justesse en août dernier pour prendre conscience du niveau de dangerosité et de détermination des femmes jihadistes.

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2017-01-27 16:03:00
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