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Rouen : "J'aurais préféré mourir avec eux", affirme le gérant du Cuba Libre

Le gérant du bar, mis en examen avec son frère, n'a pas nié ses responsabilité dans l'incendie du sous-sol de ce bar du centre de Rouen le 5 août dernier qui a provoqué la mort de quatorze personnes.

Le Cuba Libre, où 14 personnes sont décédées le 5 août 2016, à Rouen.
Le Cuba Libre, où 14 personnes sont décédées le 5 août 2016, à Rouen. Crédit : MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
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Eléanor Douet

C'est un drame qui a endeuillé toute la ville de Rouen. Le 5 août dernier, quatorze personnes ont péri dans un incendie déclenché par des bougies d'anniversaire au sous-sol du Cuba Libre, un bar du centre-ville. Le 14 septembre dernier, Nacer et Amirouche B, les deux frères en charge du lieu, ont été mis en examen pour "homicides involontaires par violation délibérée d'une obligation de sécurité", puis remis en liberté sous contrôle judiciaire. Les deux hommes âgés de 45 et 37 ans n'ont pas nié leur responsabilité dans l'accident, loin de là, comme le rapporte le Parisien.

Face aux enquêteurs, Nacer, propriétaire du fonds de commerce et salarié, s'est effondré : "Tout est de ma faute", a-t-il expliqué, en larmes, souhaitant que la justice "fasse son travaille". Son frère, Amirouche, gérant du bar depuis 2015 a quant à lui affirmé : "J'aurais préféré mourir avec eux", avant de demander "pardon [aux 14 victimes] et à leurs familles".

Les failles en matière de sécurité ont rapidement été pointées du doigt. Le soir du drame, la porte du sous-sol, n'était pas ouverte. Alors que l'incendie s'est déclenché et que les clients sont évacués, Amirouche réalise qu'il a oublié d'ouvrir cette porte. Il prend un extincteur et veut descendre. "Je l'ai retenu en lui disant qu'il ne pouvait pas entrer", se rappelle Nacer. Amirouche supplie : "Laisse-moi, je descends !", écrit Le Parisien. 

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Je n'avais pas conscience que le feu pouvait prendre en bas.

Nacer, salarié du bar
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C'est également la mousse utilisée au sous-sol pour isoler le bruit venant du sous-sol qui joue un rôle majeur dans le drame. "La mousse, j'en ai mis partout, au plafond, aux murs... ", explique Nacer. Celui-ci explique que le vendeur d'un magasin de bricolage lui avait vanté ce matériau en polyuréthane comme atténuant le bruit "à 50 %". "Je m'étais dit, ça va être efficace. Dans ma tête, j'ai cru bien faire."

Le risque d'un incendie n'est jamais venu à l'esprit de Nacer : "Je n'ai jamais pensé à ça [...]. Je n'avais pas conscience que le feu pouvait prendre en bas." L'homme s'attribue la responsabilité du drame : "Si je n'avais pas fait ces travaux, rien ne serait arrivé. Si je n'avais pas donné la bougie, rien ne serait arrivé. Tout est de ma faute".

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Le gérant du bar, mis en examen avec son frère, n'a pas nié ses responsabilité dans l'incendie du sous-sol de ce bar du centre de Rouen le 5 août dernier qui a provoqué la mort de quatorze personnes.
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2016-10-31 10:58:15
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