2 min de lecture Terrorisme

Attentats du 13 novembre : les avocats de Salah Abdeslam renoncent à le défendre

Les avocats Frank Berton et Sven Mary ont annoncé qu'ils renonçaient à défendre leur client, mutique depuis des semaines..

Frank Berton au tribunal correctionnel de Douai le 9 avril  2013.
Frank Berton au tribunal correctionnel de Douai le 9 avril 2013. Crédit : 20 MINUTES/SIPA
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Aymeric Parthonnaud

"On a décidé l’un et l’autre de renoncer à la défense de Salah Abdeslam, ce n’est pas un abandon, c’est une renonciation", a annoncé Frank Berton à nos confrères de la chaîne d'info en continu BFMTV. Salah Abdeslam, actuellement incarcéré à l'isolement dans le centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis a été informé par ses deux conseils jeudi 6 octobre de cette décision. 

La raison de ce retrait ? Le mutisme de Salah Abdeslam, dernier membre du commando terroriste du 13 novembre. Depuis des semaines, l'homme s'est réfugié dans le silence et ses avocats avaient annoncé qu'ils ne le défendraient que s'il était résolu à parler à la justice. "Nous savons et nous avons la conviction, et il nous l’a dit, qu’il ne s’exprimera pas et qu’il appliquera le droit au silence. Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? Nous avons prévenu, je l’ai dit depuis le premier jour, si mon client reste muet, nous quitterons sa défense", a déclaré Me Berton à BFMTV.

Dans les colonnes du journal belge De Standaard, l'avocat lillois explique : "Lorsque nous lui avons annoncé notre décision, M. Abdeslam m’a affirmé qu’il adresserait une lettre au juge d’instruction dans laquelle il renonce à son droit de défense (...). Il affirme qu’Allah va veiller sur lui."

Un "immense gâchis"

Me Berton et Mary dénoncent un "immense gâchis". Selon eux, ce silence est l'une des conséquences de l'isolation et de la vidéosurveillance permanente de Salah Abdeslam. "Lorsque chacun scrute même la nuit vos faits et gestes, vous devenez dingue. Et ça c’est une conséquence d’une décision politique. Ce n’est pas une décision de la justice", expliquait l'avocat. Pour Sven Mary, les victimes de ce mutisme sont "les victimes des attentats de Paris. Elles ont droit à cette vérité et elles ont droit à tenter de comprendre l’incompréhensible".

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Mis en examen pour assassinats terroristes et suspect-clé des attentats parisiens qui ont fait 130 morts, Salah Abdeslam est détenu à l'isolement depuis le 27 avril et placé sous vidéosurveillance 24h/24. Salah Abdeslam avait tenté, devant le Conseil d'État, de faire suspendre ce dispositif inédit en France, mais la plus haute juridiction administrative l'avait débouté fin juillet, estimant que "le caractère exceptionnel des faits terroristes" pour lesquels il est poursuivi "impliquait que toutes les précautions soient prises". L'unique membre encore vivant des commandos du 13 novembre, refuse également de répondre aux questions du magistrat antiterroriste chargé de l'enquête sur les attentats de Paris et Saint-Denis. Il exerce son droit au silence pendant l'interrogatoire. 

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2016-10-12 06:23:00
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