2 min de lecture Info

Condamnés libérés faute de place en prison : "La justice casse le travail de la police", juge un syndicat

TÉMOIGNAGE - Trois malfaiteurs, arrêtés jeudi, ont été relâchés car il n'y avait, selon le parquet, pas de place pour les accueillir en prison. La décision suscite la colère des syndicats policiers.

La mutinerie avait éclaté après la découverte d'un détenu mort, à la maison d'arrêt de Blois
La mutinerie avait éclaté après la découverte d'un détenu mort, à la maison d'arrêt de Blois Crédit : Philippe Huguen - AFP
studio-rtl
La rédaction numérique de RTL
et Guillaume Chieze

Ils ont été libérés, faute de places suffisantes en maison d'arrêt. Trois malfaiteurs, dont deux condamnés à des peines de prison ferme, ont été relâchés. Ils avaient été arrêtés jeudi à Dreux, dans l'Eure-et-Loir.

Le substitut de permanence du parquet de Chartes aurait signifié cette décision, par instruction verbale, à l'officier judiciaire, face à l'impossibilité d'incarcérer ces trois individus. Une situation qui met à nouveau en lumière le problème de la surpopulation carcérale. En juillet, le nombre de détenus en France avait battu tous les records : plus de 68.500 prisonniers pour seulement 57.300 places.

"Lorsque des gens condamnés à des peines de prison ferme sont arrêtés par la police et miraculeusement relâchés au bout de 48 heures sous prétexte qu'une prison est censée être pleine, c'est un mauvais signe qui se diffuse dans le milieu délinquant", juge Patrice Ribeiro, secrétaire national du syndicat de police Synergie, interrogé par RTL.

À lire aussi
Marine Le Pen, le 1er juin 2018 à Bron Rassemblement national
Marine Le Pen doit rembourser 300.000 euros au Parlement européen

C'est un mauvais signe qui se diffuse dans le milieu délinquant

Patrice Ribeiro
Partager la citation

Selon lui, il s'agit là de "trois délinquants violents" : "Ce sont vraiment des gens dangereux, multirécidivistes, qui doivent purger une peine de prison et qui ne la purgeront pas."

Valls "surpris", Taubira demande un rapport

Et le syndicaliste de dénoncer la politique pénale. "On a d'un côté un ministre (Manuel Valls, ndlr) extrêmement volontariste qui nous demande du résultat, notamment sur les zones de sécurité prioritaire", note-t-il. "On voit de l'autre côté que la justice ne joue pas nécessairement le jeu et casse le travail de la police."

"C'est extrêmement préjudiciable pour nos concitoyens"
, dénonce Patrice Ribeiro. "C'est extrêmement démoralisant pour les policiers qui prennent des risques tous les jours pour interpeller des délinquants violents et multirécidivistes."

Cette décision est très étonnante

Manuel Valls
Partager la citation

Face au tollé provoqué par l'annonce, le gouvernement n'est pas resté sans réagir. Dès samedi, Manuel Valls s'est déclaré "très surpris de cette décision et inquiet de ses conséquences", selon son entourage. Une décision, dit-il, qui va "à l'encontre de la stratégie (...) qui vise à accroitre le concours des forces de sécurité pour faire exécuter les peines."

De son côté, Christiane Taubira a demandé un rapport en urgence à la cour d'appel de Versailles, pour comprendre comment une telle décision a pu être prise.

>
Condamnés libérés faute de place en prison : "La justice casse le travail de la police", juge un syndicat Crédit Média : Guillaume Chieze | Durée : | Date :
La rédaction vous recommande
Lire la suite
Info Justice Police
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7763570672
Condamnés libérés faute de place en prison : "La justice casse le travail de la police", juge un syndicat
Condamnés libérés faute de place en prison : "La justice casse le travail de la police", juge un syndicat
TÉMOIGNAGE - Trois malfaiteurs, arrêtés jeudi, ont été relâchés car il n'y avait, selon le parquet, pas de place pour les accueillir en prison. La décision suscite la colère des syndicats policiers.
http://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/condamnes-liberes-faute-de-place-en-prison-la-justice-casse-le-travail-de-la-police-juge-un-syndicat-7763570672
2013-08-04 10:53:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/RY7ZqDEodtfVgKI81ti5ag/330v220-2/online/image/2013/0804/7763570732_deux-des-trois-hommes-avaient-ete-condamnes-a-des-peines-de-prison-ferme-photo-d-illustration.jpg