Syrie : Moscou invite la France à s'occuper de ses "oignons"

Les Premiers ministres français et russe, réunis vendredi en séminaire intergouvernemental, ont étalé leurs désaccords sur la Syrie. François Fillon a tenu à défendre la fermeté de Paris contre un Vladimir Poutine partisan de la "retenue". "J'ai dit que nous étions en accord sur presque toutes les grandes questions internationales. Il y a quelques sujets de désaccords, la situation en Syrie en fait partie", a reconnu M. Fillon lors d'une conférence de presse à l'issue de ce 16ème séminaire tenu à Moscou. Après avoir évoqué une situation "dramatique" et jugé que le président syrien Bachar al-Assad était "resté sourd aux appels de la communauté internationale", le chef du gouvernement français a expliqué qu'il était temps d'agir dans le cadre de l'ONU contre la répression sanglante. Une option que la Russie, tout comme la Chine, n'envisage pas pour le moment.

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Hors de question, pour la Russie, de contraindre le régime syrien à stopper la répression par l'intermédiaire de l'ONU Crédit Média : Armelle Lévy

La France et l'Allemagne vont déposer une résolution

Faisant valoir que la Ligue arabe avait elle-même décidé "des mesures très fortes", il a confirmé que Paris allait déposer (avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne, ndlr) "une résolution à l'Assemblée générale de l'ONU". "Nous espérons qu'elle sera adoptée le plus largement possible", a-t-il noté.
  
Le vote devant le Comité des droits de l'homme devrait intervenir mardi et  pourrait accroître la pression sur le Conseil de sécurité, où la Russie et la Chine s'opposent à toute action. Dans une référence implicite au précédent libyen, François Fillon a en outre assuré qu'il n'était "bien entendu pas question d'une intervention militaire en Syrie. En aucun cas".
  
Prenant à son tour la parole, Vladimir Poutine, dont le pays est un allié de longue date de Damas, n'a pas cherché à masquer le différend. "Ce que nous aimons avec la France, c'est qu'immédiatement elle pense à tout et décide de tout", a-t-il ironisé. "Nous appelons à la retenue et à la précaution, c'est notre position" sur la Syrie, a-t-il dit.
  
Pour autant, Moscou n'entend pas "négliger l'opinion de (ses) partenaires", a concédé M. Poutine.

Nouvelle journée sanglante

Ces pourparlers se déroulaient pendant que les forces syriennes tiraient pour disperser des milliers de manifestants hostiles au régime, tuant au moins onze civils dont un enfant.

Parallèlement, selon la télévision d'Etat, trois membres des forces de sécurité ont été tués dans une attaque à la bombe à Hama (centre). Les risques de guerre civile s'amplifient, avec la multiplication des attaques de militaires dissidents.
  
Sur leur page Facebook, les militants pro-démocratie ont consacré la journée à "l'expulsion des ambassadeurs" syriens à l'étranger, en appelant à des manifestations massives qui, comme chaque vendredi depuis la mi-mars, ont commencé après la prière hebdomadaire.
  
Le régime Assad semble sourd aux injonctions de la Ligue arabe qui lui a donné jusqu'à samedi pour cesser les violences contre les civils sous peine de sanctions économiques, après avoir suspendu la participation de son pays de l'organisation.
  
Les pays arabes reprochent au gouvernement syrien de ne pas respecter, contrairement à sa promesse, le plan de sortie de crise arabe qui prévoit la fin des violences, le retrait des troupes des villes, la libération de milliers de détenus et l'envoi d'observateurs arabes sur le terrain. Les violences ont fait plus de 3.500 morts en huit mois selon l'ONU.

(avec AFP)

par Armelle LevyJournaliste RTL
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Les Premiers ministres français et russe, réunis vendredi en séminaire intergouvernemental, ont étalé leurs désaccords sur la Syrie. François Fillon a tenu à défendre la fermeté de Paris contre un Vladimir Poutine partisan de la "retenue". "J'ai dit que nous étions en accord sur presque toutes les grandes questions internationales. Il y a quelques sujets de désaccords, la situation en Syrie en fait partie", a reconnu M. Fillon lors d'une conférence de presse à l'issue de ce 16ème séminaire tenu à Moscou. Après avoir évoqué une situation "dramatique" et jugé que le président syrien Bachar al-Assad était "resté sourd aux appels de la communauté internationale", le chef du gouvernement français a expliqué qu'il était temps d'agir dans le cadre de l'ONU contre la répression sanglante. Une option que la Russie, tout comme la Chine, n'envisage pas pour le moment.
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2011-11-18 19:45:00