Egypte : des plaintes contre Morsi examinées

Alors que le gouvernement intérimaire égyptien est toujours l'objet de vifs débats, le procureur général examine des plaintes contre le président déchu Mohamed Morsi.

La tension ne faiblit pas en Egypte. Samedi 13 juillet, les tractations se sont intensifiées pour la formation du gouvernement intérimaire. La veille, des manifestations de masse en faveur du président déchu Mohamed Morsi avaient pris place. Par ailleurs, le procureur général a annoncé examiner plusieurs plaintes contre lui.

Priorité à la sécurité

Le Premier ministre Hazem Beblawi a débuté dans la journée des entretiens téléphoniques avec les ministres pressentis. Ceux-ci se poursuivront dimanche 14 juillet, et le gouvernement pourrait-être annoncé mardi 16 ou mercredi 17 juillet. Celui-ci sera constitué de 30 membres, a ajouté Hazem Beblawi, relevant que ses priorités seraient de restaurer la sécurité, d'assurer la fourniture des biens et services et de préparer les échéances électorales (législatives et présidentielle).

D'après des sources officielles, citées par l'agence Mena, le ministre de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim, et surtout celui de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi --le nouvel homme fort du pays--, devraient garder leur poste. Le vice-président chargé des relations internationales et figure de l'opposition anti-Morsi, Mohamed ElBaradei, ainsi que l'économiste Ziad Bahaa Eldin, pressenti comme vice-Premier ministre, participent aux consultations préalables.

Manifestations pro et anti-Morsi

Ces démarches témoignent de la volonté du nouveau pouvoir d'aller de l'avant malgré la poursuite des protestations de rue des partisans de Mohamed Morsi, destitué par l'armée le 3 juillet après des manifestations massives appelant à son départ. Vendredi 12 juillet, dans le bras de fer entre camps rivaux, des centaines de manifestants anti-Morsi se sont rassemblés place Tahrir, ainsi qu'aux abords du palais présidentiel, où ils ont rompu le jeûne en fin de journée, pour le premier vendredi du ramadan.

Mais la foule a surtout été particulièrement nombreuse ce jour là devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le quartier de Nasr City, où les pro-Morsi manifestent depuis deux semaines. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont de nouveau exigé le retour du président islamiste.

Une nouvelle "manifestation de masse pacifique" est prévue lundi 15 juillet, a affirmé un porte-parole des Frères musulmans, Tareq al-Morsi. "Nous sommes là pour faire passer le message aux militaires que nous ne renoncerons pas à la légitimité" du premier président élu démocratiquement, a pour sa part fait valoir vendredi 12 juillet un manifestant, Achraf Fangary. "Nous défendrons Morsi par notre sang", a ajouté Mohamed Yousry.

Enquête possible autour de Morsi

Le nouveau pouvoir, resté sourd à ces demandes, a assuré que Mohamed Morsi se trouvait "en lieu sûr" et était "traité dignement". Mais il n'est pas apparu en public depuis son arrestation, dans la foulée de sa destitution. Washington, qui consacre 1,3 milliard de dollars d'aide militaire par an à l'Égypte, a réclamé vendredi sa libération, ainsi que Berlin.

Samedi 13 juillet, des sources judiciaires ont indiqué que le nouveau procureur général étudiait des plaintes de particuliers contre Mohamed Morsi et d'autres responsables de sa confrérie des Frères musulmans, pour espionnage, incitation au meurtre de manifestants et mauvaise gestion économique. Cette première étape pourrait aboutir par la suite à l'ouverture officielle d'une enquête.

Lundi 1er juillet dernier, 53 personnes ont été tuées et plusieurs centaines blessées lors d'une manifestation pro-Morsi, dans des circonstances confuses. Un mandat d'arrêt a été émis contre le Guide suprême, Mohamed Badie et d'autres responsables de la confrérie, en lien avec ce drame. Quelque 250 personnes ont en outre été inculpées.

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par La rédaction numérique de RTL
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