Otages au Sahel : l'angoisse grandit chez les familles

Elles sont "tétanisées". Les familles des otages retenus au Sahel ont fait part de leur "angoisse croissante" samedi après l'échec sanglant d'une opération pour libérer un autre otage en Somalie et l'implication de soldats français dans une intervention militaire au Mali. Au total, huit Français sont otages en Afrique et au moins six sont aux mains d'Aqmi. Le groupe rebelle Ansar Dine a prévenu samedi que cette intervention militaire aurait des conséquences pour les ressortissants français "à travers le monde musulman".

"C'est très difficile à vivre"

"L'angoisse va croissant. C'est très compliqué et très difficile à vivre", a déclaré Jean-Pierre Verdon, le père de Philippe Verdon, enlevé avec Serge Lazarevic le 24 novembre 2011 au Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

"On est dans l'attente, anxieuse évidemment. On est pendu à la télévision", a renchéri Mireille Blain, porte-parole des familles de trois des quatre employés du groupe nucléaire français Areva et de son sous-traitant Satom, enlevés au Niger et retenus depuis le 16 septembre 2010 par Aqmi.

Évoquant une "situation très grave", Mme Blain n'a pas souhaité commenter le raid en Somaliedes agents de la DGSE ont tenté de libérer l'otage Denis Allex, détenu depuis juillet 2009. "On ne sait pas si l'otage a été tué ou pas, on n'a pas d'information, comme d'habitude", a-t-elle dit.

Denis Allex est-il vivant ?

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré samedi que "tout donne à penser" que Denis Allex a été "abattu par ses geôliers". Les islamistes somaliens shebab affirment qu'il est toujours vivant.



Réagissant à cette opération, M. Verdon a expliqué : "On le vit mal, bien sûr, parce que, par imprégnation, on se sent concernés. C'est angoissant par extension".

Il dit toutefois qu'il "ne porte pas de jugement" sur l'opération qui relève, selon lui, d'un "problème d'état-major". "Mon problème, c'est les otages. Mon voeu, c'est que tout soit entrepris pour essayer de les libérer. Ca devient quelque chose qui nous occupe l'esprit en permanence. C'est assez épouvantable", a-t-il confié.

Le dialogue avec Aqmi est-il encore possible ?

A ses yeux, l'espoir d'une libération réside dans "la capacité d'intimidation que peut représenter la France". Pascal Lupart, le président du comité de soutien à Philippe Verdon et Serge Lazarevic, a réaffirmé la nécessité d'une intervention de forces françaises pour libérer les otages retenus au Sahel.
  
"On va me prendre pour un fou car le bilan (de l'opération en Somalie) est lourd (...) mais mon problème, c'est de me poser la question de ce qu'on peut faire. Je suis pour la diplomatie et le dialogue, mais a-t-on encore des possibilités de dialoguer avec Aqmi?", s'est demandé M. Lupart, reconnaissant que ce n'était "pas forcément la position de toutes les familles".



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par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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Elles sont "tétanisées". Les familles des otages retenus au Sahel ont fait part de leur "angoisse croissante" samedi après l'échec sanglant d'une opération pour libérer un autre otage en Somalie et l'implication de soldats français dans une intervention militaire au Mali. Au total, huit Français sont otages en Afrique et au moins six sont aux mains d'Aqmi. Le groupe rebelle Ansar Dine a prévenu samedi que cette intervention militaire aurait des conséquences pour les ressortissants français "à travers le monde musulman".
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2013-01-12 16:04:00