Le AAA de la France et de l'Allemagne bientôt dégradé ?

Standard and Poor's va-t-elle mettre le feu à la zone euro ? L'agence de notation a prévenu la France, l'Allemagne et quatre autres pays de la zone euro (Pays-Bas, Autriche, Luxembourg et Finlande) qu'ils pourraient être dégradés dans les quatre-vingt dix prochains jours. Standard & Poor's va plus globalement placer les dix-sept Etats de la zone euro sous surveillance négative, ont confirmé lundi des responsables européens. Mauvaise nouvelle pour la France dont la note pourrait être abaissée de deux crans, alors que celles de l'Allemagne, de l'Autriche, du Luxembourg ou encore des Pays-Bas pourraient être elles abaissées d'un seul. L'agence de notation explique que les désaccords persistants entre les dirigeants européens l'incite à mener une étude qui devrait énormément s'appuyer sur les conclusions du sommet européen des 8 et 9 décembre.

L'agence d'évaluation financière américaine Standard and Poor's a annoncé qu'elle envisageait d'abaisser la note de solvabilité à long terme des six pays de la zone euro notés "AAA" et celles de neuf autres pays de la zone.

S&P indique dans un communiqué avoir placé "sous surveillance négative" les notes d'endettement à long terme de quinze pays de la zone euro, dont celles qu'elle attribue à l'Allemagne, à l'Autriche, à la Finlande, à la France, au Luxembourg et aux Pays-Bas, six pays notés "AAA", la meilleure note possible. Standard & Poor's estime que les mesures prises par la France risquent d'être insuffisantes pour atteindre un déficit de 4,5%.

Des responsables européens ont par ailleurs annoncé que Standard & Poor's allait placer les 17 pays de la zone euro sous surveillance négative, confirmant les informations du journal économique britannique.

Une mise sous surveillance avec implication négative signifie que S&P est en train de revoir les notes attribuées aux pays concernés et qu'elle pourrait décider de les baisser dans les trois mois à venir. Selon le Financial Times, S&P a dit aux six pays concernés qu'elle terminerait sa revue des notes «le plus vite possible», après une semaine jugée cruciale pour l'Europe qui se terminera par un sommet européen jeudi et vendredi.

"Absence de progrès des dirigeants européens"

La mise sous surveillance de S&P intervient le jour où Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont annoncé un accord franco-allemand "comple" sur le renforcement de la gouvernance de zone euro, passant par la rédaction d'un nouveau traité dès le mois de mars.

"Nous pensons que l'absence de progrès des dirigeants européens pour contrôler l'étendue de la crise financière pourrait être le reflet de faiblesses structurelles dans le processus de prise de décision au sein de la zone euro et de l'Union européenne", a dit S&P aux six pays concernés.

Le 23 novembre dernier, après Moody's et Standard and Poor's, la troisième grande agence de notation, Fitch, a estimé qu'une éventuelle aggravation de la crise dans la zone euro pourrait menacer la note «triple A» de la France, déjà dégradé par erreur le 10 novembre dernier. 

Paris et Berlin prendront toutes les décisions nécessaires

La France et l'Allemagne ont déclaré lundi dans un communiqué commun qu'elles prendraient toutes les décisions nécessaires pour assurer la stabilité de la zone euro, après le placement sous surveillance négative des notes des membres de la zone par Standard & Poor's.

"La France et l'Allemagne prennent note de la perspective de réexamen par Standard & Poor's de la notation de plusieurs Etats membres de la zone euro", lit-on dans le communiqué commun diffusé par la présidence de la République française.

"La France et l'Allemagne réaffirment que les propositions formulées aujourd'hui conjointement permettront de renforcer la gouvernance de la zone euro afin de rétablir la stabilité, la compétitivité et la croissance", poursuit le texte.

"La France et l'Allemagne, pleinement solidaires, confirment leur volonté de prendre toutes les décisions nécessaires, en lien avec leurs partenaires et les institutions européennes pour assurer la stabilité de la zone euro." 

François Baroin souligne que cette décision ne prend pas en compte l'accord franco allemand conclu aujourd'hui sur un nouveau traité européen. Le ministre des finances assure aussi que nous n'avons pas besoin d'un troisième plan de rigueur.

Agences de notation : kézako ?.

par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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Commentaires Avec Bell & Ross

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