Assassinat de Kennedy : "Le rêve a été assassiné avec l'homme", dit Giscard

DOCUMENT RTL - L'ancien président de la République raconte comment il a appris l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy de la bouche d'un passant, et affirme croire à un crime commandité.

Valéry Giscard d'Estaing le 12 octobre 2012
Crédit : AFP
Valéry Giscard d'Estaing le 12 octobre 2012

Il y a 50 ans, "JFK" s'effondrait dans sa décapotable officielle sillonnant les rues de Dallas, au Texas, abattu de plusieurs balles. John Fitzgerald Kennedy, 35e président (démocrate) des États-Unis, a été assassiné le 22 octobre 1963 et aujourd'hui encore, la vérité sur ce crime n'est toujours pas officiellement établie

Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre des Finances du Général de Gaulle, a eu connaissance de l'événement qui a stupéfait le monde "d'une façon extraordinaire". "Je suis parti de mon bureau du Louvre pour aller prendre l'avion à Villacoublay en direction de l'Auvergne et sur le côté droit du trottoir, il y avait un homme d'un certain âge qui s'agitait - comme s'il faisait de l'auto stop, il levait les bras", raconte l'ancien chef de l'État au micro de RTL.

Dans l'assassinat de Kennedy, il y a quelque part la notion de l'assassinat d'un rêve

Valéry Giscard d'Estaing

"Je me suis dit 'qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui peut arriver ?', poursuit Valéry Giscard d'Estaing. On a ralenti, j'ai baissé la vitre, et il s'est penché et il m'a dit : 'Le président des États-Unis vient d'être assassiné, je l'ai appris à la radio, je suis sorti tout de suite de chez moi pour le dire partout'. Et il a éclaté en sanglots. C'était quelqu'un qui était tellement traumatisé qu'il ne pouvait pas garder cette nouvelle pour lui".

Pour celui qui a exercé les plus hautes fonctions de l'État de 1974 à 1981, l'émotion de cet anonyme est à l'image du choc ressenti par "tous les Français" ce jour-là. "Parce que dans l'assassinat de Kennedy, il y a quelque part la notion de l'assassinat d'un rêve, dit-il. Quand on assassine un rêve, il n'y a pas que la personne qui est assassinée, le rêve est assassiné avec".

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Valéry Giscard d'Estaing raconte comment il a appris l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy Crédit Média : RTL

L'ancien président français révèle au passage quelques secrets savoureux de sa relation avec l'emblématique chef d'État américain, qu'il a rencontré dans le bureau ovale. "Il me demandait des conseils !", notamment sur l'inflation, livre-t-il. Quant à l'atmosphère qui régnait à cette époque à la Maison Blanche, "c'était la jeunesse au pouvoir. La jeunesse qui voulait changer le monde. Il m'a profondément inspiré", confie-t-il.

VGE convaincu par la théorie du complot

Et si le mythe ne s'est pas éteint avec l'homme, le flou demeure sur les véritables raisons de sa mort. Un homme, Lee Harvey Oswald, est rapidement arrêté ; il sera reconnu coupable d'avoir par trois fois tiré sur le jeune président en état de grâce avec une carabine. Il ne sera jamais jugé, assassiné moins de 48h après son interpellation.

Deux enquêtes officielles - aux conclusions controversées - établissent sa culpabilité : la commission Warren, en 1974, et celle de Stokes, de 1976 à 1978. Mais d'innombrables théories prétendent autre chose : pour les complotistes, Oswald aurait été téléguidé par la CIA, le FBI ou l'extrême droite, selon les versions.

Il y a eu une organisation (...) qui a décidé de se débarrasser du président Kennedy. C'est ma conviction

Valéry Giscard d'Estaing

"Gerald Ford (président des États-Unis de 1974 à 1977, ndlr) faisait partie de la commission Warren, reprend Valéry Giscard d'Estaing. J'ai fait un trajet en voiture avec lui une fois aux États-Unis, il était président et j'étais président moi-même. Je lui ai dit : 'Je vous pose une question indiscrète : vous étiez dans la commission Warren, à quelles conclusions avez-vous abouti ?' Il m'a dit : 'Ce n'est pas satisfaisant. Nous avons abouti à une première conclusion : ça n'était pas un crime isolé, c'était quelque chose d'organisé. Nous étions sûrs que c'était organisé. Mais nous n'avons pas pu découvrir par qui'".

"Donc il y a eu une organisation, qu'on n'a pas vraiment mis à jour, qui détestait, qui haïssait ou qui craignait le président Kennedy, et qui a décidé de se débarrasser de lui. C'est ma conviction", tranche l'ancien chef de l'État. Où l'on apprend que deux anciens présidents parmi les plus puissants de leur époque appuient la théorie du complot.

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Kennedy : Valéry Giscard d'Estaing affirme croire à la théorie du complot Crédit Média : RTL
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par Jérôme ChapuisJournaliste RTL
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2013-11-21 22:12:00
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