Jean-Pierre Verdon : "Notre obsession, c'est les otages"

Une "angoisse croissante et permanente". Jean-Pierre Verdon est le père de Philippe Verdon, un homme d'affaires détenu au Mali depuis le 24 novembre 2011. Il a confié à RTL son inquiétude face au déclenchement d'une intervention militaire de grande ampleur dans le nord du pays, à laquelle l'armée française participe. Par peur des représailles, le président du comité de soutien à Philippe Verdon et Serge Lazarevic, a par ailleurs demandé que François Hollande fasse intervenir les forces spéciales françaises pour libérer les otages dans les camps où ils sont détenus. "Nous ferons tout pour les sauver", lui a répondu Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères.

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"Nous subissons la situation", déplore Jean-Pierre Verdon, père de l'un des otages détenus par Aqmi au Mali Crédit : Daniel Ferin

Quelle est votre première réaction, en apprenant que la France est entrée en action ?

Jean-Pierre Verdon : "Je constate que nous sommes dans une position où nous subissons. Il y a un enchaînement de faits qui nous tombent dessus, sans que l'on n'ait la capacité de faire quelque chose. Notre inquiétude est croissante, notre angoisse finit par être très envahissante, permanente".

La présence des otages dans la région n'a pas empêché le déclenchement de l'opération. Vous le déplorez ?

"C'est l'intérêt supérieur de l'Etat qui a prévalu. Nous nous sommes entretenus de cela avec les autorités, qui ont tout mis en œuvre pour trouver une solution, mais ça n'a pas abouti. Aujourd'hui la situation se cristallise : les otages sont là-bas et la capacité de négociation paraît complètement nulle."

Craignez-vous des représailles des islamistes sur les otages ?


"Je n'en ai aucune idée. Seuls les ravisseurs peuvent répondre à cette question."

Avez-vous reçu de nouvelles informations après votre entretien avec Laurent Fabius (NDLR : ministre des Affaires Etrangères) le 4 janvier ?

"Nous savions que la situation était préoccupante, mais rien ne nous a été dit. Je me demande même si, à l'échelon le plus élevé du pouvoir, on savait ce qui allait se passer. Ça s'est passé avec une brutalité qui a surpris tout le monde. Il est possible qu'au moment où nous avons rencontré le ministre des Affaires Etrangères, il n'était absolument pas au courant d'une hypothèse de cette nature. Il y a eu une soudaineté qui n'avait certainement pas été prévue, et la France réagit dans l'urgence. Mais faire la guerre au terrorisme, c'est une chose qui relève de l'Etat. Nous, notre obsession, ce sont les otages, et nos craintes augmentent."

Mali : ce qu'il se passe

par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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