Copenhague : la mort de Marius, bébé girafe euthanasié, choque le monde

En parfaite santé, Marius, girafon d'un an et demi, a été tué au zoo de Copenhague parce qu'il n'avait pas un patrimoine génétique intéressant. Il a été donné à manger aux fauves.

Marius le girafon, le 7 février 2014, au zoo de Copenhague. (archives)
Crédit : KELD NAVNTOFT / SCANPIX DENMARK / AFP
Marius le girafon, le 7 février 2014, au zoo de Copenhague. (archives)

Parce qu'il n'avait pas un patrimoine génétique intéressant, Marius, girafon d'un an et demi, a été euthanasié dimanche 9 février au zoo de Copenhague, malgré la colère des amoureux des animaux. L'animal, bien qu'en parfaite santé, a été exécuté avec un pistolet d'abattage, avant une autopsie à laquelle étaient conviés les visiteurs souhaitant y assister. L'animal a fini dépecé pour nourrir les fauves.
"Il a été abattu à 9H20 (8H20 GMT). Cela s'est passé comme prévu", a indiqué le porte-parole du zoo, Tobias Stenbaek Bro. Il n'avait pas prévu en revanche que l'affaire déchaîne les passions bien au-delà des frontières du Danemark. "C'est toujours le droit des gens de protester. Mais bien sûr nous avons été étonnés", a souligné Stenbaek Bro. Le zoo avait longuement expliqué sur son site internet mercredi, en danois, qu'il n'avait pas d'autre choix que de ne pas laisser le girafon devenir adulte. Dimanche, il a traduit ce plaidoyer en anglais.

Au moins deux zoos volontaires pour l'accueillir

Il y explique qu'il participe à un programme de l'Association européenne des zoos et des aquariums (EAZA) pour éviter la consanguinité entre girafes. En vertu de ce programme, les gènes de Marius ont été jugés trop peu originaux pour lui permettre de se reproduire dans son zoo ou dans un autre du réseau de l'EAZA, qui compte 300 établissements. Les autres solutions que l'euthanasie ont été écartées: la castration, jugée plus cruelle et qui aurait "des effets indésirables", et la réintroduction dans la nature, processus qui a peu de chances de réussir et qui, dans le cas des girafes, n'est pas souhaité par les pays africains. La mort du girafon a révolté des internautes du monde entier.

Dimanche matin, à l'heure de sa mort, plus de 5.200 d'entre eux étaient inscrits à un groupe Facebook appelé "Sauvez Marius". Près de 3.400 avaient signé une pétition en danois sur skrivunder.net, et près de 24.000 une autre pétition, en anglais, sur thepetitionsite.com, soit 10 fois plus que samedi soir. Après l'euthanasie, beaucoup se disaient choqués que le zoo de Copenhague ait refusé son transfert. Le parc animalier du Yorkshire à Doncaster (Angleterre), membre de l'EAZA, a indiqué à la BBC avoir contacté en urgence samedi ses collègues danois pour proposer d'adopter Marius mais ne pas avoir reçu de réponse.

En septembre 2012, un girafon du même âge à peu près, Palle, avait pris un ferry de Copenhague à Kingston upon Hull pour aller vivre dans ce même zoo, où l'on peut toujours le voir. Le zoo de Frösö, à Östersund (Suède), non membre de l'EAZA, a révélé samedi au quotidien suédois Expressen avoir demandé sans succès à récupérer Marius. Son propriétaire affirmait avoir toujours l'agrément qui lui avait permis par le passé d'avoir deux girafes.

Dépecé pour nourrir les fauves

Samedi soir, le quotidien danois Ekstrabladet avait aussi rapporté les propos d'un imprésario danois installé à Los Angeles, Claus Hjelmbak, qui aurait trouvé un acheteur. "Une de mes amis proches, milliardaire, a dit qu'elle voulait transférer quelques millions là-bas pour que nous puissions acheter le girafon. Il aurait tout à fait pu habiter dans son jardin à Beverly Hills. Mais le directeur n'était pas intéressé par une vente. Je suis en colère", a-t-il dit.
Dès l'annonce de l'euthanasie, le zoo avait fait savoir que sa politique était de ne pas vendre ses animaux. Au Danemark, la campagne en faveur du girafon a été ignorée par les deux principales associations de défense des animaux danoises, Dyrenes Beskyttelse ("protection des animaux", l'équivalent de la SPA française) et Anima (qui milite pour le véganisme). Interrogé par Expressen, un responsable de l'Association des zoos suédois, Jonas Wahlström, a dit comprendre l'euthanasie mais s'étonner du sort réservé à la dépouille. "Si on annonçait ça dans les zoos suédois, je crois que le personnel se ferait presque lapider", a-t-il estimé.

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par La rédaction numérique de RTL
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