Alain Afflelou sur RTL : "Je ne pars pas pour ne pas payer d'impôts"

En pleine polémique autour du cas Depardieu, le célèbre opticien Alain Afflelou a annoncé cette semaine son installation à Londres. Depuis lors, il s'échine à démentir tout exil fiscal. A RTL, il livre ce samedi de plus amples explications, en précisant qu'il part "chercher le travail là où il se trouve" et "développer" son entreprise. Il livre cependant un regard dur sur le système fiscal français, qu'il juge "injuste et confiscatoire" envers les chefs d'entreprise.

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Pourquoi l'opticien s'installe-t-il à Londres ? Quel regard porte-t-il sur la fiscalité française ? Les réponses d'Alain Afflelou, sur RTL Crédit : Marie Drucker

Pourquoi quittez-vous la France ?

"Je ne quitte pas la France. Mon père m'a toujours appris qu'il fallait aller là où le travail se trouve, et ne pas attendre qu'il vienne à nous. En 1979, quand j'ai créé mon entreprise, il a fallu que je quitte Bordeaux pour réussir, car depuis Bordeaux je ne pouvais pas voyager. En 1981, j'ai donc déménagé avec femmes et enfants et entamé une carrière qui m'a permis de réussir. Une vingtaine d'années plus tard, j'ai eu l'opportunité de partir en Suisse pour monter le siège de l'entreprise au niveau international. Aujourd'hui nous sommes présents à l'international sur des pays fragiles, et il nous faut aller chercher des leviers de croissance à l'extérieur, développer l'entreprise là où on peut le faire."

Vous dites que vous resterez à Londres pendant deux ou trois ans. En résidant là-bas, vous bénéficierez de fait du régime fiscal anglais, qui est avantageux...

"Je ne cherche pas à jongler avec ces choses-là. Je paierai en Angleterre les impôts que je dois payer (NDLR : sur les revenus du travail), idem en France (NDLR : l'ISF notamment). C'est le système français qui est extrêmement défavorable pour les chefs d'entreprise et les créateurs. A partir de maintenant, ceux qui sont dans la tranche de 75 % d'impôt sur le revenu peuvent dépasser 90% d'imposition. On peut donc avoir en France une fiscalité confiscatoire car elle peut nous priver de l'intégralité des revenus du travail."

Vous échapperez du coup à une grande partie de ce que vous décrivez...

"Comme les 350.000 Français qui travaillent en Angleterre. La nationalité impose-t-elle que nous soyons physiquement résidant en France ? J'ai construit ma fortune à la force du poignet, j'ai payé et je paie beaucoup d'impôts, et si je pars pour développer mon entreprise, c'est pour l'intérêt de mon groupe et de la fiscalité française."

Allez-vous exporter votre patrimoine vers la Grande-Bretagne ?

"Absolument pas."

Que pensez-vous de l'idée avancée par la Cour des comptes de taxer les exilés fiscaux en fonction de leur nationalité, et plus en fonction de leur pays de résidence ?

"La Cour des comptes a le droit d'avoir des idées, mais il existe des conventions internationales et je ne sais pas si les pays seront tous obligés de suivre cet avis. Être français ne correspond à une obligation de vivre sur le territoire. Tout le monde a le droit de partir, d'autres qui n'ont jamais vécu en France. La libre circulation des hommes et des capitaux fait que l'on a le droit de faire ce que l'on fait. Si finalement ils doivent nous taxer, ils nous taxeront. Je ne quitterai pas ma nationalité pour ne pas paye d'impôts, et je ne pars pas pour ne pas payer d'impôts."

Au-delà de votre cas personnel, estimez-vous que la fiscalité qui pèse sur les entrepreneurs en France est injuste ?

"Oui car elle confiscatoire. Mais au-delà de ça il faut évoquer le regard que l'on porte sur les chefs d'entreprise et ceux qui réussissent. Il faut arrêter de dire que les patrons sont des gens malhonnêtes et des voleurs. Nous avons besoin des gens qui travaillent et en font travailler d'autres. Quand il y a des pertes, il n'y a rien à partager. Pour payer des impôts et faire vivre l'Etat, il faut faire des bénéfices et il n'y a que les entreprises qui en créent."

Syndicats et patronat négocient en ce moment : le marché du travail est-il trop rigide ?

"C'est évident. A partir du moment où l'on ne peut pas adapter les effectifs aux besoins dans une entreprise, ça devient très difficile de recruter. C'est aujourd'hui très difficile de licencier. Les salariés doivent être protégés pour ne pas être à la merci d'un patron qui décide n'importe quoi, mais les entreprises ont besoin de flexibilité."

par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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Commentaires Avec Bell & Ross

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