Affaire Alexandre Litvinenko : Vladimir Poutine aurait "approuvé" le meurtre de l'ex-agent du KGB

Les conclusions du rapport d'un juge britannique, dans l'enquête publique sur la mort de l'espion en 2006, ont jeté un froid sur les relations entre Moscou et Londres.

Le président russe Vladimir Poutine le 22 octobre 2015.
Crédit : ALEXANDER ZEMLIANICHENKO / POOL / AFP
Le président russe Vladimir Poutine le 22 octobre 2015.

Vladimir Poutine aurait-il donné un ordre direct pour l’assassinat d'Alexandre Litvinenko ? Une enquête publique menée par la justice britannique estime, jeudi 21 janvier, qu'il existe de "fortes présomptions que l'État russe soit responsable" dans la mort de cet ancien agent du FSB (ex-KGB) survenue le 23 novembre 2006. L'opposant au Kremlin avait été empoisonné à Londres au polonium 210, une substance radioactive extrêmement toxique et quasiment indétectable qui l'avait foudroyé en quelques jours. La photo prise sur son lit de mort, sur laquelle il apparaît chauve et décharné, avait fait le tour du monde. Ainsi, cette opération aurait été "approuvée par Nikolaï Patrouchev (ex-chef des services secrets russes) et aussi par le président Vladimir Poutine", selon le juge Robert Owen en charge de cette procédure ouverte en janvier 2015.

L'enquête a également permis d'établir qu'Andreï Lougovoï, ex-agent du KGB devenu député d'un parti nationaliste, et l'homme d'affaires Dmitri Kovtoun, les deux principaux suspects, sont bien les exécutants. Le 1er novembre 2006, Alexandre Litvinenko avait rencontré ces hommes dans un hôtel londonien. Le soir même, il avait alors commencé à se sentir mal. Quelques heures avant, il avait également rencontré un Italien lui ayant fourni un document sur le meurtre de la journaliste russe Anna Politkovskaïa. "Je suis sûr qu'Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun ont mis le polonium 210 dans la théière", assure le juge. Il estime même qu'une dose plus faible de polonium avait été administrée le 16 octobre, avant la tentative fatale du 1er novembre.

Moscou parle d'une "blague"

Dans la foulée de ces annonces, la veuve Marina Litvinenko a réclamé des "sanctions économiques ciblées" contre la Russie et Vladimir Poutine. Elle a également appelé Londres à prononcer des interdictions de séjour pour Vladimir Poutine et les deux suspects incriminés. "Je me réjouis, bien entendu, qu'un tribunal britannique ait montré, avec des critères élevés d'indépendance et d'équité, que les mots prononcés par mon mari sur son lit de mort, accusant Vladimir Poutine de son meurtre, étaient vrais", a-t-elle déclaré. 

En revanche, ces accusations ont déclenché une forte tempête diplomatique entre Londres et Moscou. Le Kremlin s'est ainsi empressé de balayer d'un revers de main les conclusions du magistrat. "Ça s'apparente peut-être à une blague. Visiblement, on peut relier ça à l'élégant humour britannique", a ironisé un porte-parole. Le ministère russe des Affaires étrangères a de son côté évoqué une enquête "politiquement orientée" qui avait uniquement pour but de "salir la Russie, ses représentants officiels et sou gouvernement".

Les deux accusés russes ont également réagi en niant toutes les allégations en bloc. "Les accusations contre moi sont absurdes. Les résultats de l'enquête démontrent une nouvelle fois la position anti-russe et l'étroitesse d'esprit de Londres", a lâché Andreï Lougovoï à l'agence de presse Interfax. Quant à Dmitri Kovtoun, il a déclaré : "Le juge Robert Owen ne pouvait tirer d'autres conclusions que celles basées sur des preuves falsifiées et fabriquées de toutes pièces". À défaut de pouvoir les traduire devant la justice, le gouvernement britannique a décidé de geler les avoirs des deux exécutants présumés.

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Les conclusions du rapport d'un juge britannique, dans l'enquête publique sur la mort de l'espion en 2006, ont jeté un froid sur les relations entre Moscou et Londres.
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2016-01-21 18:26:18
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