Ikea : licenciée pour avoir refusé d'espionner ses collègues

TEMOIGNAGE - Une enquête préliminaire de police a été ouverte jeudi sur des pratiques présumées d'espionnage d'employés et de clients du géant de l'ameublement suédois Ikea en France. Des pratiques étonnantes que révèle aujourd'hui Anne au micro RTL de Jacques Hardouin. Cette femme de 33 ans travaillait depuis près d'un an dans le magasin de Tourville-la-Rivière, en Seine-Maritime, quand elle a été licenciée "sur le champs" en mars 2009 pour ne pas avoir voulu "fliquer" ses collègues.

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Anne, ancienne responsable de rayon au Ikea de Tourville-la-Rivière (76) : "C'était de l'espionnage. Moi je ne le supportais pas !" Crédit : Jacques Hardouin

Les grands chiffres du spécialiste du meuble en kit

Une société de détectives privés

Selon les révélation du "Canard Enchaîné" daté du mercredi 29 février, Ikea ferait ainsi appel depuis près de dix ans à une petite société de sécurité privée parisienne, capable de dénicher pour quelques dizaines d'euros le moindre petit antécédent de n'importe quel citoyen dont le nom figure dans les gigantesques fichiers de la police. Tout ça, de façon totalement illégale. Et c'est justement pour cette raison que des avocats de salariés ont déposé plainte.

Au sein de la direction d'IKEA, on jure avoir découvert l'affaire en lisant la presse ce matin... Pour le moment, Pierre Deyrisse, le directeur de la communication du géant suédois, ne dément pas cette histoire, mais condamne fermement ces méthodes présumées de barbouzes... Dans l'après-midi, le groupe a réagi en annonçant qu'il lançait une enquête et mettait en disponibilité la "personne concernée" sans la nommer, Le Canard Enchaîné mentionnant le nom d'un directeur de la gestion du risque chez Ikea France.

Un responsable suspendu

"Nous prenons la parution des ces accusations très au sérieux. Nous avons lancé une enquête avec l'aide de conseillers indépendants pour obtenir la vision la plus complète de ce qu'il s'est passé dans les faits", indique Ikea France. "Par respect de la présomption d'innocence, la personne concernée est mise en disponibilité durant ces investigations", indique le groupe dans un communiqué. "Le respect de la vie privée des personnes compte parmi les valeurs les plus fortes du groupe et nous désapprouvons vigoureusement toute pratique portant atteinte à cette valeur", affirme Ikea.

Le feuilleton judiciaire s'apprête donc à démarrer, avec un premier dépôt de plainte auprès du parquet de Versailles. L'affaire semble déjà embarrasser au plus au point : Sûrété International, entreprise chargée de lutter contre la criminalité organisée, et dont IKEA figure d'ailleurs toujours sur sa liste de clients, sonne dans le vide depuis ce matin.

par La rédaction numérique de RTL
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