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Gérard Larcher à Jean-Michel Aphatie : "Je veux redonner une bonne image au Sénat"

Le sénateur des Yvelines, qui a largement remporté la primaire du groupe UMP pour la présidence de la Haute Assemblée, répondait jeudi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Gérard Larcher est revenu sur l'image plus ou moins mauvaise du Sénat : "Par le renouveau, il appartient au Sénat de reconquérir une partie de la confiance de l'opinion". "Je vais conduire avec certains sénateurs le rétablissement de certaines vérités : les indemnités d'un sénateur sont par exemple les mêmes qu'un député, en même temps, créer la poursuite de ce qui a été engagé sur le contrôle des comptes." Sur l'absentéisme des sénateurs, le candidat veut rendre "plus attractive la commission, plus interactive..."

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL



Ecouter aussi : Gérard Larcher remporte la primaire UMP pour la présidence du Sénat

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Gérard Larcher.

Gérard Larcher : Bonjour.

Vous serez donc élu, sans doute, la semaine prochaine président du Sénat ? Que représente pour vous cette présidence, Gérard Larcher ?

Cette présidence du Sénat est la présidence d'une très grande institution de la République : celle qui représente les territoires, qui a des responsabilités constitutionnelles essentielles ; naturellement voter la loi, contrôler le gouvernement, tracer l'avenir et être ce que j'appelle, parfois, l'abri en cas de tempête.

 Vous avez conscience, Gérard Larcher, que le Sénat a une très mauvaise image dans la République française ?

Je pense qu'il y a une distorsion très forte, parfois caricaturale entre la qualité des travaux du Sénat et l'image que le Sénat parfois reçoit en quelque sorte de l'opinion. Cette bataille de l'image, je l'ai d'ailleurs évoquée mais c'est aussi, j'allais dire, au Sénat lui-même par le renouveau suscité par les nouvelles conditions constitutionnelles qu'évoquait Alain Duhamel qu'il appartient tout simplement de reconquérir, s'il l'avait perdu, une partie de la confiance.

Un livre a rencontré un grand écho durant ces derniers jours : "Le Sénat - Enquête sur les super-privilégiés de la République". Il est publié aux éditions Du Rocher. Il est écrit par Robert Colonna d'Estria et Yvan Stefanovic. L'avez-vous lu, Gérard Larcher ?

Non, je ne l'ai pas lu. J'ai lu les passages qui me concernaient. Vous savez, les temps qui courent amènent à faire des synthèses.

C'est dommage, vous auriez peut-être appris plein de choses ?

Ce que je vais surtout conduire avec l'ensemble des sénateurs, d'abord c'est le rétablissement de quelques vérités. Les indemnités d'un sénateur sont les mêmes que celles d'un député. En même temps créer les conditions tout simplement de la poursuite de ce qui a été engagé en matière de contrôle des comptes, publicité des comptes et transparence. Je l'ai dit publiquement, hier, dans le discours que je faisais devant mon groupe et naturellement, en y associant l'ensemble de nos collègues de la Majorité comme de l'Opposition.

L'absentéisme est-il un problème au Sénat, Gérard Larcher ? On évalue à un tiers le nombre de sénateurs qui travaillent, un tiers viendrait très irrégulièrement et un tiers ne viendrait pas du tout.

Je ne suis pas tout à fait sûr de ces statistiques. Le président de la commission des Affaires économiques pendant trois ans, j'ai pu voir que mes collègues travaillaient beaucoup en commissions. Je crois que la réforme de notre règlement va nous permettre de rendre aussi plus attractifs à la fois la séance publique et le travail en commission. La capacité,  par exemple, aujourd'hui de travailler à partir du texte de la commission. Des débats sans doute qui doivent être plus courts, plus ramassés, plus vivants, plus inter-actifs. Voilà les conditions, tout simplement, pour faire de la séance publique un vrai lieu d'échanges politiques plutôt que ce qui est parfois un peu une litanie et qui entraine une forme de lassitude.

L'absentéisme est-il un problème aujourd'hui au Sénat, Gérard Larcher ?
Non l'absentéisme n'est pas un problème...

Tout va bien ?

... Si nous savons créer des conditions - j'allais dire - de l'attractivité.

Mais elles ne sont pas créées aujourd'hui. Donc, c'est un problème aujourd'hui ?

Mais nous allons les créer puisque nous pouvons changer le règlement.

Il existe dans les assemblées françaises, cette pratique absolument rétrograde de la réserve parlementaire et qui permet de distribuer, dit-on parce qu'on n'en sait rien, près de 300 millions d'euros dans des conditions tout à fait opaques. Souhaiteriez-vous mettre fin, Gérard Larcher, au nom d'une certaine modernité comme il a été mis fin au fonds secrets dans les ministères, il y a quelques années, à cette pratique de la réserve parlementaire ?

Mais la réserve parlementaire n'est pas ce qu'on décrit : une espèce de magot opaque qui serait distribué. C'est un levier et un levier d'ailleurs pour l'aménagement du territoire. Les conditions simplement de son affectation...

Sans contrôle ? Distribution sans contrôle ?

Ca n'est pas exact. C'est la commission des finances qui contrôle. Les conditions de sa distribution feront l'objet, je l'ai dit, d'un échange pour voir dans quelles conditions c'est l'ensemble des sénateurs sur le territoire en fonction des besoins du territoire, peuvent en bénéficier. Ils sont des représentants parlementaires de la république et je ne vois pas au nom de quoi dans les conditions de transparence, ce type d'affectations de crédits qui sont d'ailleurs distribués par l'intermédiaire du ministère de l'Intérieur avec le contrôle des préfets, aurait vocation à disparaître si tout est fait dans la transparence.

Pourquoi fait-on disparaître les fonds secrets des ministères. On les justifiait, il y a quelques années, exactement comme vous venez de le faire ?

Ca n'a rien de fonds secrets. Je vais prendre des exemples. Je pense au réaménagement d'une église qui malheureusement n'était pas classée mais d'une grande qualité dans un village de mon département, eh bien ceci a contribué pour un tout petit village rural à permettre de restaurer tout simplement le plus beau bâtiment de ce village.

On a appris à l'occasion de ce renouvellement sénatorial que le Sénat avait acheté un appartement de 200 mètres carrés dans le VIe arrondissement de Paris et que le président sortant, Christian Poncelet, aurait le droit, après la fin de ses fonctions, d'occuper à vie cet appartement. Cela vous semble-t-il normal, Gérard Larcher ?

Je crois que sur ce sujet, le Sénat, hier, au travers du groupe UMP a donné une image de clarté, de transparence et de démocratie. Ces sujets-là, le président élu aura à les examiner. Je n'instruis pas à charge, ni à décharge avant d'avoir la responsabilité de président du Sénat. Ceci nous l'examinerons  sereinement et tranquillement. Pour ceux qui me connaissent, ils savent que les choses seront extrêmement claires.

Excusez-moi, je n'ai pas compris votre réponse. Etes-vous choqué par le fait qu'une personnalité, Christian Poncelet, puisse occuper à vie un appartement que lui paye la République ?

Mais je pense que la notion de "à vie" n'a pas de sens. Voilà pourquoi j'examinerai toutes ces choses-là avec ceux qui auront la responsabilité au bureau de gérer le Sénat.

Si la notion de "à vie" n'a pas de sens, ça veut dire que vous pensez pouvoir remettre en cause ce fait-là, Gérard Larcher ?

Tout sera examiné. Tout.

Et donc vous pourriez remettre en cause ?
 
Tout sans exception.

Aujourd'hui, ce matin, jeudi matin : ça vous choque d'apprendre ça ? Enfin, du moins de commenter cela ?

Rien ne me choque parce que je pense que si demain, je dois présider cette assemblée, j'ai un devoir vis-à-vis des sénateurs, j'ai un devoir vis-à-vis de mes concitoyens car nous sommes élus au suffrage universel indirect, et il est normal que les Françaises et les Français savent comment fonctionne leur démocratie. Nous avons la chance d'avoir une démocratie parlementaire où le parlement voit ses pouvoirs, aujourd'hui, renforcer par la révision constitutionnelle adoptée le 21 juillet dernier. Et c'est vrai que le Sénat va sans doute être le grand bénéficiaire de cette révision constitutionnelle en matière de Droit du parlement. Je crois que ces nouveaux droits ont pour corollaire une exigence : nous devons apporter à la démocratie et à la république, j'allais dire, des travaux de qualité.

Voyez, c'étaient toutes les questions que je vous ai posées. C'est ça qui donne une mauvaise image au Sénat : les attributions d'appartement à vie, l'absentéisme, ces millions distribués. C'est ça la mauvaise image, Gérard Larcher !

Oui. J'espère bien que le Sénat dans les trois ans qui viennent, retrouvera ce qui est sa vraie image car au-delà des caricatures, c'est un lieu où on travaille bien, où on trace les prospectives. Je prendrai tout simplement le débat - et vous le verrez - sur la bioéthique que nous conduirons pour préparer les grands textes en 2009 sur ce sujet.

Allez, bio-éthique, éthique : il y a du travail au Sénat. Gérard Larcher qui n'en est pas président à vie, bien sûr, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée. Merci.  

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Le sénateur des Yvelines, qui a largement remporté la primaire du groupe UMP pour la présidence de la Haute Assemblée, répondait jeudi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Gérard Larcher est revenu sur l'image plus ou moins mauvaise du Sénat : "Par le renouveau, il appartient au Sénat de reconquérir une partie de la confiance de l'opinion". "Je vais conduire avec certains sénateurs le rétablissement de certaines vérités : les indemnités d'un sénateur sont par exemple les mêmes qu'un député, en même temps, créer la poursuite de ce qui a été engagé sur le contrôle des comptes." Sur l'absentéisme des sénateurs, le candidat veut rendre "plus attractive la commission, plus interactive..."
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2008-09-25 07:50:00