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Quand la forêt tropicale obéit à la loi de la jungle

REPLAY - Les forêts tropicales fonctionnent toutes sur le même modèle : les petits arbres attendent la mort des grands pour récupérer la lumière et grandir à leur tour.

Amandine Begot La Revue de Presse La rédaction de RTL
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Télécharger Quand la forêt tropicale obéit à la loi de la jungle Crédit Image : Romain Boé | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

À première vue, c'est un univers qui ne semble obéir à aucune loi. La forêt tropicale, un monde impénétrable, un enfer végétal capable d'égarer n'importe quel explorateur aguerri. Un écosystème d'une complexité folle. La biodiversité exubérante qui y règne parait s'être développée de façon totalement anarchique. Et pourtant, des scientifiques viennent de le prouver : toutes les forêts tropicales s'organisent de la même façon avec plein de petits arbres et quelques très grands. Autrement dit, la jungle obéit bien à une loi de la jungle, implacable et profondément inégalitaire.

"La preuve par l'arbre", titre le mensuel Science&Vie d'avril qui parle d'une découverte capitale, car il y a urgence à comprendre l’organisation des forêts tropicales qui sont des puits de CO2 essentiels. Que dit cette loi ? Que dans n'importe quelle forêt tropicale du monde, que ce soit à Bornéo, au Congo ou en Guyane, le gabarit des arbres, c'est-à-dire le diamètre de leur tronc se répartit à l'identique en suivant toujours la même courbe. 

En cause ? La course à la lumière. Les arbres les plus grands sont ceux qui ont gagné cette course, les plus petits sont ceux qui doivent pousser dans l'ombre et ne gagnent qu'un cm par an, et ils sont beaucoup plus nombreux. Les petits arbres attendent en fait que le géant finisse par tomber pour s'approprier toute la lumière qu'il laissera passer, et ainsi devenir gigantesque à leur tour. Et c'est ainsi que la jungle se compose invariablement de quelques rares arbres géants et d'une armada d'arbrisseaux. Une petite clique de dominants et une plèbe de dominés insignifiants. Bref, un système élitiste qui résonne terriblement avec l'actualité du jour.

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Les petits se rebellent

Une histoire de politique, et là aussi les petits tentent de capter la lumière monopolisée par les grands. "La révolte des petits candidats", titre ce matin Le Parisien/Aujourd'hui en France. Une loi s'apprête en effet à changer les règles pour la campagne présidentielle de 2017, et elle pourrait bien avoir des effets retentissants. D'abord avec les 500 parrainages nécessaires pour se présenter. Les maires devront envoyer leur parrainage directement au Conseil constitutionnel et non plus au candidat. La liste complète des élus ayant parrainé un candidat sera ensuite publiée. Pour Claude Posternak qui signe une tribune intitulée "Ça suffit" sur le site L'important, "C’est tout simplement un contrôle supplémentaire exercé par les partis, pour surveiller et donc tenir leurs élus".

"Mais, écrit Le Parisien, la crispation porte surtout sur l'organisation du débat présidentiel". La règle de la stricte égalité des temps de parole dans les médias serait remplacée, avec ce texte, par un simple "principe d'équité" plus souple. Une minute de Hollande ou de Sarkozy ne sera pas obligatoirement compensée par une minute de Mélenchon ou de Poutou. Le texte précise que c'est la représentativité de chaque candidat qui devra être prise en compte, en fonction du résultat des dernières élections ou de sa place dans les sondages ! "Pourquoi ne pas réduire directement le débat à deux candidats, on économiserait le 1er tour", ironise Jean-Luc Mélenchon. "C'est choquant et parfaitement antidémocratique", écrit Corinne Lepage sur le Huffington post.

"C'est oublier un peu vite, rappelle Le Parisien, que l'égalité stricte du temps de parole a souvent été factice, faisant de Nathalie Arthaud, candidate lutte ouvrière la reine de la nuit sur TF1 avec des interviews diffusées à 2h du matin." Comment rétablir l'équilibre ? Sans doute pas avec cette nouvelle loi.

L'équilibre de traitement médiatique des attentats

Vingt-quatre heures après le terrible attentat qui a coûté la vie à au moins 70 personnes au Pakistan, l'accusation est déjà brandie sur les réseaux sociaux et interroge certains médias : pourquoi cet attentat suscite-t-il une couverture médiatique moins intense que celui qui a frappé Bruxelles le 22 mars, tuant au moins 35 personnes ? Pourquoi la tour Eiffel n'a-t-elle pas arborée les couleurs du Pakistan ? Réponse cinglante du Guardian à Londres :  "Il est indéniablement vrai que la couverture est moins importante, mais il est aussi vrai, et regrettable, qu'il semble y avoir encore moins d'audience pour."

"Ce phénomène est tout sauf nouveau", explique le site Slate. C'est la loi cynique du mort au kilomètre, qui s'était déjà vérifiée lors des attentats de Paris. Qui se souvient, à part les Libanais, qu'un attentat meurtrier avait visé Beyrouth la veille, le 12 novembre ?  Le problème n'était pas que les médias n'avaient pas couvert l'attentat au Liban, mais que les lecteurs n'avaient pas lu les articles qui lui étaient consacrés. Ce matin, l'attentat de Lahore au Pakistan fait la Une du New York Times, de Libération et du Monde.

Un nouveau magazine en kiosque

On termine avec un petit nouveau en kiosque. Il sort ce matin, il s'appelle 75 comme le chiffre, comme le département de Paris. Et c'est une bonne surprise, ce n’est pas un énième mensuel sur les derniers endroits à la mode à Paris , les derniers restos, non c'est un magazine d'histoire de Paris, les petites histoires et la grande. Il y a notamment le récit incroyable du 4 mai 1897, le jour où le tout Paris a disparu. Ce jour-là un incendie se déclenche juste à coté de RTL dans le 8e arrondissement, au Bazar de la Charité, un hangar de bois qui accueille chaque année une vente de bienfaisance. Le bâtiment se consume et s'effondre en quelques minutes faisant 126 morts dont une majorité de femmes de la haute société transformée en torche humaine à cause de leurs corsets chargés de mousseline et de leurs robes pleines de dentelle. "Le meilleur du cœur de Paris est frappé par la catastrophe" titrera Le Figaro le lendemain.

La plus illustre des victimes est la duchesse d’Alençon, sœur de Sissi l'impératrice. C'est son dentiste qui permet de l'identifier, donnant ainsi naissance à l'odontologie légale à laquelle la justice a toujours recours aujourd’hui. Dans les décombres, on retrouvera l'origine de l'incendie. Pour animer la vente on avait installé le tout premier cinématographe une machine brevetée par les Frères Lumières. Mais en plein milieu de la soirée, le projecteur s'éteint, la lampe fonctionne à l'éther, le projectionniste demande de la lumière à son assistant, qui craque une allumette.

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2016-03-29 10:07:55
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