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Pourquoi l'application SAIP alerte attentat a été déclenchée vendredi matin

L'application SAIP a été testée en temps réel dans le cadre d'une simulation de menaces terroristes dans les établissements scolaires de la Seine-Maritime. L'objectif : sensibiliser la population à son fonctionnement et élargir son cercle d'utilisateurs.

Lancée dans l'urgence pour l'Euro 2016, l'application SAIP aurait coûté 400.000 euros à l'État
Lancée dans l'urgence pour l'Euro 2016, l'application SAIP aurait coûté 400.000 euros à l'État Crédit : AFP
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Benjamin Hue
Journaliste RTL

L'application SAIP refait parler d'elle. Ce vendredi 13 octobre, un message a été envoyé par le "Système d'alerte et d'information des populations", plus connu sous le nom d'application SAIP, évoquant un exercice dans un établissement scolaire de Seine-Maritime. Dans le cadre du plan particulier de mise en sûreté, des simulations de menaces terroristes étaient effectivement menées dans les établissements scolaires du département et de l'Eure. Annoncée par la préfecture de Seine-Maritime, l'opération a également donné lieu à un test grandeur nature de l'application SAIP. 

Contactée par RTL.fr, la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) rappelle que des exercices de ce type sont régulièrement menés. Plus d'une vingtaine ont été organisés via l'application. En novembre dernier, elle a été testée dans plusieurs départements du sud-est pour prévenir d'une inondation en cours. Un exercice déjà. Une alerte SAIP est déclenchée par le préfet qui décide de la diffuser sur la plateforme de test ou sur l'application réelle. La préfecture de la Seine-Maritime, endeuillée par l'attentat à l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray le 26 juillet 2016, a choisi cette option afin de sensibiliser la population au fonctionnement de l'application et élargir son cercle d'utilisateurs.

Des exercices inévitablement anxiogènes

Les alertes SAIP sont envoyées en fonction de la géolocalisation des utilisateurs. Une personne géolocalisée à Paris recevra une notification si une menace est en cours dans cette zone. Les utilisateurs peuvent également s'abonner à des zones déterminées pour recevoir des alertes en cas d'événement. Ce vendredi, plusieurs utilisateurs ont indiqué avoir reçu une alerte pour l'exercice mené en Seine-Maritime alors qu'ils n'étaient pas dans la zone et ont fait état de plantage à l'ouverture de la notification. Le ministère de l'Intérieur explique qu'il s'agit de bugs contenus par la première version de l'application, corrigés depuis dans la dernière version

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Plusieurs internautes se sont plaints du caractère anxiogène des alertes envoyées dans le cadre d'un simple exercice. La sécurité civile rappelle que les mêmes critiques ont accompagné le lancement des exercices de sécurité anti-attentat dans les écoles à la rentrée 2016 et souligne le travail de pédagogie effectué par la préfecture en amont pour prévenir les populations de ce type d'initiative. "Comme pour la sécurité routière, il est nécessaire d'éduquer et de sensibiliser les populations. On essaie de faire au mieux. La préfecture communique avant de déclencher l'alerte. Après, c'est certain que ça peut désarçonner ceux qui la reçoivent sans être au courant. Mais la notification indique qu'il s'agit bien d'un exercice et non d'un événement réel", explique la DGSCGC.

Une application décriée mais pas figée

Lancée au printemps 2016 pour l'Euro de football, l'application SAIP fait partie du dispositif d'alerte gouvernemental aux populations en cas de péril majeur. Elle a souffert de plusieurs dysfonctionnements après l'attentat à Nice le 14 juillet 2016 et lors d'une fausse alerte à la prise d'otage à Paris deux mois plus tard. Début septembre, un rapport sénatorial a pointé les défaillances de l'application et son influence limitée, alors qu'elle n'a été téléchargée qu'à un million de reprises en France. Des voix se sont élevées pour la renforcer avec d'autres dispositifs comme la diffusion d'alertes cellulaires ou les SMS géolocalisés.

"La porte est encore ouverte", assure la sécurité civile. "La diffusion cellulaire n'a pas été retenue lors de l'étude de marché précédant le développement de l'application parce qu'elle ne couvrait pas toutes les prestations qu'on envisageait. Mais la réflexion continue. Un audit de l'application est lancé pour voir comment l'améliorer. On fait des expérimentations avec d'autres services pour voir comment faire évoluer les alertes et utiliser les nouvelles technologies, les réseaux sociaux et demain la 5G".

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Pourquoi l'application SAIP alerte attentat a été déclenchée vendredi matin
L'application SAIP a été testée en temps réel dans le cadre d'une simulation de menaces terroristes dans les établissements scolaires de la Seine-Maritime. L'objectif : sensibiliser la population à son fonctionnement et élargir son cercle d'utilisateurs.
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2017-10-13 13:33:00
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