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La France fait la chasse aux "fake news" avant l’élection présidentielle

Les pouvoirs publics souhaitent coopérer avec les géants du web pour anticiper une manipulation du scrutin.

Facebook est accusé d'avoir favorisé l'élection de Donald Trump en laissant proliférer les intox sur son réseau
Facebook est accusé d'avoir favorisé l'élection de Donald Trump en laissant proliférer les intox sur son réseau Crédit : Sipa
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Benjamin Hue
Journaliste RTL

Les autorités prennent les fausses informations au sérieux. Selon L’Express, la direction interministérielle des systèmes d'informations et de communication de l'État (DISIC), le ministère de l’Intérieur et l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) souhaitent rencontrer les représentants de Facebook, Google, YouTube et DailyMotion. L’objectif est d’éviter la propagation et la mise en avant par le biais des algorithmes de référencement de contenus de désinformation susceptibles de manipuler l'opinion et d'influencer l’élection présidentielle en cas de scrutin serré. 

Confirmant les informations de L’Express, l’ANSSI explique à RTL.fr qu’il s’agit d’une "démarche de bon sens, engageante pour personne, permettant de partager nos inquiétudes et notre vision des choses pour voir s’il est possible de trouver des solutions à court terme afin d’éviter les effets pervers de la manipulation de l’information" mais qu’il n’est pas question de mettre en place "un contrôle de l’information". Une première rencontre informelle est prévue la semaine prochaine entre des représentants de la DISIC et Google. Cette initiative s'inscrit dans un processus plus large visant à anticiper les risques de piratage du scrutin. Fin octobre, l'ANSSI a organisé un séminaire pour sensibiliser les partis politiques à cette menace.

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Intox et manipulation

Aux États-Unis, où près d’un Américain sur deux utilise Facebook comme source d’information, le réseau social est accusé d’avoir favorisé l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche en laissant proliférer les articles de désinformation sur sa plateforme. De nombreuses voix ont mis en cause ses algorithmes qui font remonter les fausses informations dans les fils d’actualité des utilisateurs en favorisant les contenus viraux suscitant le plus d'engagement. Les détracteurs de la plateforme sociale lui reprochent également d'alimenter une pensée unique sans contradiction possible. Google a été pointé du doigt pour avoir fait remonter sur son moteur de recherche des articles publiés sur des sites de fake news.

En France, Alain Juppé et François Fillon ont subi pendant la campagne pour la primaire de la droite et du centre des attaques sur leur supposée collusion avec des organisations islamistes radicales à travers la diffusion de vidéos sur YouTube et d’articles sur les réseaux sociaux les caricaturant en "Ali Juppé" et "Farid Fillon". Idem à gauche où Benoît Hamon et Emmanuel Macron sont grimés en "Bilal Hamon" et "Djamel Macron". La problématique est prise au sérieux par les équipes des candidats. Une page du site internet de François Fillon est désormais dédiée à la lutte contre les rumeurs et les déformations afin de véhiculer la communication officielle du candidat Les Républicains sur les thématiques visées par ces intox.

Une responsabilité limitée

Sous le feu des critiques, Facebook et Google ont modifié les règles de leurs régies publicitaires pour priver les éditeurs de fake news de recettes. Google propose désormais le label "fact check" sur les éditions anglo-saxonnes de Google News. Facebook permet à ses utilisateurs américains de signaler les articles qu’ils considèrent comme mensongers afin qu’ils soient vérifiés par une équipe de journalistes puis assortis d’une mention danger s’ils s’avèrent être des fausses informations. Ce système a été déployé mi-janvier pour la première fois en Europe en Allemagne, où la manipulation des faits par l'extrême-droite inquiète les autorités. Rien n'a filtré pour la France pour l'instant.

Les principaux acteurs du web comme Facebook et Google partagent de plus en plus de caractéristiques avec les médias mais n'ont qu'une responsabilité limitée devant la loi pour les contenus postés par des tiers sur leurs plateformes. Facebook reconnaît depuis peu une responsabilité éditoriale mais ne veut pas "être l'arbitre de la vérité en contrôlant tous les contenus",  comme le rappelait récemment la numéro 2 du groupe, Sheryl Sandberg, dans une interview au Figaro. À défaut de pouvoir les contraindre, les autorités s'efforcent donc de maintenir le dialogue avec les géants du web pour faciliter la coopération.

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2017-01-26 09:29:00
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