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4 tendances high-tech qu'on aimerait laisser en 2017

Les derniers mois de cette année ont érigé en standards certaines habitudes des entreprises technologiques. Et celles-ci, à l'image des données personnelles mal sécurisées, ne vont pas vraiment dans le sens des consommateurs.

Les logos des GAFA, acronyme de Google, Apple, Facebook et Amazon
Les logos des GAFA, acronyme de Google, Apple, Facebook et Amazon Crédit : AFP
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Benjamin Hue
Journaliste RTL

De la flambée du cours du bitcoin à l'irrésistible essor de l'intelligence artificielle, en passant par les progrès de la robotique et la révolution annoncée de la blockchain, l'année technologique écoulée a mis en lumière plusieurs lignes de force en passe d'ébranler de nombreux pans de l'industrie, pour le meilleur et pour le pire.

Les derniers mois ont également exposé au grand jour certains comportements récurrents des entreprises du secteur qui ne vont pas vraiment dans le sens des consommateurs. Illustration avec ces quatre tendances que l'on laisserait volontiers derrière nous au moment de passer à 2018. La liste n'est bien sûr pas exhaustive.

1. Les objets connectés et les données personnelles mal sécurisés

Traversée par plusieurs attaques informatiques de grande ampleur, l'année écoulée a mis en lumière le manque de protection d'une grande partie des objets connectés en permanence à Internet et des données qu'ils collectent.

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Ce en raison de la négligence de nombreux constructeurs pour qui la sécurité n'était pas la priorité, de la conception logicielle au suivi des produits. 

Les fabricants coupables de manquements aux exigences de sécurité basiques sont dans le viseur des autorités de nombreux pays. Les mises en demeure se sont multipliées à l'approche de Noël, esquissant un débat mondial sur la vulnérabilité des jouets connectés pour enfants, notamment.

En mai 2018, le nouveau règlement européen promet de renforcer la sécurité des données personnelles des consommateurs en rendant les entreprises responsables des données qu'elles détiennent. Mais le cadre de son application est encore flou et les premières sanctions seront scrutées de près.

En attendant, professionnels de la sécurité et défenseurs des libertés redoublent d'effort pour faire rentrer dans les mœurs des consommateurs les bonnes pratiques préalables à l'achat d'un produit connecté ou l'inscription à un service en ligne.

2. Les entreprises qui ne prennent pas leurs responsabilités

2017 a aussi confirmé la propension de certains services à se dérober à leurs responsabilités. À l'instar d'Uber, qui a payé une rançon pour taire un piratage qui a conduit au vol de 57 millions de données personnelles. 

Ainsi que Yahoo!, qui a admis en octobre que les données de 3 milliards de comptes avaient finalement été compromises lors d'un piratage il y a trois ans. Comme elles, certaines sociétés semblent fournir plus d'efforts pour dissimuler les mauvaises nouvelles que pour les empêcher. Quitte à mettre en péril la sécurité de leurs clients.

D'autres comme Facebook, Google et YouTube se sont évertués à présenter leurs excuses à de trop nombreuses occasions. Ici pour avoir mis en avant de fausses informations sur leurs pages dans la foulée d'un événement tragique. Là pour avoir exposé des enfants à des vidéos violentes et à des commentaires pédophiles. 

Retranchés derrière les mécanismes des algorithmes chargés de trier leurs contenus, ils rechignent à prendre des mesures radicales à la hauteur de leur responsabilité éditoriale de plateformes aux audiences milliardaires.

Et même si le rapport de force existe, les régulateurs ont toutes les peines à faire appliquer leurs doléances à des acteurs dont la puissance nourrit des ambitions régaliennes.

3. Les attaques contre la neutralité du Net

Sous la pression de la fédération des télécoms, les États-Unis ont voté mi-décembre la fin de la neutralité du Net, l'un des principes fondateur de l'Internet libre et ouvert qui garantit la non-discrimination des connexions des internautes vers des sites et services.

Supprimer cette règle permet aux opérateurs d'avoir tout loisir de faire payer un surcoût sur des services spécifiques pour accéder à certains contenus, particulièrement ceux générant le plus de trafic. La voie royale pour un web à plusieurs vitesses.

Une offre fictive d'accès à Internet sans la neutralité du Net
Une offre fictive d'accès à Internet sans la neutralité du Net Crédit : La Quadrature du Net

Les États-Unis sont une locomotive des réseaux. La décision pourrait faire tâche d'huile outre-Atlantique. La neutralité du Net est protégée en France par le droit européen transposé dans la loi pour une République numérique en octobre 2016. Mais des remises en cause se font entendre du côté des télécoms. 

Le PDG d'Orange a mis un pavé dans la mare le 11 décembre en affirmant qu'il était une "obligation" de réfléchir à la mise en place d'un web à plusieurs vitesses pour soutenir le développement de la 5G.

Face au risque de voir disparaître la neutralité du Net, la riposte s'organise comme elle peut. Aux États-Unis, certains envisagent de devenir leur propre fournisseur d'accès pour créer des réseaux d'accès communautaires et équitables. Un effort louable mais dérisoire au regard des obstacles soulevés par une telle initiative.

En France, des députés proposent plus simplement d'inscrire la neutralité du Net dans la Constitution en ajoutant à l'article 1er les mots suivants : "La loi garantit l’accès libre, égal et universel à des réseaux numériques ouverts et la formation des citoyens à leur utilisation".

4. La fin de la prise jack sur les smartphones

Même si certains modèles font de la résistance, la suppression de la prise jack s'impose peu à peu dans la téléphonie. La disparition de ce dernier bastion analogique permet aux constructeurs de favoriser d'autres composants, comme la batterie, dans des appareils au format toujours plus compact et de régler le problème d'étanchéité lié à une prise sans cache.

Elle leur permet également de numériser totalement la chaîne audio de leurs smartphones et d'orienter le consommateur vers un équipement sans-fil.

À défaut de prise casque, les fabricants fournissent un adaptateur USB-C (ou Lightning pour Apple) à l'achat. Mais l'utilisateur doit alors composer avec un encombrement plus important et de nouvelles contraintes comme l'impossibilité de recharger son smartphone en écoutant de la musique, des normes incompatibles voire l'usure de ce nouveau connecteur.

Sinon, le consommateur est contraint de s'équiper avec du matériel compatibleLes casques et écouteurs Bluetooth sont les principaux bénéficiaires de cette évolution. De nombreux utilisateurs y trouvent d'ailleurs un confort d'utilisation supplémentaire et une durabilité renforcée. 

Sony a lancé à l'IFA les premiers écouteurs sans-fil à annulation de bruit
Sony a lancé à l'IFA les premiers écouteurs sans-fil à annulation de bruit

Mais les casques sont encore chers : il faut compter minimum une centaine d'euros pour un produit de qualité. Et entre les problèmes d'appairage et la faible autonomie globale, les écouteurs sans-fil sont loin d'être tous aussi aboutis que les AirPods (qui ne sont pas intra-auriculaires et ne conviennent donc pas à toutes les oreilles).

Avec la fin de la prise jack, se retrouver dans l'incapacité d'écouter de la musique dans les transports en commun devient finalement une hypothèse à envisager sérieusement en partant au travail de bon matin. 

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2017-12-26 08:30:00
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