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François Hollande : "Je dois travailler avec Delanoë, je verrai ce que fera Royal"

Le Premier secrétaire du Parti socialiste était l'invité de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. François Hollande, qui souhaite "la constitution d'un pôle central au PS", a semblé donner une légère préférence à Bertrand Delanoë, se déclarant "très favorable" à la discussion avec le maire de Paris. Et d'ajouter : "Ségolène Royal doit décider si elle veut rentrer dans cette discussion".

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL



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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Hollande.

François Hollande : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Quel langage souhaitez-vous que l'Europe tienne à la Russie dans la crise géorgienne ?

Un langage de fermeté, car ce qui vient d'être décidé par la Russie est un manquement par rapport à toutes les règles du doit international. Qu'il y ait eu une maladresse du président géorgien, ce n'est pas niable ; que ces territoires inconnus sans doute de beaucoup de nos concitoyens : l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, aient depuis longtemps un statut particulier, chacun le sait. Mais là, annoncer l'indépendance de ces enclaves qui donc, quelques dizaines de milliers d'habitants, c'est finalement la fin de ce qu'était la stabilité du monde depuis 1945 autour des règles du maintien de l'intégralité territoriale. Donc, faire attention.

Jusqu'où doit aller la fermeté ?

De rappeler ces règles-là.
   
Les Russes s'en moquent un peu ?

Ecoutez si vous pensez que la diplomatie ne peut pas jouer son rôle, à ce moment-là, nous sommes dans un conflit. J'ai entendu même...

... Le risque existe ?

... Bernard Kouchner parler de "Guerre froide ou chaude". Ecoutez, franchement, il faut marquer de la fermeté. La Russie ne peut pas décider seule. Elle est elle-même membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Donc, je pense que l'Europe si elle est unie, et si elle ne fait pas preuve de naïveté car quand même, quand on revient sur les événement de l'été, il y a eu de la naïveté notamment de la part de Nicolas Sarkozy de penser que par son seul déplacement, il allait régler la question entre la Géorgie et la Russie. Donc, il faut que l'Europe fasse preuve d'unité et de fermeté.

Puisque vous êtes député, François Hollande, vous serez amené à voter à la fin du mois de septembre pour ou contre la poursuite de l'engagement militaire en Afghanistan. Votre opinion est faite, ce matin, François Hollande à ce sujet ?

Je crois qu'il faut poser des conditions à la présence de la France en Afghanistan.

Lesquelles ?

La première, c'est qu'il faut réévaluer la mission qui a été confiée à nos Armées. Vous vous souvenez, c'est un gouvernement - Lionel Jospin, Président Chirac qui ont décidé d'envoyer à un moment des troupes françaises dans le cadre d'une mission internationale décidée par les Nations Unies pour renverser le régime taliban. Nous y sommes donc depuis près de sept ans ; et il faut donc que la mission de nos forces soit précisée. Il y a eu un acte...

Préciser : c'est la lutte contre les talibans ?

Attendez, il y a eu un acte très important qui a été décidé...

Qu'est-ce qu'il faut préciser de plus ?

Quelle est exactement la mission des forces françaises ?

Lutter contre les talibans.

Est-ce que c'est le maintien de l'ordre ? C'est-à-dire des actes qui sont appelés d'ailleurs, des opérations de guerre, ou est-ce que c'est le soutien, l'encadrement, la formation des troupes afghanes car ce sont les Afghans qui doivent assurer leur propre sécurité avec notre soutien.

Deuxième condition. Il faut que les Alliés, en l'occurrence l'OTAN, puisque c'est elle qui est en place avec les Etats-Unis, elles même redéfinissent leur stratégie. On voit bien et on a été éclairé par la commission de la Défense. Hier, il y a quand même hélas un progrès hélas des talibans, corruption, généralisation de la culture du pavot. Bref !

Donc, partir d'Afghanistan est impossible ?

Est-ce que je l'ai dit ?

Non...

J'ai dit qu'il faut poser des conditions.

Et si les conditions ne sont pas remplies ?

Faire en sorte, là aussi, d'atteindre ces objectifs.

Quand on décompose les conditions, on prend le risque de dire que les conditions n'étant pas remplies, il faut se retirer.

Et quand on ne prend pas le risque de poser des conditions, on prend le risque de l'enlisement et peut-être même à un moment du retrait dans le désordre et dans le déshonneur.

Des dirigeants socialistes demandent le retrait des forces françaises. Il y a division dans votre parti, à ce sujet, François Hollande ?

Non, je pense qu'il faut fixer un calendrier. C'est normal. On n'est pas à vie en Afghanistan. Il faut donc qu'il y ait un processus et l'Afghanistan a besoin de la France mais la France ne peut pas aller dans n'importe quelle condition en Afghanistan.

Delanoë - Royal : ce sera le choc pour vous succéder, François Hollande. C'est exactement ce que vous vouliez éviter. Ce choc, c'est votre échec François Hollande ?

Ecoutez, je pense qu'une succession n'est jamais facile à assurer. La preuve ! On dit : François Hollande, il est là depuis onze ans. Oui. A un moment, il faut assurer la transition.

Il faut vous remplacer. Vous n'êtes pas irremplaçable, non plus ?

C'est quelquefois difficile.

Personne n'est irremplaçable.

Personne ; et c'est pour ça que je veux moi-même ne pas être simplement un spectateur...

Mais vous vouliez éviter cette bagarre. Elle est devant vous. Est-ce que c'est un échec pour vous, François Hollande ?

Attendez. Ce que je veux faire, c'est qu'on ne parle pas simplement des personnes. Je ne sais pas ce que fera d'ailleurs Ségolène Royal ou ce que décidera, finalement, Bertrand Delanoë, même s'il est normal qu'ils affirment leur disponibilité, et notamment Bertrand Delanoë, hier. Moi ce que je veux faire ...

Vous doutez qu'ils aillent jusqu'au bout ?

Et moi ce que je veux faire... Nous verrons bien.

C'est ce que vous suggérez.

Je pense qu'aujourd'hui, ma tâche c'est de faire en sorte que ceux qui pensent la même chose dans le Parti socialiste, qui forment un bloc central, un pôle central susceptible d'en donner la direction, la cohérence puissent se retrouver. Je dois travailler avec Bertrand Delanoë. Nous verrons ce que fera Ségolène Royal. J'en appelle à d'autres. Ceux qui pensent la même chose doivent être ensemble. Pourquoi ?

Chacun a noté la formule, François Hollande...

Parce que sinon, c'est la logique de la dispersion, de la fragmentation et au moment où cette rentrée se fait, moi je veux que le Parti socialiste soit en bon ordre, qu'il ait une nouvelle équipe permettant de travailler ensemble à l'avenir du pays.

Chacun a noté la formule ce matin sur RTL, François Hollande. "Je dois travailler avec Bertrand Delanoë. Ségolène Royal verra ce qu'elle a à faire de son côté". Votre préférence est affichée, ce matin sur RTL.

Je ferai aussi en sorte que Ségolène Royal soit pleinement dans le Parti socialiste. Elle a été notre candidate...

Mais vous êtes plus proche, ce matin, de Bertrand Delanoë que de Ségolène Royal visiblement ?

Bertrand Delanoë ouvre une discussion. Il faut qu'il y ait une discussion. Si Ségolène Royal peut être dans cette discussion, d'accord. Mais je pense qu'aujourd'hui ceux qui pensent la même chose, doivent se retrouver ensemble.

Quel bazar quand même au Parti socialiste !

Mais non, c'est à moi de faire en sorte que nous nous retrouvions...

Pour l'instant, vous n'y arrivez pas...

Nous verrons bien ; mais je fais mon travail de premier secrétaire jusqu'au bout.

Vous êtes en train de louper votre sortie, François Hollande ?

Ecoutez, ce n'est pas moi qui est aujourd'hui est candidat. Ce n'est pas moi qui complique les choses. Donc, je vais essayer de les simplifier et c'est pourquoi je fais en sorte qu'il y ait ce pôle central qui existe dans le Parti socialiste.

Vous auriez pu écrire le titre des "Echos", ce matin, François Hollande. Sarkozy veut taxer les revenus du capital pour financer le revenu de Solidarité Active. 

A un moment, il voulait prendre sur les bénéficiaires de la prime pour l'emploi. Il a changé. Tant mieux.

Donc c'est bien. Pour vous, c'est bien.

J'espère qu'il tiendra bon. S'il doit y avoir des financements pour le RSA, qu'il soit pris sur ceux qui ont le plus me paraît légitime.

Vous pourriez voter le RSA dans ces conditions, François Hollande ?

On va voir comment il va être présenté puisqu'il va être présenté, jeudi. Mais je pense que Nicolas Sarkozy n'est pas à l'abri de changements. Hier, il voulait prendre sur les bénéficiaires de la PPE, aujourd'hui sur les revenus du patrimoine. Ecoutez quand on aura le dispositif, je regarderai ce qu'il y a lieu de faire. Mais je trouve qu'il y a quand même plus de légitimité à financer les revenus des plus modestes par une contribution des plus riches.
   
Décidément, Nicolas Sarkozy vous surprendra toujours.

Ah, il faut dire qu'il est assez surprenant. Il avait même annoncé la baisse de quatre points des prélèvements obligatoires ; et vraisemblablement, ils vont augmenter cette année. Donc, convenez bien que sur le plan du changement, de la mobilité et de la capacité à renier ses engagements, il est le meilleur d'entre nous.

François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, qui donc ce matin, on l'a noté, il faut le redire, est quand même - comment dirais-je ? - un peu ouvert à la candidature de Bertrand Delanoë à la tête du Parti socialiste.

Je suis ouvert à ce qu'on puisse travailler avec Bertrand Delanoë comme avec d'autres.

C'est dit !

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François Hollande L'invité de RTL Parti socialiste
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Le Premier secrétaire du Parti socialiste était l'invité de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. François Hollande, qui souhaite "la constitution d'un pôle central au PS", a semblé donner une légère préférence à Bertrand Delanoë, se déclarant "très favorable" à la discussion avec le maire de Paris. Et d'ajouter : "Ségolène Royal doit décider si elle veut rentrer dans cette discussion".
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2008-08-27 07:50:00