EXCLU - Manuel Valls sur RTL : "Les chiffres de la délinquance sont plutôt mauvais"

Invité de RTL vendredi matin, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a livré en exclusivité les grandes tendances des chiffres de la délinquance en France en 2012. Si le nombre des homicides est "à son plus bas niveau", les vols avec violences, les violences faites aux femmes et les cambriolages sont, "comme chaque année", en augmentation.

Manuel Valls invité de RTL le 18 janvier 2013
Crédit : RTL
Manuel Valls invité de RTL le 18 janvier 2013

"Je vais assumer ces chiffres"

Manuel Valls a affirmé vendredi au micro de Jean-Michel Aphatie que le nombre des homicides en France avait atteint son "plus bas niveau historique" en 2012, avec parallèlement une poursuite de la hausse des violences aux personnes, en particulier contre les femmes, et des cambriolages.

A la question de savoir si les chiffres de la délinquance pour 2012 étaient mauvais, le ministre s'est contenté de répondre sur RTL que "les violences sur les personnes, sur les femmes, les cambriolages augmentent depuis des années". Et d'ajouter : "C'est vers ces phénomènes (...) que nous devons évidemment nous engager".

Manuel Valls, qui doit commenter vendredi après-midi les chiffres de la délinquance 2012 révélés dans les matinée par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), a souligné que cette journée allait consacrer "l'indépendance" de l'ONDRP. "Je vais assumer ces chiffres" et "regarder en face la réalité de la délinquance", a ajouté le ministre qui a déjà affirmé son intention de réformer les méthodes statistiques de son ministère.

Retrouvez l'interview de Manuel Valls en intégralité :

Jean Michel Aphatie : Bonjour, Manuel Valls,
   
Manuel Valls
: Bonjour,

Avez-vous été informé par les autorités algériennes du bilan de l'assaut qu'elles ont mené sur le site gazier d'In Aménas ?
   
Non, pas à ce stade. La situation est encore confuse. Nous avons évidemment des relations étroites avec nos amis algériens. Mais à ce stade, à cette heure, je ne peux pas vous donner des informations précises.
   
Donc, on évoque la mort d'un Français parmi les 30 Occidentaux qui seraient morts ?On parle aussi de la présence d'un Français parmi les Jihadistes.
   
Je n'ai pas d'informations sur ce sujet-là. Il y avait très peu de Français, par ailleurs, sur cette base particulièrement étendue, à 1.600 kilomètres au sud d'Alger. C'est peut-être pour cela aussi que les informations ont du mal à remonter. Très peu de Français. Nous avons des nouvelles de deux d'entre eux qui sont revenus. Pour ce qui concerne les deux autres -s'il y en avait deux autres-  nous n'avons pas à ce stade plus d'informations. Nous espérons en avoir dans la matinée.

Je parlais d'un Français parmi les Jihadistes. Là non plus, vous n'avez pas d'information ?
   
Non. Nous n'avons pas d'information ; et d'une manière générale, sur les informations qui remontent sur cette prise d'otages dramatique, j'invite chacun à être extrêmement prudent. Souvent ces informations remontent d'un certain nombre de sites liés aux terroristes eux-mêmes. Donc, soyons à ce stade prudent.

Vos Services ont-ils noté, ces dernières semaines peut-être, des départs de jeunes Français vers le Sahel ?
   
Vous savez, depuis des années, il y a des Français Jihadistes qui sont allés faire le Jihad, la guerre, à la fois en Afghanistan, en Syrie et pour quelques-uns, très peu au Sahel. Donc, ils sont évidemment surveillés par nos services de Renseignements.

Comment définiriez-vous, Manuel Valls, après une semaine de conflits au Mali, l'état de la menace terroriste en France ?
   
La menace est là. Le terrorisme a frappé. Mohamed Merah a tué à Toulouse et à Montauban. Les Services et la Police française ont démantelé une cellule qui avait frappé à Sarcelles avec sans doute la volonté de tuer pour préparer aussi le départ d'un certain nombre de Français vers la Syrie. Donc, la menace est là.

Nous devons redoubler de vigilance. C'est à la fois le sens du Plan Vigipirate qui a été renforcé à la demande du Premier ministre et c'est tout le travail des Services de Renseignements. Je ne dis pas que la France va être frappée. Je dis  qu'il nous faut être vigilant, absolument vigilant.

Avez-vous arrêté des personnes depuis le début du conflit sur le territoire ?
   
Je donne le moins d'informations sur ce sujet-là et l'on va d'une manière générale, du travail de nos Services. Mais vous savez, dans le monde d'aujourd'hui, la guerre contre le terrorisme, contre le Jihadisme prend désormais instantanément, nous le voyons bien, un caractère à la fois global et local. Et j'ai déjà eu l'occasion de dire au Parlement quand j'ai présenté la loi anti-terroriste que nous avions un ennemi extérieur : c'est celui que nous combattons aujourd'hui au Mali puisque ces terroristes, ces groupes terroristes et criminels fondaient sur Bamako. Et aussi un ennemi intérieur, et c'est celui-ci que nous devons combattre avec beaucoup de ténacité, avec un travail de Renseignements en mobilisant les Forces de l'Ordre à qui je rends hommage parce qu'elles sont évidemment extrêmement attentives à tout ce qui pourrait représenter un danger pour nos concitoyens.

Quand vous dites que vous donnez le moins d'informations possibles sur d'éventuelles arrestations, par exemple, ou démantèlement de cellules, cela veut-il dire que si vous ne le démentez pas, il s'est peut-être passé quelque chose que vous ne pouvez pas évoquer ou que vous ne voulez pas évoquer ?
   
Mais en général, je crois et comme ministre de l'Intérieur, quand il y a des enquêtes, quand il y a des individus qui sont surveillés, je me dois d'être prudent ; et je vous rappelle que par ailleurs, souvent ces enquêtes sont placées sous l'autorité d'un magistrat.

L'affaire Merah a montré la possibilité d'une radicalisation individuelle, très difficile à prévenir, bien sûr. Craignez-vous ce genre de renouvellement de comportement ?
   
Bien évidemment. Il y a des groupes organisés. Il y a déjà eu par le passé des groupes organisés. Vous savez AQMI, c'est la suite du GIA, du GSPC. Le GIA a mené une campagne d'attentats au milieu des années 90. Donc, nous devons être très prudent. Je ne suis pas sûr que AQMI ait aujourd'hui les mêmes moyens qu'à l'époque du GIA sur notre sol. Mais enfin, il y a des processus de radicalisation qui vont très vite. Nous l'avons vu avec cette cellule qui a été démantelé au mois de septembre, qui vont très vite où l'antisémitisme, la haine de la France, de nos valeurs de l'Occident peuvent jouer un rôle très important. Internet joue un rôle bien évidemment. Donc, ça veut dire qu'il faut aussi être très attentif à ces individus qui peuvent un jour ou l'autre, passer aux actes. Mais puisque nous parlons du terrorisme, permettez-moi de vous dire que s'il y a un pays qui a été frappé par le terrorisme  -ça a été une véritable guerre civile-  c'est l'Algérie. Et donc moi je veux aussi saluer l'engagement des Algériens. Je n'ai pas plus d'éléments aujourd'hui d'information sur ce qui s'est passé.

Comment ça se fait d'ailleurs ?
   
Mais les Algériens aujourd'hui sont confrontés, d'abord à une attaque contre leur pays, contre leurs ressources économiques énergétiques.
   
Vous dites que vous êtes en contact régulier avec les autorités algériennes. Comment comprendre que vous ne disposiez pas de plus d'informations ?

   
Parce que c'est loin ; parce que c'est confus ; parce que la base est très étendue : celle de BP, de ce Terminal gazier parce qu'il y avait des centaines de personnes, et d'abord des Algériens mais aussi évidemment des salariés occidentaux dont quelques Français parce que c'est une opération de l'Armée, parce que les terroristes sont extrêmement bien armés, très déterminés, fanatiques et donc nous sommes là face à une véritable confrontation nouvelle que nous-même nous n'avons jamais fort heureusement connue et cela nécessite, évidemment aussi, une très grande détermination de la part de nos amis algériens.

Des autorités très critiquées pour la violence avec laquelle elles ont mené l'opération, hier.
   
Mais à ce stade, je ne peux pas, moi, commenter.
   
On partage les critiques ...
   
...Non. Non d'abord, parce que  ce sont des Algériens qui sont concernés avec évidemment des Occidentaux. Mais ce sont d'abord les Algériens qui ont connu des dizaines de milliers de morts pendant la guerre civile dans les années noires, dans les années 90 et quand on est confronté au terrorisme, quand en plus on le combat ensemble, j'invite à la prudence quant aux commentaires et aux critiques.

On ne risque pas d'être complaisant avec les autorités algériennes vue la manière dont elles ont géré cette affaire ?
   
Mais moi je n'en sais pas plus sur la manière dont elles ont géré l'affaire. Et puis, en matière de lutte contre le terrorisme, il y a évidemment, là aussi, et le Président de la république l'a dit quand il s'est rendu au mois de décembre à Alger, il y a là une solidarité. Vous savez, la lutte contre le terrorisme, ce n'est pas le Nord contre le Sud. Ce n'est pas le monde occidental contre le Maghreb ou l'Afrique. Ce sont toute une série de pays aujourd'hui qui ont souvent les mêmes valeurs qui sont les victimes de ces terrorismes qui doivent combattre ensemble ce terrorisme.

Une autre actualité vous concerne, Manuel Valls. Nous connaîtrons aujourd'hui les statistiques de la délinquance pour l'année 2012. On dit que la tendance est mauvaise. Le confirmez-vous ?
   
Cette journée est importante parce que j'ai voulu consacrer l'indépendance de l'institution : l'ONDRP, l'Office National qui publie les chiffres de la délinquance. L'ONDRP va s'exprimer dans la matinée ; et j'aurai l'occasion de commenter ces chiffres. Mais moi je vais assumer ces chiffres. Je veux regarder en face la réalité de la délinquance pour mieux la combattre, les violences sur les personnes.
   
La tendance est mauvaise ?

   
Je ne vous dirai pas ça. Les violences sur les personnes, les violences sur les femmes, les cambriolages augmentent et depuis des années ...Et c'est vers ces phénomènes, vers cette violence, vers ces cambriolages que nous devons évidemment nous engager. La seule bonne nouvelle -et elle est de taille-   c'est que les homicides en France ont atteint leur plus bas niveau historique.

Vous aurez l'occasion de préciser tout cela, Manuel Valls,avec les auditeurs de RTL à partir de 8h15

par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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2013-01-18 08:12:00
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