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Claude Allègre : "La montée des eaux au Bangladesh n'a rien à voir avec le réchauffement climatique" (vidéo)

L'ancien ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie de Lionel Jospin, qui publie "L'imposture climatique" (Plon), répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin.

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Claude Allègre.

Claude Allègre : Bonjour.

A la page 20 de "L'Imposture climatique", publié chez Plon, dont on trouvera les bonnes feuilles cette semaine dans "Le Point", vous dites exactement ceci, Claude Allègre : "Oui, il y a un changement climatique, mais nous n'en connaissons pas les causes exactes et nous ne pouvons pas en prévoir l'évolution ni intervenir efficacement pour l'infléchir". Donc Claude Allègre, d'après vous, ceux qui nous assurent scientifiques, écologistes, responsables politiques, études et chiffres à l'appui, que la Terre se réchauffe à cause de l'activité humaine nous mentent.

Mais bien s... Vous voyez le réchauffement...

Ils nous mentent ?

Ils ne nous mentent pas, ils ont surestimé leur compréhension d'un  phénomène très compliqué. Vous le voyez : le 9 septembre en grandes pompes à la télévision française on nous a dit que l'hiver allait être un hiver indien grâce au réchauffement climatique.

Qui a dit ça le 9 septembre ?

Monsieur Pujadas, en racontant ce qu'avait dit la météo nationale. Bon, vous avez vu l'hiver indien... Mais l'hiver est terrible : aux Etats-Unis vous avez à Washington près d'un mètre de neige, mais Pékin a eu l'hiver le plus froid depuis je ne sais pas combien de temps...

Et Rio de Janeiro la canicule la plus épouvantable depuis cinquante ans.

Mais oui, c'est exact.

Dérèglement climatique.

Le changement climatique.

Il y a un changement climatique.

Oui, bien sûr, comme il y en a eu d'ailleurs tout le temps.

Et l'homme en est-il la cause ?

Mais on n'en sait rien. Attendez, du temps de Louis XIV, la Seine a été gelée l'hiver et il y a eu l'été des canicules qui ont tué plus de 200.000 personnes. Il n'y avait pas de gaz carbonique à l'époque. Donc je pense que l'on n'a plus d'évidence parce que les données d'observation qui appuyaient cela se sont révélées fausses. Et vous savez qu'il se passe des tas de choses en Grande-Bretagne sur la véracité des données.

Effectivement. On parle du Climagate...

Oui, mais je ne veux pas entrer dans ce sujet-là.

Mais ce que vous dites dans ce livre, Claude Allègre, et qui est important... Bon, qu'il y ait des incertitudes scientifiques, tout le monde peut le comprendre. Ceux que vous mettez en cause, ce sont les hommes qui sont porteurs de cette thèse.

Absolument.

Vous dites, page 233 que "les scientifiques qui défendent l'idée du réchauffement climatique dû à l'activité de l'homme sont dévoyés, qu'ils ambitionnent l'argent et la gloire...

Absolument.

Et qu'ils trouvent le relai de politiques fanatisés." Et vous citez notamment, vous taillez un costume épouvantable à Al Gore.

Oui.

Vous mettez en cause l'honnêteté des gens.

Monsieur Al Gore a gagné plus de 600 millions de dollars en spéculant sur les droits à polluer, la taxe carbone. Il était conseiller de Lehman Brothers pour une affaire qui s'appelait "Business of climat change". Le secrétaire général adjoint de l'ONU, Maurice Strong, qui a été sorti de l'ONU à cause du débat sur l'Irak  et l'échange "nourriture contre armes" est devenu multi millionnaire et donc...

Et donc ces gens-là profitent de la situation pour se faire de l'argent ?

Mais bien sûr, évidemment.

Ce sont des profiteurs ?

Mais ce sont des affairistes, surtout, parce qu'ils utilisent leurs pouvoir politique pour faire prendre des mesures qu'ensuite ils exploitent sur le plan financier.

Ils manipulent l'opinion publique ?

Bien sûr. Ecoutez : est-ce que vous croyez que l'urgence - c'est ça la vraie imposture - que l'urgence c'est le changement climatique dans un siècle alors que vous avez 25 millions...

Et bien, si on meurt du réchauffement climatique, oui, c'est l'urgence.

De deux degrés ?

Je ne sais pas.

Oui, bon de deux degrés. La température a augmenté de trois degrés à Paris depuis le début du XXème siècle : vous ne vous en êtes pas aperçu.

Le problème n°1 c'est la faim dans le monde : un enfant meurt toutes les six secondes. C'est le problème de l'eau : 10.000 personnes meurent, par jour, par manque d'eau potable. Voilà les priorités. Est-ce qu'il y avait un seul chef d'Etat au Sommet de la Faim ou au Sommet de l'Eau ? Pas un. Donc, je dis que c'est une imposture gigantesque et que le problème c'est d'avoir fait croire que l'urgence c'était cela alors qu'on ne sait pas. Et ce que l'homme devra faire, comme il a toujours fait, c'est-à-dire s'adapter et innover des nouvelles technologies pour remplacer les choses.

Mais il y a des gens sincères. Par exemple Nicolas Hulot, il est sincère, il n'est pas dans le business comme Al Gore.

Vous croyez qu'il n'est pas dans le business, vous ?

Je vous pose la question.

J'en sais rien.

Si vous vous reposez la question c'est que vous avez quelque chose dans la tête : dites-le.

Non.

Si.

Mais je pense que Nicolas Hulot est quelqu'un qui a été important en France pour diffuser cette idée, mais dans l'immense machinerie du réchauffement climatique, c'est un personnage qui est tout à fait marginal par rapport à Al Gore.

Pas dans le débat français.

Al Gore est un...

Pas dans le débat français. Nicolas Hulot est important dans le débat français pour convaincre les gens de ceci ou de cela. Il est important.

Ecoutez, si vous faites un sondage aujourd'hui, vous verrez ce que pensent les Français parce qu'ils regardent le temps, les Français. Je vois ce que je reçois comme correspondance.

Et vous ne l'avez pas fait non plus le sondage.

Est-ce que vous savez si je l'ai fait ? Attendez un tout petit peu.

Vous vous êtes payé un sondage pour savoir si les gens croyaient au réchauffement ?

Attendez un petit peu. Peut-être pas moi, peut-être que des journaux l'ont fait.

Ah, d 'accord. Alors, quand même quand vous regardez tout ça, pourquoi le Président de la République, on l'a vu à Copenhague, s'est engagé totalement, pourquoi ? Il est crédule d'après vous, il est manipulé lui aussi, il est dans la combine ?

Non, je pense qu'il n'est pas dans la combine, je pense qu'il est manipulé. Il a été manipulé, bien sûr, sur ce sujet. Moi je l'ai connu très prudent sur ce sujet puis il s'est engagé. Bon, c'est son problème, mais parmi les hommes politiques, certains ont été abusés. D'autres par fanatisme, comme Tony Blair, se sont lancés là-dedans...

Vous faites un lien entre la religion et ce combat ?

Complètement.

En deux mots.

Ils le disent. Ce sont des mystiques. Gore aussi. Ce sont des gens qui disent  "on est là pour sauver le monde". S'ils veulent sauver le monde qu'ils s'occupent de la crise financière, qu'ils s'occupent de la crise de la faim, qu'ils s'occupent de la crise de l'eau.

Jean-Louis Borloo, il est mystique lui aussi ?

Non. Jean-Louis Borloo fait de la politique.

Je vous pose ces questions parce que l'on essaie de comprendre pourquoi, dans le débat français, il y a autant de gens importants : Hulot, Borloo, Sarkozy qui disent : "Et bien oui, il y a du réchauffement climatique, oui il faut faire quelque chose". Vous êtes seul contre le monde.

Mais non, je ne suis pas seul, d'ailleurs vous le savez. Il y a beaucoup de gens. Mon opinion est en train de devenir majoritaire. mais je vous rappelle une chose, c'est qu'en science le consensus n'a jamais été un argument. C'est la grosse différence entre la science et la politique et c'est justement ce qu'il s'est passé.

En science ce qui est important ce sont les arguments, ce n'est pas le nombre de gens qui sont de telle ou telle opinion. On ne démontre pas les théorèmes en faisant voter les gens. Donc, le problème c'est les arguments. Ce qu'il faut lire dans mon livre, ce sont les arguments.

Mais il y a deux chapitres que vous consacrez sur le fond aux thèses que vous contestez.

Sur le fond, en détails en donnant des références et puis ensuite, j'explique l'histoire. Parce que c'est une histoire extraordinaire. Elle est unique cette histoire. Malheureusement, elle peut se reproduire. C'est un produit pur de la mondialisation.

Et vous parlez de journalistes contaminés. Vous vous qualifiez vous-même, Claude Allègre, de résistant. C'est peut-être un peu abusif quand même, mais bon.

Non, bien sûr que non. Attendez, il faut résister.

Vous avez l'air en forme, vous résistez bien.

Oui, ça va très bien.

Bon, ça va. Claude Allègre résistant était l'invité de RTL ce matin.


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2010-02-15 18:02:00