Affaire Tapie : Lagarde impliquée "personnellement"

Christine Lagarde les pieds dans le Tapie ! La Cour de Justice de la République (CJR), qui a ouvert une enquête à son encontre dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais, estime que l'ex-ministre de l'Economie s'est impliquée "personnellement" dans un processus comportant "de nombreuses anomalies et irrégularités", dans les motivations de sa décision du 4 août révélées mercredi par le site Internet Mediapart. En juillet 2008, le tribunal arbitral, juridiction privée, avait condamné le Consortium de Réalisation (CDR), structure publique qui gérait le passif du Crédit Lyonnais, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités (400 millions avec les intérêts). Il aurait selon des parlementaires touché au bout du compte plus de 200 millions d'euros. La justice cherche à déterminer le rôle joué par l'ex-patronne de Bercy, aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

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Selon Mediapart, la Cour de Justice de la République (CJR) estime que l'ex-ministre s'est impliquée "personnellement" dans un processus comportant "de nombreuses anomalies et irrégularités" Crédits : Georges Brenier | Durée : | Date :
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"Le processus qui a conduit (...) à la condamnation du CDR (ndlr: Consortium de Réalisation, structure publique qui gérait le passif du Crédit Lyonnais) au paiement de sommes élevées à la charge des finances publiques comporte de nombreuses anomalies et irrégularités", écrit la commission des requêtes de la CJR dans ses motivations, consultables sur le site mediapart.fr.

L'ex-ministre de l'Economie, aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), "paraît avoir personnellement concouru aux faits, notamment en donnant des instructions de vote aux représentants de l'Etat dans le conseil d'administration de l'EPFR (Ndlr : Etablissement public de financement et de restructuration, gérant le soutien financier de l'Etat au CDR), voire au président de cet établissement public en sa qualité de membre du conseil d'administration du CDR", conclue-t-elle.

Le 4 août, la commission des requêtes avait donné un avis favorable à l'ouverture d'une enquête sur Christine Lagarde. La commission d'instruction, qui va mener les investigations pour décider si madame Lagarde doit être jugée pour "complicité de faux" et "complicité de détournement de fonds publics", a été officiellement saisie en début de semaine.

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L'ex-ministre de l'Economie, nommée en juillet à la tête du FMI, est mise en cause pour avoir abandonné la voie judiciaire en 2007 dans un litige concernant la revente d'Adidas en 1993. Il lui est aussi reproché d'avoir renoncé à contester l'arbitrage privé attribuant 285 millions d'euros à Bernard Tapie en 2008.

Une enquête qui tombe mal car même si elle n'envisage pas de démissionner en cas d'enquête, une telle procédure ternirait son début de mandat au FMI à Washington, d'autant qu'elle a succédé à un autre Français, Dominique Strauss-Kahn, contraint au départ après son arrestation pour une tentative de viol présumée sur une femme de chambre à New York en mai.

par La rédaction numérique de RTL
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