Carlton : "Dodo la saumure" nie avoir fourni des "filles"

Pour la première fois depuis le début de l'affaire du Carlton de Lille, il s'exprime depuis sa prison belge par l'intermédiaire de son avocat, Sorin Margulis. Dominique Alderweireld, plus connu par son surnom - "Dodo la saumure" - s'explique sur ses activités de proxénétisme "légales", selon lui. Mathieu Delahousse a transmis pour RTL une série de questions à Me Margulis, qui a ensuite pu communiquer les réponses de son client. Ce dernier assure ne pas avoir "fourni" de prostituées dans le cadre de l'affaire du Carlton de Lille et pas connaître DSK mais il évoque "une soirée dans un appartement à Lille" et "une soirée à Paris dans un restaurant près de l'Etoile".

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Soupçonné d'avoir fourni des prostituées, "Dodo la saumure" s'explique par l'intermédiaire de son avocat sur ses activités de proxénétisme. Il dément les accusations dont il fait l'objet Crédits : Mathieu Delahousse | Durée : | Date :
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Dominique Alderweireld n'a jamais été entendu par les enquêteurs français dans le cadre de l'affaire du Carlton de Lille. "Dodo la saumure" est depuis un mois en prison à Ypres, en Belgique, pour des accusations de proxénétisme sur le territoire belge. Il entend donner sa version sur ses activités et sur les soupçons nés dans le dossier...

Quand on l'interroge sur ses activités, "Dodo la saumure" se pose en chef d'entreprise : "Depuis 2000 j'ai créé 7 établissments. J'en gère 5 en direct. Je ne fais rien d'illégal. Mes activités sont les mêmes que ce qui est autorisé au Luxembourg, en Allemagne, en Espagne, en Autriche, en Suisse, en Slovaquie etc. Un de mes établissements est devant un commissariat de police. Je suis à la lettre les consignes de la police pour déclarer l'activité des prostituées dans mes établissements. Je suis régulièrement contrôlé par les services sociaux. Contrairement à ce qui est indiqué par les journaux, ce sont environ 30 filles qui travaillent dans mes établissements et pas 160. Je leur donne des parts sociales de l'entreprise. Elles reversent un pourcentage de leurs gains et peuvent ainsi travailler dans des conditions décentes et sécurisées. Elles ne sont pas mes employées et ont toute liberté de venir travailler chez moi et ailleurs à leur guise".

Son incarcération a-t-elle un lien avec l'affaire du Carlton ? Dominique Alderweireld, inculpé le 2 octobre dernier par le parquet de Courtrai, fait répondre qu'il "pense qu'il y a une collusion entre les parquets de Lille et de Courtrai et que (son) incarcération est incompréhensible". "Je n'ai jamais eu d'établissement dans l'arrondissement judiciaire de Courtrai, certifie-t-il. J'ai été poursuivi pour mes activités dans l'arrondissement judiciaire de Tournai pour la période 2000 au 27 mars 2009. Je suis libre dans cette affaire et devrait être jugé début décembre. A Courtrai on me poursuit et on m'incarcère pour la période du 1er avril 2009 à maintenant ! C'est la même activité qui est visée, sauf que je ne l'ai jamais exercée sur le ressort de Courtrai ! Je vis ça comme un règlement de compte. Il y a des dizaines d'établissements de cette nature en Belgique. Personne n'est poursuivi et depuis des années. Mais je pense que moi on veut me faire payer mes relations parce que je fréquente beaucoup de personnes importantes en Belgique et dans le Nord de la France. Rendez-vous compte que depuis mon incarcération je n'ai pas été entendu sur le fond du dossier. J'ai reçu seulement hier la visite de la "PP" Police des Polices équivalent de l'IGS a qui j'ai expliqué mes relations avec les forces de l'ordre dans le cadre de mon activité parfaitement connue d'elles depuis plus de 10 ans".

Les questions que Mathieu Delahousse lui a transmis en détention portent par ailleurs sur les acteurs du dossier lillois. Connaissez-vous Dominique Strauss-Kahn ? Est-ce un client ? La réponse est nette : "Non". A la question de savoir si lui et sa compagne Béa ont pu participer à des soirées avec DSK à Paris, la réponse est "Moi non".

A propos de David Roquet, le directeur de la filiale d'Eiffage, mis en examen lui aussi pour proxénétisme aggravé, "Dodo la saumure" fait allusion à un épisode déjà cité dans l'enquête et qui remonterait au mois de mars 2009 dans un restaurant parisien : "David Roquet est venu au 36 Dreve de Maire à Tournai pour chercher Bea et une amie pour les emmener à une soirée à Paris dans un restaurant près de l'Etoile. Bea m'a dit qu'elle était allée à Paris avec une amie à un dîner dans un restaurant près de l'étoile puis hôtel. J'ignorais avec qui avait lieu ce dîner. Elles y sont allées sur la sollicitation de Kojfer et/ou de Roquet mais pas sur la mienne".

René Kojfer était le responsable des relations publiques du Carlton, aujourd'hui mis en examen pour proxénétisme aggravé. "Dodo la saumure" lui a-t-il fourni des filles pour des soirées se déroulant en France ? A-t-il pu jouer un rôle d'« intermédiaire » entre des établissements belges et le Carlton de Lille ? Dans les réponses données par l'intermédaire de son avocat, Dominique Alderweireld explique : "Je connais René Kojfer depuis 40 ans. Il est venu dans mes établissements comme client. Il a certainement connu des filles chez moi mais il en connaissait bien d'autres puisqu'il fréquentait de nombreux établissements frontaliers à Wevelgem, Comines etc... Il n'avait vraiment pas besoin de moi pour connaître des filles. Il a connu ma concubine Béatrice Legrain qui se prostitue. Elle l'a mis en contact avec une ou deux filles qui travaillent dans mes établissements. On m'a parlé d'une soirée ayant eu lieu dans un appartement à Lille. Béatrice avait été contactée pour venir avec une ou deux filles. Mais, à ma connaissance, aucune fille travaillant dans mes établissements belges n'est allée se prostituer au Carlton de Lille".

Enfin, pour terminer, Dominique Alderweireld déplore être mis en cause dans l'affaire du Carlton sans jamais avoir été interrogé par les enquêteurs français chargé du dossier. "Je n'ai pas été entendu par les enquêteurs français. Bea l'aurait été le 11 octobre. Je suis à leur disposition s'ils veulent m'entendre. Je n'ai commis aucun fait en France. Je leur dirai que ni Kojfer ni Franchois ne sont des proxénètes. Ils ont dû rencontrer des prostituées en Belgique, dans mes établissements entre autres, et ont dû les présenter à d'autres sans intérêt ni bénéfice".

par Mathieu DelahousseJournaliste RTL
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