EN VIDEO - Rapport sur la compétitivité : Louis Gallois était l'invité de RTL

Il est l'homme de ce début de la semaine : Louis Gallois. Son rapport - très attendu - sur la compétitivité a été rendu lundi. C'est ce mardi que le gouvernement, via Jean-Marc Ayrault, doit faire savoir ce qu'il retient des 22 mesures évoquées par l'ancien PDG de la SNCF et d'EADS. Pour commenter l'actualité, Louis Gallois était l'invité de RTL à 7h50, face à Jean-Michel Aphatie. Il répondait également aux questions des auditeurs de RTL à 8h15.

Louis Gallois, dans les studios de RTL, le 6 novembre 2012
Crédit : Alban Wyters – Abacapress / RTL
Louis Gallois, dans les studios de RTL, le 6 novembre 2012
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Rapport sur la compétitivité : Louis Gallois était l'invité de RTL Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Louis Gallois était l'invité de Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Louis Gallois.

Bonjour.

Vous êtes donc l'auteur d'un rapport qui décrit l'état de l'économie française, peut-on dire que cette économie française est dans un sale état ?

Je parle de l'industrie et je dis qu'elle décroche et ce décrochage s'accélère depuis une dizaine d'années de manière extrèmement préoccupante et je crois qu'il faut que nous réagissions à la fois de manière urgente et dans le long terme parce que c'est un sujet qui ne peut pas se traiter en quelques mois.

Donc il y a urgence, vous le dites...

Il y a une urgence qui est d'arrêter la glissade et il y a un projet de long terme qui est la reconquête de l'industrie française et ça ça prendra des années.

On va parler de l'urgence Louis Gallois, vous dites qu'il faut réduire les charges des entreprises de 20 milliards...  20 milliards c'est la fourchette base, on vous trouve timoré parce que vous faites un rapport, vous êtes libre d'écrire ce que vous voulez.  Certains disaient il faut 50 milliards, il faut 70 milliards, il faut 80 milliards, vous dites 20 milliards, petit bras, Louis Gallois...

Je dis 20 milliard de charge patronale transférées sur la fiscalité et 10 milliards de charges salariales. Ca permet d'équilibrer pour les salariés, ça a quand même un effet indirecte sur les entreprises.  20 milliards c'est un ballon d'oxygène qui est donné aux entreprises. Ce qui m'intéresse c'est pas tellement de savoir si le coût du travail est plus élevé en France qu'ailleurs.  Je n'utilise d'ailleurs pas cette expression dans mon rapport, il y a différents coûts, il y a la fiscalité, le coût de l'énergie, le coût de la matière première.

Il faut baisser les charges des entreprises...

Il faut baisser les charges des entreprises pour donner un ballon d'oxygène aux entreprises pour leur permettre de relancer l'investissement, c'est ça qui est décisif, c'est investir pour monter en gamme et tout le rapport c'est la montée en gamme pour sortir de la pression mortifère des prix.  Les entreprises françaises sont obligées de vendre vis-à-vis de gens qui ont des coûts plus bas qu'elles, c'est-à-dire les pays émergeant, les pays d'Europe du Sud, les pays d'Europe de l'Est et non pas la capacité comme les allemands de vendre à leurs prix parce qu'on achète allemand, parce qu'on sait que c'est de la qualité, on sait que c'est de l'innovation.  Et bien il faut monter en gamme.

Mais vous vous n'avez pas les contraintes du gouvernement, Louis Gallois, vous auriez pu écrire : il faut baisser les charges de 50 milliards, pourquoi seulement 20, dans votre position ?

Je pense qu'il faut rester dans le domaine raisonnable.  30 milliards, puisque moi je parle sur 30.  30 milliards c'est la moitié de la baisse de marge depuis 2000.  C'est-à-dire que l'Etat fait la moitié de l'effort, il demandera ensuite aux entreprises de faire l'autre moitié de l'effort, pour remonter les marges à un niveau qui permette aux entreprises d'investir et d'être dans la compétition mondiale.

D'après vous, Louis Gallois, qui avez étudié tout ça pendant des mois, vous avez parlé avec beaucoup d'acteurs de l'économie française.  Les 35 heures ont-elles nuées à la compétitivité des entreprises françaises ?

Je n'ai jamais été un fanatique des 35 heures depuis le départ.  Mais ceci étant dit, je ne pense pas que ça soit le problème, ce qui est le problème en matière d'emplois, c'est le couple durée du travail, donc les 35h, et taux d'emplois, c'est-à-dire le fait de savoir qu'elle est la population active française.  Or, les français rentrent plus tard que les autres sur le marché du travail et en sortent plus tôt. 

Ce qui a 2 effets : d'abord la population active est moins nombreuse par rapport à la population totale que dans les autres pays et deuxièmement les charges sociales sont plus lourdes parce qu'il faut payer les jeunes jusqu'à 28 ans, les jeunes ne rentrent sur le marché du travail à 28 ans et il faut payer la charge d'une population qui prend sa retraite plutôt à 58/59 ans qu'à 62 ans âge légal.

Et donc est-ce que ça irait mieux si on revenait sur les 35h ou pas, est-ce que ça serait un facteur de compétitivité ?

Je ne pense pas que ça soit le sujet unique, je pense qu'il est plus intéressant de travailler sur le taux d'emplois.

Est-ce qu'à un moment les 35h ont figuré dans votre rapport, parce qu'on a dit que ça y figurait puis au final on n'y trouve rien...

Non, ça n'a jamais figuré dans mon rapport.  Pour moi, l'élément central c'est le taux d'emplois, il faut que les jeunes rentrent plus tôt sur le marché du travail, d'où mes propositions sur les apprentis et il faut qu'on garde les seniors plus longtemps et je pense que le contrat de génération mis en place par le gouvernement sur ce point va dans le bon sens.

Les 75% d'imposition de revenus sont-ils aujourd'hui un frein à l'action des chefs d'entreprise ou pas ? Vous êtes timoré...

Mais vous me permettez de dire un mot sur ce point : les 75% si c'est pour 2 ans, c'est un acte patriotique.  Et je pense que c'est acceptable, il ne faut pas que ça aille au-delà de 2 ans parce qu'après ça devient confiscatoire.  Donc sur 2 ans je considère que c'est un acte patriotique et moi ça ne me pose pas de problème.

Mais sur le fond ça n'est pas bien, il ne faut pas que ça dure...


Il ne faut pas que ça dure mais il est normal qu'on demande un effort à ceux qui ont le plus d'argent et sur 2 ans ça ne me choque pas.

Sur les gaz de schistes vous dîtes "il faut continuer à procéder à des essais parce que si ça se trouve c'est une richesse que nous avons sous notre sous-sol et dès hier, aucune précaution vis-à-vis de vous.  Matignon a fait savoir, on ne sait pas qui c'est Matignon, Monsieur Gallois il peut bien dire ce qu'il veut, on ne le fera pas..;


Je n'ai pas dit qu'il fallait poursuivre l'exploration c'est interdit par la loi mais j'ai dit qu'il fallait continuer à travailler sur les techniques d'exploitation, ça ça me paraît naturel et ce que disait Monsieur Duhamel il y a quelques secondes est parfaitement exact. Moi c'est moi, le gouvernement c'est lui, vous êtes déçu, vous êtes triste.

 Je pense que cette question reviendra parce que les américains, les anglais, les allemands même sont en train d'engager des recherches techniques des exploitations des gaz de schiste, c'est l'occasion de lancer un programme européen dans ce domaine.  Pourquoi on ne s'associe pas aux allemands pour demander à l'Europe un programme de recherches sur les techniques d'exploitation des gaz de schiste, ça me paraît très raisonnable.

Réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité peut-il nuire à la compétitivité de l'économie française ?


Je pense qu'il faut faire très attention. Nous avons investi des dizaines de milliards d'euros, nous avons un système nucléaire qui fonctionne remarquablement bien en France.  C'est à l'autorité de sûreté nucléaire de dire si les centrales doivent fermer ou pas fermer en fonction du vieillissement naturel des choses et laissons la SN faire son travail.

Et pas le gouvernement ?

Laissons la SN faire son travail.

Je ne sais pas si vous vous êtes posé la question mais si ça se trouve, les patrons français sont mauvais, c'est pour ça qu'on a des problèmes...

Je pense que nous avons d'excellents patrons.  Lorsque je vois le nombre de créations d'entreprises en France, notre problème ce n'est pas la création d'entreprises, ce n'est pas le nombre de PME, c'est permettre à ces PME de grandir.   Et ce que je propose dans mon rapport parce qu'on parle beaucoup du choc de compétitivité mais il y a beaucoup d'autres choses à côté, c'est d'aider ces entreprises à grandir, c'est ça qui est essentiel.

Et les patrons français sont bons ?

Il y a beaucoup de très bons patrons français, il y en a de mauvais bien sûr.

par La rédaction numérique de RTL
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2012-11-06 07:38:00
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