2 min de lecture Terrorisme

Terrorisme : les préfets en état d'alerte, la grogne monte chez les policiers

INFO RTL - Après le raté préfectoral qui a permis l'attentat de Marseille et entraîné l'éviction du préfet de Lyon, les préfectures multiplient les mesures de vigilance, aux dépens des policiers.

Attaque à Marseille : la gare Saint-Charles sous protection policière, le 1er octobre 2017
Attaque à Marseille : la gare Saint-Charles sous protection policière, le 1er octobre 2017 Crédit : BERTRAND LANGLOIS / AFP
Olivier Boy
Olivier Boy et Lucie Valais

Branle-bas de combat général chez les préfets. Après le dysfonctionnement administratif à la préfecture du Rhône, qui serait à l'origine de la mise en liberté de l'assaillant qui a perpétré l'attaque de la gare Saint-Charles à Marseille, les préfets multiplient les mesures de vigilance, au nom du principe de précaution. Ce raté préfectoral avait entraîné l'éviction d'Henri-Michel Comet, préfet du Rhône et de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un renvoi qui a choqué les préfets, qui ne veulent plus rien laisser passer.

Mais depuis, les agents de la police aux frontières (PAF) décrivent un climat de pression permanente. Leur mission : lutter contre l'immigration irrégulière et trouver des places coûte que coûte dans les centres de rétention administrative, où sont placés les étrangers en situation irrégulière avant d'être expulsés hors de France. Un vrai casse-tête pour les forces de l'ordre, car ces centres sont bien souvent saturés. 

À Lyon, c'est faute de place dans l'une de ces structures que le futur terroriste de Marseille avait été relâché. Depuis, les préfets imposent aux policiers de trouver des solutions. La situation est encore plus compliquée dans le Sud-est de la France, notamment à cause de la frontière italienne où transitent de nombreux migrants.

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Des situations ubuesques

Du côté de la police des frontières, c'est du jamais-vu. Des préfets appellent même en personne pour s'assurer qu'un sans-papiers a bien été placé en centre de rétention. Résultat, les services de la police des frontières sont débordés, et doivent même avoir recours à des solutions parfois invraisemblables. 

Par exemple, samedi 21 octobre dernier, un sans-papiers est arrêté à Briançon. Il a fallu l'amener à Toulouse, faute de place disponible en centre de rétention à proximité. 1.600 kilomètres aller-retour pour les policiers, qui ont dû mobiliser trois équipages différents. Les cas comme celui-ci se multiplient depuis plusieurs semaines.

Ils font ça au détriment de tout le reste

Jean-Louis Martini, délégué de Synergie-Offiers
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"En ce moment, ils sont à bout. Tous les officiers qui sont responsables des centres de rétention administrative sont épuisés, ils ne font que ça au détriment de tout le reste. Il y a à la fois cette pression mise par les préfets pour amener des individus dans les centres de rétention administrative, mais le temps passé à faire ça est au détriment de la sécurité et de la sûreté" qui doivent être assurées "au quotidien", déplore Jean-Louis Martini, délégué régional de Synergie-Officiers dans la région PACA.


Il "exige que les officiers ne soient plus pris en otage par les préfets afin de régler leurs comptes avec le ministre de l'Intérieur après l'éviction du préfet de Lyon", peut-on lire dans un communiqué publié sur le site du syndicat. Une pression maximale que dénonce le syndicat de police Synergie-Officiers. Car si depuis l'attentat de Marseille la vigilance a été décuplée, aucune place de plus n'a été débloquée dans ces centres, qui sont toujours saturés. 

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2017-10-27 06:10:38
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