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La défaite de l'Angleterre moquée après le Brexit

REPLAY - L'Angleterre a été éliminée de l'Euro lundi soir après sa défaite contre l'Islande 2-1. Une élimination qui n'a pas manqué de faire rire, quatre jours après le Brexit.

Amandine Begot La Revue de Presse La rédaction de RTL
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Télécharger La défaite de l'Angleterre moquée après le Brexit Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Il n'a fallu qu'un gros quart d'heure pour que la blague explose sur Twitter. Pendant le match Islande-Angleterre, le 2e but islandais pour mener 2-1 arrive à la 18e minute et la blague d'un second Brexit déferle sur le net. Pourtant, cette fois-ci, ce n'est pas l'Angleterre qui a choisi de quitter l'Europe, mais bien l'Islande qui l'en a chassée. Et, le site Slate nous raconte ce mardi matin que s'il faut employer une métaphore historique, ce n'est pas vers le Brexit qu'il faut se tourner, mais plutôt vers les Guerres de la morue.

Une guerre qui a opposé l'Islande au Royaume-Uni entre les années 50 et 70 et qui portait sur la délimitation des zones de pêche exclusives de l'Islande, inquiète de voir les chalutiers anglais pêcher trop près de ses côtes. En vingt ans, ce conflit larvé va permettre à la petite île de repousser sa zone de pêche exclusive de 3 à 200 milles de ses côtes. 
Pour cela, les Islandais menaceront de se retirer de l'OTAN pendant que l'Angleterre introduira un embargo sur le poisson islandais. Des vaisseaux de guerre seront même mobilisés pour protéger les navires de pêche britanniques qui s'aventurent dans les eaux islandaises. Les États-Unis soutiendront l'Islande en achetant son poisson. 
Ce "minuscule et turbulent pays menaçant de faire la guerre à une nation 250 fois plus grande qu'elle, nous en dit beaucoup sur le monde contemporain et sur la tyrannie que les faibles peuvent imposer," dira le secrétaire d'État américain Henry Kissinger en parlant de l'Islande

"Cette tyrannie du faible envers le fort, cette façon dont une nation qui ne s'était jamais qualifiée pour l'Euro peut faire chuter le pays du plus riche championnat au monde, trouve encore un écho dans le monde de 2016" raconte Slate sur son site ce mardi matin.

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Pendant ce temps en Angleterre, le Times titre sur " le jour le plus noir de l'Angleterre", "Out of Europe again", "Encore sorti de l'Europe" titre le Guardian. Et en une du Sun, on voit le visage d'un bambin, le fils de Wayne Rooney, en pleurs. À droite de la Une, il y a la pub d'une enseigne britannique de grande distribution, qui s'appelle Iceland et qui offre de la bière gratuite toute la journée pour "noyer son chagrin". 

 
Les Islandais à la Une de l'Équipe du jour "Génial" titre le journal, qui parle d'un "vent de fraîcheur sur l'Euro", mais Vincent Duluc refroidit vite l'enthousiasme. "Le France-Islande de dimanche 3 juillet à des airs de France-Grèce de 2004 , une manière de piège parfait et c'est le mauvais coté de l'affaire. Le curseur de l'échec va se déplacer sous l'effet de la réputation de l'adversaire. De l'Irlande en 8e de finale, à l'Islande en quart il n'y a qu'une lettre qui change et c'est toujours un peuple de la mer et de la bière, des iliens qui semblent plus que onze quand ils courent tous ensemble."

Brexit toujours

Le Brexit fait encore la Une de la plupart des journaux ce mardi 28 matin, mais avec une légère déclinaison. Comme en une de Libération ou du site du Huffington Post, on parle maintenant du "BREX PSHITT", "le Brexit peut-il ne pas se produire ?" demande Le Monde en Une.


"Une sorte de consensus semble s'être installé outre-Manche sur le thème : rien ne presse" écrit Guillaume Goubert dans la Croix. "Cela s'explique. La Grande-Bretagne ressent une terrible gueule de bois et de nombreux électeurs du Brexit regrettent leur vote."

La presse en tout cas continue de chercher une explication à ce vote et il faut lire l'analyse que livre Christophe de Voogd, professeur en rhétorique politique à Sciences-Po sur le site Atlantico. "Le naufrage rhétorique du camp du maintien", pour lui la campagne  du référendum a été une superbe démonstration de la validité des trois lois de la rhétorique établies par Aristote il y a un peu plus de 2300 ans : éthos, logos et pathos. Éthos c'est l'orateur, Logos, la raison et pathos c'est l'émotion. Et Christophe de Voogd fait la démonstration qu'il a manqué les trois aux camps du Remain. Là se situe en fait leur véritable échec.

Que deviennent les copies du Bac

Les candidats au bac ont peut être eu le bon goût de citer Aristote dans leur copie de philo, mais que deviennent ensuite leurs œuvres ? Question posée par le journal 20 minutes qui nous apprend qu'une fois les résultats promulgués le 5 juillet, "les copies du bac sont d'abord conservées pendant une semaine au centre d'examen où les élèves peuvent aller les consulter. Ils peuvent même demander une photocopie pour 2,5 euros", il n'y a pas de petits profits dans l'Éducation nationale. "Les copies sont ensuite envoyées dans les rectorats d'académie où elles vont être archivées pendant 12 mois dans un coffre fort, elles seront ensuite détruites et le papier recyclé."


Le Figaro s'intéresse à ceux qui n'ont passé ni le bac ni le brevet cette année et pour lesquels l'école s'est arrêtée fin mai. "Collégiens et lycéens désœuvrés en juin". La FCPE parle d'une rupture de service public avec des parents contraints d'amener leur ado au bureau ou de le laisser devant la console à la maison, ceux qui ont les moyens l'envoient désormais en séjour linguistique.

Les échecs pour lutter contre le déclin du cerveau

Le Figaro nous parle aussi des "Rencontres santé et échecs" qui viennent de se tenir à Paris. Un salon où l'on a pu croiser le sextuple champion du monde Anatoli Karoiv. Mais aussi des chercheurs, des professeurs en neurologie qui se sont penchés sur les IRM du cerveau des joueurs en pleine partie d'échecs et ont découvert que pendant une partie d'échecs un tas de processus neuronaux s'activaient. Perception de l'espace, concentration, mémoire de travail, prise de décision. Or c'est justement l'activation de ces réseaux cognitifs qui permettent leur survie. Si vous ne réfléchissez pas, vos neurones grillent. 
Les échecs pourraient devenir un outil de rééducation après un accident vasculaire cérébral, c'est aussi une piste contre le déclin lié à l'âge. "Je ne connais pas de grands maîtres d'échecs qui ont eu la maladie d’Alzheimer", dit le président de la fédération française d'échec.

On a tout à apprendre des échecs même si en foot le plus tard sera le mieux. On préfère toujours se souvenir de nos victoires, dans l'Équipe on peut lire un très bel article sur la qualification des bleus en 8e de finale de l'Euro 2000. C'était un 16 juin, le journal titre "Quand les Bleus ont maté les Tchèques".

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REPLAY - L'Angleterre a été éliminée de l'Euro lundi soir après sa défaite contre l'Islande 2-1. Une élimination qui n'a pas manqué de faire rire, quatre jours après le Brexit.
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2016-06-28 11:03:15
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