2 min de lecture Travail

Droit à la déconnexion : un tiers des actifs restent connectés pendant leurs congés

Le droit à la déconnexion, désormais inscrit dans la loi, a encore du mal à être utilisé par les travailleurs, les cadres notamment.

Un droit à la déconnexion mal suivi
Un droit à la déconnexion mal suivi Crédit : Thinkstock/RTLnet
François Quivoron
François Quivoron
et AFP

Selon une enquête réalisée par le cabinet Eléas, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux, environ un tiers des actifs en emploi (33,5%) reste connecté à leurs smartphones ou tablettes pendant leurs congés d'été. 

Les "obligations professionnelles" (31,1%) et "l'anticipation d'une charge de travail importante au retour des vacances" (26,1%) sont les deux principales raisons évoquées pour rester connecté, plus fréquemment observées néanmoins chez les cadres que chez les employés et les professions intermédiaires où "la connexion rime plus souvent avec des valeurs plus positives comme l'envie, la curiosité ou la solidarité", expliquent les auteurs de l'enquête.

Huit mois après l'entrée en vigueur du droit à la déconnexion dans la loi, une majorité des actifs occupés ne se connecte pas au travail pendant leurs vacances (66,5%) et 21,4% refusent même de se connecter par principe.

À lire aussi
Un homme sur le stand de Pôle emploi au Salon pour l'emploi à Lille en mai 2015 emploi
Le taux de chômage en France est revenu à son niveau de 2009

Ne pas se connecter pendant les vacances entraîne "un sentiment de culpabilité pour 27% des actifs en emploi", ajoute l'étude. Si ce taux reste "contenu", il est en revanche plus prononcé chez les cadres (42,7%) et les actifs les plus jeunes (32,6% des 18-29 ans et 38,1% des 30-39 ans), précise-t-elle. Les auteurs de l'enquête évoquent comme raisons "le poids des responsabilités" pour les premiers, et "les enjeux de carrière" pour les seconds.

La connexion pendant les vacances en voie de "normalisation"

Parallèlement, la connexion au travail pendant les vacances semble en voie de "normalisation" et d'"acceptation" par l'entourage des personnes concernées. 50,1% des actifs occupés qui se sont connectés n'ont pas connu de "tensions" avec leur entourage lors de leurs connexions, 18,1% sont restés "prudents" en restant "discrets", et 28,7% ont essuyé des remarques.

Les tensions sont plus fréquentes chez les employés (36,3%), chez les ménages avec trois enfants et plus, et chez les moins de 30 ans. Dans le premier cas, "on peut supposer", estiment les auteurs, "que le statut rend illégitime un engagement trop fort dans le travail", symbolisé par le fait de se connecter au travail pendant les congés. Dans le deuxième, "le poids des contraintes" familiales prime certainement sur le temps libéré pour travailler, et dans le troisième cas, "la mise à distance du monde de l'entreprise dont témoignent les jeunes générations peut rendre incompréhensible pour l'entourage l'engagement trop fort de ceux qui ne déconnectent pas du travail pendant leurs vacances".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Travail Droit du travail Bien vivre au travail
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7790234465
Droit à la déconnexion : un tiers des actifs restent connectés pendant leurs congés
Droit à la déconnexion : un tiers des actifs restent connectés pendant leurs congés
Le droit à la déconnexion, désormais inscrit dans la loi, a encore du mal à être utilisé par les travailleurs, les cadres notamment.
http://www.rtl.fr/actu/debats-societe/droit-a-la-deconnexion-un-tiers-des-actifs-restent-connectes-pendant-leurs-conges-7790234465
2017-09-26 09:53:00
http://media.rtl.fr/cache/Y46kbusEMqllbcE1EBNiXw/330v220-2/online/image/2017/0926/7790241755_un-droit-a-la-deconnexion-mal-suivi.jpg