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Michel Pébereau : "BNP-Paribas n'a aucun besoin de recapitalisation"

Le président du conseil d'administration de BNP-Paribas répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. "Nous n'avons actuellement aucun besoin d'être recapitalisés", a déclaré Michel Pébereau. "Les banques se portent bien (...) Nous n'avons pas besoin aujourd'hui d'aides quelles qu'elles soient", a-t-il ajouté. Interrogé sur une information du "Financial Times" selon laquelle Siemens aurait retiré des fonds d'une banque française, Michel Pébereau a répondu : "En tout état de cause je n'en sais absolument rien".

Michel Pébereau, président du conseil d'administration de BNP-Paribas, sur RTL le 20 septembre 2011
Michel Pébereau, président du conseil d'administration de BNP-Paribas, sur RTL le 20 septembre 2011 Crédit : RTL
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La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Michel Pébereau.

Michel Pébereau : Bonjour.

La crise de la dette des Etats fragilise l'ensemble des banques en Europe. Leurs actions sont en chute libre sur toutes les places boursières. L'action BNP-Paribas a chuté de 5,48%, hier à Paris. Faut-il aider les banques, les recapitaliser comme le demande Christine Lagarde, directrice générale du FMI ?

Non, je ne crois pas que ce soit le problème. Notre cours de bourse a, en effet, beaucoup baissé depuis le début de l'année comme celui de toutes les autres banques européennes. Je crois que le problème qui se pose est un problème qui se pose, on le voit bien, à la Zone euro dans son ensemble, c'est-à-dire qu'il y a un problème des Etats et des dettes d'Etats dans la Zone euro qui est un problème bien connu...

Mais vous souffrez de ce problème !

Nous souffrons, naturellement de ce problème.

Donc, il faut vous aider ou pas ?

Nous n'avons pas besoin, aujourd'hui, de ces aides quelles qu'elles soient. En effet, nous sommes dans la situation suivante. Nous sommes dans une situation dans laquelle du fait des difficultés que rencontrent les Etats sur le plan de leurs dettes, il y a une répercussion en direction de l'ensemble des banques. Mais ces banques se portent bien.

Pour prendre l'exemple de BNP-Paribas, nous sortons d'un premier semestre au cours duquel nous avons fait l'un des bénéfices nets les plus importants de notre histoire. Et donc nous n'avons, actuellement, aucun besoin d'être recapitalisée.

C'est paradoxal, quand même ! C'est paradoxal ! Vous faites l'un des meilleurs semestres de votre histoire, dites-vous ; et on vend vos actions en Bourse. On les vend parce qu'on n'a pas confiance. On se dit : "Ces banques-là vont connaître une catastrophe, y compris la vôtre", Michel Pébereau.

Eh bien, écoutez, aujourd'hui, nos banques sont à la disposition de leurs clients. Elles travaillent tous les jours au service des Français. Nous avons au cours du mois d'août dernier, distribué des crédits dans des conditions qui font que nos encours de crédit ont augmenté de 6% à l'économie française. Nos encours de crédits à l'économie française ont augmenté de 6% au cours des douze derniers mois. Nous continuons à faire notre travail...
 
... Vous continuez à prêter de l'argent ?

Bien entendu ! Nos clients sont naturellement servis. Nos clients peuvent avoir confiance dans la banque. Elle est là auprès d'eux pour répondre à leurs besoins : leurs besoins d'épargne aussi bien que leurs besoins de crédit.

On entendait des chefs d'entreprise, ce matin, sur RTL qui disaient : "On a de plus en plus de mal ! Les banques deviennent frileuses !".

Eh bien, écoutez qu'ils viennent chez BNP-Paribas ! Nous leur ferons volontiers du crédit, si naturellement leurs comptes le permettent ; car une banque, il ne faut pas l'oublier, c'est une grande centrale de risques. Et ce métier que les banques doivent exercer au service de leurs clients les exposent en permanence à prendre des risques. Il faut prendre des risques raisonnables.

Alors, on revient à la question que vous posiez au départ : pourquoi des difficultés ? Mais les grandes banques européennes, naturellement, financent les Etats européens. Et donc, il est tout à fait naturel que nous considérions que banquiers français, nous finançons l'Etat français ; banquiers italiens, nous finançons l'Etat italien.

Et donc nous avons des expositions vis-à-vis de ces Etats qui ne sont pas des expositions risquées, qui sont bien des expositions  naturelles. Elles n'ont rien de spéculatif. Vous savez, nous faisons des crédits aux grands Etats depuis plus d'un siècle. C'est la première fois qu'on nous le reproche.

Alors, parlons précisément de la dette des Etats. BNP-Paribas et d'autres banques sont engagées en Grèce ; à hauteur de quoi ? 5 milliards pour BNP-Paribas ?

4 milliards !

4 milliards. Là, le débat, c'est : la Grèce doit faire faillite. Il faut étaler la dette de la Grèce, et tant pis pour ceux qui lui ont prêté de l'argent. Puisque vous êtes partie prenante à ce dossier, Michel Pébereau, pensez-vous, vous aussi, que la faillite de la Grèce est quelque chose qu'il faut aujourd'hui envisager ?
   
Ce n'est pas l'avis des Etats, et c'est eux qui ont la responsabilité de cette question. Il faut revenir, un instant, à ce qu'est l'Europe. L'Europe, c'est une grande construction. L'une des raisons qui explique qu'aujourd'hui les grandes banques européennes du type de BNP-Paribas fassent l'objet de ce type d'attaque, c'est que nous avons contribué à la création de l'euro ; et nous sommes là, en effet, pour développer l'euro.

Alors, c'est vrai que quand la Zone euro a des difficultés, on peut, en effet, considérer que nous sommes concernés. Nous le sommes. Et nous le sommes, d'abord, parce que nous avons aidé à la construction de la zone ; et nous le sommes, ensuite, puisque nous sommes en train d'essayer d'apporter notre concours aux problèmes qui se  posent aujourd'hui au sein de la Zone euro. Alors, les Etats ont décidé et l'Union européenne dans son ensemble, a décidé de mettre en oeuvre un plan de redressement de la Grèce...

.... Qui n'a convaincu personne. Vous en convenez ?

... Ce plan de redressement de la Grèce a été amélioré dans le courant de l'été. Il est en cours de mise en place. Vous me parliez tout à l'heure des marchés. J'observe qu'hier la Bourse de Paris s'est affaissée une fois de plus...

... A baissé de 3%.

... A baissé  de 3% dans le courant de la journée en raison des problèmes de la Grèce et des mauvaises nouvelles venues de Grèce et que la Bourse de Wall Street, quelques heures plus tard, remontait en fin de séance en raison de bonnes nouvelles venues de Grèce.

Ecoutez, il faut raison gardée ! Premièrement, les questions relatives aux Etats et surtout à des Etats aussi anciens que les Etats européens ne sont pas des questions qui se traitent tous les quarts d'heure. La note de tel ou tel pays est une note intéressante, parce qu'elle donne des indications que les investisseurs veulent donner aux dirigeants politiques sur les orientations à prendre.

Un pays comme l'Italie, pour prendre celui-là puisque c'est un des grands pays européens...

... Dont la note vient d'être dégradée par Standard and Poors.

... Dont la note vient d'être dégradée...

Vous êtes engagés en Italie, vous avez une filiale importante : BNL

Absolument

25 milliards d'euro de dettes italiennes.

Non ! 20, 21... Dont la note vient d'être abaissée par Sandard and Poor's. L'Italie naturellement va faire face à sa dette, comme elle l'a fait.

Vous le croyez ?

Mais bien entendu.

Vous écartez l'éventualité. C'est impossible une faillite des Etats, aujourd'hui, dans la situation où nous nous trouvons ?

Je ne dis pas qu'une faillite des Etats est impossible, aujourd'hui, monsieur Aphatie. Je suis en train de vous expliquer une chose simple qui est qu'un grand pays comme l'Italie, va faire face à sa dette, que le plan de redressement qui a été arrêté par le gouvernement italien et par le parlement italien est un plan de redressement sérieux.

Alors, il est possible effectivement de dire : mais est-ce nouveau vraiment que le gouvernement italien est fragile ? Que le Premier ministre italien pose tel ou tel problème ? C'est ce que découvre, hier, une agence de notation. Très bien. Vous savez, nous avons l'habitude des notations en France. C'est une de nos grandes spécialités. Nous savons tous que la notation est une façon de donner une indication. Il y a de bons élèves structurels . Les Européens sont des bons élèves structurels. Ils en ont donné la démonstration au fil des siècles. Ces bons élèves structurels sont en train de redresser leur situation.

Nouvelle d'hier soir : Siemens, entreprise allemande, aurait retiré 500 millions d'euros d'une banque française. Etes-vous au courant, Michel Pébereau ?

Non, par définition non. Vous savez, je suis président, comme vous l'avez dit, de la banque ; et par définition, je ne suis pas au courant de ce qui se passe à ce niveau-là.

Ce n'est pas votre banque qui est concernée ?

En tout état de cause...

Ce n'est pas BNP-Paribas ?

Je n'en sais absolument rien.

D'accord. Ecoutez ce que disait Ségolène Royal, hier, sur les banquiers : vous avez quand même mauvaise presse ! "Les banquiers français sont cupides. Il faut que les banques cessent de spéculer sur la dette des Etats ; et avec moi, les banques seront assujetties à une règlementation parce qu'elles cesseront de commander mais elles obéiront". Elles obéiront, les banques !?

Oui, écoutez, c'est une bonne idée. Une banque française a bien obéi. C'est le plus grand sinistre de l'histoire bancaire française : ça s'appelait Le Crédit Lyonnais : c'était entre 1993 et 1994. Voilà ce que c'est qu'une banque qui obéit !

(Rire)
 
Non, mais je suis désolé !

Non, non, non, mais allez-y ! Rapide...

En ce qui concerne les banques, les banques ne sont pas "cupides" lorsqu'elles prêtent aux Etats. Ce n'est pas parce que BNP-Paribas prête à la République Italienne et à la République Française dans des conditions de marché, c'est-à-dire dans des conditions hélas très modestes, que nous sommes cupides. C'est simplement le signe que nous sommes européens au service de l'économie, de l'Etat comme l'ensemble de nos clients, particuliers et entreprises, qui ont du crédit aux agences de BNP-Paribas.

Pébereau - Royal : 1 partout. C'était sur RTL. Bonne journée.    
2012 et vous

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Michel Pébereau : "BNP-Paribas n'a aucun besoin de recapitalisation"
Michel Pébereau : "BNP-Paribas n'a aucun besoin de recapitalisation"
Le président du conseil d'administration de BNP-Paribas répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. "Nous n'avons actuellement aucun besoin d'être recapitalisés", a déclaré Michel Pébereau. "Les banques se portent bien (...) Nous n'avons pas besoin aujourd'hui d'aides quelles qu'elles soient", a-t-il ajouté. Interrogé sur une information du "Financial Times" selon laquelle Siemens aurait retiré des fonds d'une banque française, Michel Pébereau a répondu : "En tout état de cause je n'en sais absolument rien".
http://www.rtl.fr/actu/conso/michel-pebereau-bnp-paribas-n-a-aucun-besoin-de-recapitalisation-7719657145
2011-09-20 09:28:00
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