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"J’aime être fatiguée après mon travail", confie Patricia, maréchal-ferrant dans le Sud-Ouest

REPLAY - Patricia Cazeaux est une maréchal-ferrant dans le Su-Ouest. Chaque jour, elle sillonne la région pour vivre sa passion pour le travail bien fait et les chevaux.

Marie-Bénédicte Allaire Mon métier, ma passion Marie-Bénédicte Allaire
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"J'aime être fatiguée après mon travail", confie Patricia, maréchal-ferrant dans le Sud-Ouest Crédit Image : Marie-Bénédicte Allaire | Crédit Média : Marie-Bénédicte Allaire | Durée : | Date : La page de l'émission
Marie-Bénédicte Allaire
Marie-Bénédicte Allaire Journaliste RTL

"Je vous présente Queeny, elle a l’air très méchante !". Ce matin de fin mai, nous retrouvons Patricia Cazeaux dans un centre équestre de Monteils, dans l’Aveyron. Elle tient en longe une jolie jument alezan, qu’elle ferre régulièrement. Car Patricia est maréchal-ferrant à Caylus, dans le Tarn-et-Garonne, et sillonne les routes de la région avec une petite forge dans sa camionnette. Le centre-équestre de Monteils fait partie de ses clients. À la fois podologue et chausseur des chevaux, Patricia commence par retailler la corne et redonner au pied sa forme initiale. 

"La ferrure est très importante pour tous les chevaux qui travaillent. C’est la protection du pied. Une mauvaise ferrure ou un cheval pas ferré qui va travailler sur un terrain dur, ça peut avoir de graves conséquences au niveau du dos, des articulations. C’est un cheval qui souffre", souligne Patricia, de son accent chantant. La jeune femme ne cache pas sa colère contre les propriétaires qui cède à la mode des pieds non ferrés. Sa maman était monitrice d’équitation, et Patricia monte à cheval depuis qu’elle sait marcher. "Quand on veut être maréchal il faut quand même être cavalier, pour voir comment fonctionne le cheval", dit-elle. "Quand on est dessus, on ressent des choses, on voit s’il boîte, s’il a des raideurs".

J’ai entendu que ce n’était pas un métier pour une femme

Patricia Cazeaux
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Le métier ne s’improvise pas, il faut une solide formation. Patricia incruste maintenant le fer, après l’avoir chauffé sur la forge. Une odeur de grillé s’en dégage, mais la jument ne bronche pas. Elle n’a rien senti. "J'ai bien paré mon pied", explique la maréchal-ferrant. "Si j'avais enlevé beaucoup plus de corne, j’aurais pu la brûler. Ce n’était pas gagné au départ", précise-t-elle. Patricia exerce depuis un peu plus de dix ans, après avoir été fonctionnaire au ministère de la Justice. "Ce n’était pas gagné au départ, beaucoup ont essayé de me décourager. J’ai entendu des choses, pas toujours très agréables, que ce n’était pas un métier pour une femme", se souvient Patricia. Mais il en fallait plus pour la décourager. "Si on n’essaie pas, on ne peut pas savoir !".

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Le métier est très physique, car le maréchal-ferrant est souvent courbé. Le dos et les articulations sont constamment sollicités. Patricia se prépare donc comme une athlète. Elle court entre 8 et 16 km par jour, six jours sur sept, monte à cheval. Et elle a une bonne ostéopathe. Mais elle ne ferre pas plus de 4 à 5 chevaux par jour, pour bien faire son travail et préserver sa santé. Elle voudrait exercer ce métier le plus longtemps possible. Elle se dit "fière" de son travail. "J’aime être fatiguée après mon travail. J’ai l’impression d’avoir fait quelque chose", conclu-t-elle. 


Portraits de personnes qui sont passionnées par leur métier et savent transmettre cette flamme : un colonel des sapeurs-pompiers, une sage-femme, ou encore un facteur d'instruments de musique, pour citer quelques exemples... 

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2016-07-26 09:16:00
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