Christian Estrosi : "Il n'y aura absolument aucune hausse des tarifs de l'électricité" (vidéo)

Le ministre de l'Industrie répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin. Christian Estrosi a confirmé que les tarifs de l'électricité n'augmenteraient "absolument pas" avec l'avant-projet de loi relatif à la nouvelle organisation du marché de l'électricité, qui, au contraire, compte "pérenniser" le principe heures creuses/heures pleines. Il a, par ailleurs, estimé qu son homologue de l'Economie, Christine Lagarde, avait "changé d'avis" au sujet de la double rémunération du nouveau patron d'EDF et président de Veolia, Henri Proglio, qui suscite une vive polémique.

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Le ministre de l'Industrie répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Christian Estrosi.
   
Christian Estrosi : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Vous l'avez peut-être entendu, tout à l'heure, dans le journal de 7h30 sur RTL. Philippe Roy-Contancin fait état d'un avant-projet de loi pour éviter que les pics de consommation n'aboutissent à une rupture de la livraison de l'électricité, mais le prix de l'électricité pourrait augmenter au moment où les Français en consomment plus ?

Absolument pas. Absolument pas.

Donc, avant-projet de loi.

Ca n'est pas le ministre de l'Industrie qui amène de l'électricité dans l'air à RTL, ce matin. Et en même temps, je veux apaiser les inquiétudes, puisque cet avant-projet de loi n'a pour seul objectif que de pérenniser, en réalité, le tarif entre les heures pleines et les heures creuses, et donc il n'y aura pas d'augmentation en quoi que ce soit du coût  de l'électricité.

Bon. Donc, c'est dit. L'engagement est pris...

Absolument.

... Et on rediffusera la bande si jamais ça se passait différemment ; mais ce matin, le démenti est catégorique.

Oui, je pourrais de temps en temps rediffuser vos bandes aussi !

Vous avez raison, quelquefois les journalistes se trompent. Vous le constatez comme nous, Christian Estrosi, le double salaire d'Henri Proglio payé en tant que président du conseil d'administration de Véolia, entreprise privée d'une part puis, payé pour son poste du PDG d'EDF, entreprise publique, d'autre part, ce double salaire provoque la polémique. Qu'en pensez-vous en tant que ministre de l'Industrie, Christian Estrosi ?

Je pense que ça occupe beaucoup trop le devant de l'actualité alors qu'il y a des sujets si importants au moment où nous avons des signes de reprise de la croissance et où on doit mobiliser toute notre énergie d'ailleurs pour la création d'emplois ; et justement...

Vous préfèreriez qu'on parle d'autre chose, c'est ça ?

... Les grands patrons - qui sont de bons patrons - au service du développement de l'économie et de novations industrielles, c'est important. Bon ! Je comprends.

La question, c'est le double salaire ?

Alors, vous posez la question, comme ça, brute sans parler de la situation de l'ensemble des patrons dans notre pays, qu'ils soient d'entreprise publique ou privée, bien évidemment ça peut choquer quand la question est posée de cette manière. Mais la réalité, c'est qu'en additionnant la responsabilité qui est la sienne dans une entreprise publique - qui est la seule sur laquelle je puisse me prononcer, vous en conviendrez ! - et celle de l'entreprise 100% privée Véolia, il arrive exactement au même revenu que celui qu'il avait autrefois.

Alors, est-ce qu'on veut avoir les bons patrons dans les seules entreprises privées ou est-ce qu'on veut avoir de bons patrons à la tête de nos entreprises publiques ? C'est ça la vraie question. Je vais vous dire, moi ce qui me choque, Jean-Michel Aphatie...

La vraie question, je ne sais pas, c'est le premier patron qui est payé par deux entreprises, c'est quand même un peu surprenant ?

Vous savez, Jean-Michel Aphatie, moi ce qui me choque ça n'est pas qu'on paye correctement les bons patrons des entreprises publiques, c'est que l'on verse des indemnités exorbitantes à ceux qui échouent.

Si un conflit d'intérêts surgit entre les deux entreprises, Véolia et EDF, comment vous pouvez-vous être assuré, Christian Estrosi que le PDG d'EDF défendra l'entreprise publique ?

Eh bien, en tout cas, ce sera une exigence de l'Etat parce que c'est la responsabilité qui lui a été confiée ; et à ce moment-là,

Et il est aussi président du conseil d'administration d'une autre entreprise, laquelle des deux avantagera-t-il s'il y a un conflit d'intérêts, le savez-vous ?

Nous veillerons à ce que ce soit l'entreprise publique et nous prendrons toutes les dispositions à ce moment-là...

Drôle de situation quand même !

... En l'état actuel des choses, tel n'est pas le cas et ça n'est pas d'ailleurs la question du jour.

Le 5 novembre devant les sénateurs et puis, de nouveau le 20 novembre devant les auditeurs d'RTL (ça compte aussi !), Christine Lagarde, ministre de l'Economie, avait dit, je la cite : "Il est hors de question d'un cumul de rémunérations pour monsieur Proglio". Vous avez changé d'avis ? Le gouvernement a changé d'avis ?

C'est à moi que vous posez la question ou à Christine Lagarde ?

Par votre intermédiaire, à Christine Lagarde ?

Ecoutez, Christine Lagarde... Vous parlez de quel avis, d'ailleurs ? Le premier ? Le deuxième ?

Les deux étaient identiques. Elle disait : "Hors de question d'un cumul de rémunérations".

Bon, Christine Lagarde a donné un avis, c'est donc celui du gouvernement.

Et donc, le gouvernement a changé d'avis ?

On dira que Christine Lagarde, au nom du gouvernement, a changé d'avis.

Christine Lagarde, au nom du gouvernement, a changé d'avis. D'accord. Donc, on vérifiera auprès d'elle le changement d'avis. Etes-vous satisfait, Christian Estrosi, après le conflit que vous avez eu ou la polémique que vous avez eue avec Renault, des réponses que Carlos Ghosn a apportées sur la fabrication de la Clio, en partie en Turquie, peut-être en France aussi ?

Oui, je suis totalement satisfait. Je suis totalement satisfait. Totalement satisfait que nous démontrions que le volontarisme politique dans une entreprise où l'Etat est le principal actionnaire, ça joue. Moi je me rappelle de l'époque de Wilworde où monsieur Jospin disait : "Ah ! Renault abandonne Wilworde ; mais l'Etat ne peut pas tout faire !"

Eh bien voyez-vous, nous avons démontré avec le Président de la république qui a reçu le président de Renault, samedi, après que toute la semaine j'ai préparé cette rencontre avec le directeur général de Renault, monsieur Pélata, nous puissions dire clairement que l'Etat, principal actionnaire, entendait participer à la stratégie industrielle de Renault.

Mais qu'est-ce que vous avez obtenu d'après vous, parce que Renault fabrique beaucoup de voitures à l'étranger ?

Absolument.

Il va continuer à les fabriquer à l'étranger...

Et d'ailleurs, on a le droit de s'interroger lorsque l'on voit que Peugeot dans lequel l'Etat n'est pas actionnaire, produit 47% de ses véhicules en France et que Renault, là où nous sommes actionnaire, produit 25% de ses véhicules en France.

Et ça va changer ça ?

Et je vais vous dire, nous sommes même allés beaucoup plus loin, beaucoup plus loin que le seul problème de la Clio puisque ce qui est ressorti de cette réunion où le Président de la république a été extrêmement ferme, c'est non seulement que la Clio 4 - le futur modèle - renforcerait encore la stratégie industrielle de la France sur le site de Flins, en produisant une Clio 4 sur le site de Flins au moins pour le volume destiné à une partie de l'Europe et à l'ensemble de la France mais qu'en plus de cela, désormais nous aurions un représentant de l'Etat au comité stratégique de Renault, ce qui n'était pas le cas...

Ca, on le sait !

... Et je vais plus loin, c'est que désormais nous allions organiser une vraie filière automobile. Il n'y a pas de filière automobile ; et je ne veux plus de la relation dominant - dominé. Je veux que quand un grand industriel décide de la construction d'un nouveau modèle, comme la Zoë électrique, en même temps, ce soit les équipementiers français et les sous-traitants français, donc les emplois ouvriers français qui puissent en bénéficier.

Mais Renault continuera de fabriquer beaucoup de voitures à l'étranger ? Ca, vous n'allez pas changer ça !   

Mais destinées au marché étranger, je préfère que ce soit Renault que Fiat, General Motors ou BMW qui le fasse, vous en conviendrez.

Ou destinées au marché français...

Non, pas destinées au marché français, destinées au marché étranger.

Renault fabrique à l'étranger des voitures destinées au marché français !

Mais la question commence à se poser parce qu'on peut peut-être parler de la taxe-carbone. Je vais vous dire : entre la suppression de la taxe professionnelle, 51 millions d'euros d'exonération pour Renault et le fait que personne ne peut en douter. Un jour, le Président de la République obtiendra de nos partenaires européens une taxe-carbone aux frontières européennes, alors là il faudra vraiment s'interroger sur tous les industriels au-delà de Renault qui ont délocalisé ces dernières années et qui devront revenir en France pour vendre.

Taxe-carbone, le 1er juillet ? Vous le confirmez, Christian Estrosi ?

Taxe-carbone, je confirme qu'après la décision du Conseil Constitutionnel ; bien évidemment, nous nous y conformerons.

Elle sera applicable dès le 1er juillet ?

1er juillet : nous ouvrons la concertation début février et en même temps, nous allons veiller à ce que les industries les plus lourdes qui risqueraient d'être affectées en termes de compétitivité, se voient totalement compensées.

Ce n'est pas fait avant le 1er juillet, tout ça ! Vous avez du boulot sur la planche !   

Mais si.

Christian Estrosi, qui a beaucoup de travail, était l'invité de RTL.   


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par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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2010-01-21 09:30:00